19 février 2022

Idantitâ – Florian Favre

Sorti du conservatoire de Fribourg et de la Hochschule der Künste Bern, Florian Favre crée des projets qui vont du hip-hop, le sextet Néology, au jazz contemporain, le septet Fragments d’identités, en passant par un spectacle en solo – Dernière danse – et un trio, avec Manu Hagmann à la contrebasse et Arthur Hnatek ou Arthur Alard à la batterie. En 2013, le trio publie T’inquiète pas ça va aller, suivi de Ur en 2016 et On a Smiling Gust of Wind, en 2018. Pour Idantitâ, qui sort le 21 janvier 2022 chez Traumton Records, Favre est seul face à son piano.

En 2019, Favre réalise une performance artistique sur le lac de la Gruyère : il interprète en solo un chant traditionnel fribourgeois composé par l’abbé Pierre Kaelin, « Adyu mon bi Payi », sur un radeau en tavaillon qui dérive sur le lac… La vidéo vaut le détour. A la suite de cette expérience, le pianiste décide de reprendre des morceaux traditionnels de sa région et plus particulièrement ceux d’un autre abbé, Joseph Bovet. C’est ainsi que naît Identitâ (l’ « identité » en patois fribourgeois). A côté des six morceaux de Bovet, de celui de Kaelin et de « I’ve Got You Under My Skin » de Cole Porter, Favre propose trois pièces de son cru.

Les mélodies, pour la plupart élégantes (« Idantitâ ») et délicates (« Nouthra Dona di Maortsè »), évoquent tour à tour une marche quasi Dixieland (« Our Cowboy »), une pièce classique (« Le Ranz des vaches »), une comptine (« Don’t Burn The Witch »), une ritournelle enfantine (« Le vieux chalet »), voire un air folk (« The Dzodzet »). Sophistiqués (« Le lutin du chalet des Rêbes »), les développements de Favre sont construits avec un sens de la dramaturgie incontestable (« Idantitâ »), à la fois cinégéniques (« I‘ve Got You Under My Skin ») et lyriques (« La Fanfare du Printemps »), teinté de romantisme (« Nouthra Dona di Maortsè »). Le pianiste joue habilement de l’indépendance de ses mains : ostinatos (« Don’t Burn The Witch »), riffs arpégés (« Adyu mon bi Payi »), motifs entraînants (« Le vieux chalet ») et pédales (« Idantitâ ») accompagnent avec relief les lignes mélodiques. Les mains de Favre s’amusent, tantôt en suspension (« Our Cowboy ») ou en grande discussion (« Adyu mon bi Payi ») avec un piano préparé (« The Dzodzet ») ou à bâton rompu (« La Fanfare du Printemps »), tantôt en dialogues entraînants (« The Dzodzet ») ou en interactions puissantes (« La montagne »).

Favre réussit son pari d’émouvoir : Idantitâ possède tout le charme d’une œuvre personnelle et intime.


Le disque

Idantitâ
Florian Favre
Florian Favre (p)
Traumton Records – 4704
Sortie le 21 janvier 2022

Liste des morceaux

01. « Idantitâ », Favre (05:31).

02. « Le lutin du chalet des Rêbes », Joseph Bovet (04:20).
03. « Don’t Burn The Witch », Favre (04:21).
04. « Le Ranz des vaches », Joseph Bovet (05:16).
05. « Le vieux chalet », Joseph Bovet (05:27).
06. « Nouthra Dona di Maortsè », Joseph Bovet (06:05).
07. « Adyu mon bi Payi », Pierre Kaelin (05:58).
08. « Our Cowboy », Favre (03:52).
09. « La montagne », Joseph Bovet (06:19).
10. « The Dzodzet », Favre (03:44).
11. « La Fanfare du Printemps », Joseph Bovet (02:26).
12. « I‘ve Got You Under My Skin », Cole Porter (04:54).

13 février 2022

Héliotropiques – Alula

Au début des années deux mille,
Christophe Lehoucq crée Alula, du plumage des oiseaux... Parmi ses inspirations, le saxophoniste et claviériste cite volontiers l’Ecole de Canterbury, les musiques orientales et africaines, le jazz européen, Gong et Hadouq. Après Anemokory en 2007 et Finis Terrae en 2016, Alula sort Héliotropiques le 3 octobre 2021.

Outre Lehoucq, le sextet de base est constitué de la chanteuse Swala Emati, du saxophoniste Philippe Razol, du guitariste Alex Stuart, du bassiste Gilles Sonnois et de Gérald Portocallis à la batterie. Dans Héliotropiques, au grès des morceaux, Alula invite également Didier Malherbe et son doudouk ou son khên, le tromboniste Sam Isaac, le claviériste Julien Lecomble, le percussionniste Georges Dieme et Grégoire Terrier pour ses effets électro. Héliotropiques s’articule autour de six thèmes de Lehoucq et cinq intermèdes librement proposés par Emati et Malherbe.

Cohérents avec leurs sources d’inspiration, les titres des morceaux évoquent le monde : du rite initiatique gabonais, « Banzi Iboga », à « Tubbataha », sanctuaire marin dans mer de Sulu, aux Philippines, en passant par « Biyadhoo », île déserte des Maldives, le temple cambodgien « Angkor », les plaines de sel - « Khadabsakar » - du Danakil, en Ethiopie, et les « Mwinda » (nom des interludes), la lampe en kikongo, mais aussi une référence à ce qui est lumineux. Héliotropiques se conclut sur « Résilience », une ode à la force de l’amour… Quant à la photo esthète de la pochette du disque, signée Lehoucq, elle représente le Deadvlei, dans le désert namibien.

Lehoucq soigne ses mélodies (« Biyadhoo »), le plus souvent entraînantes (« Khadabsakar »), comme le thème-riff « Banzi Iboga ». Alula s’appuie sur des rythmes puissants (« Angkor »), parfois binaires (« Banzi Iboga »), souvent dansants (« Khadabsakar ») et toujours percussifs (« Biyadhoo »), dans des ambiances poly-rythmiques (« Angkor »), éthio-jazz (« Biyadhoo »), descarga (« Résilience »)… Le sextet privilégie les mouvements d’ensemble plutôt que les exploits individuels : contrepoints (« Khadabsakar »), chœurs (« Tubbataha »), fanfare (« Résilience »)… sont servis par les envolées de la guitare en style rumba congolaise (« Banzi Iboga »), rock (« Résilience ») ou éthérées (« Angkor »), les chorus des saxophones tantôt mainstream (« Banzi Iboga ») et harmonieux (« Biyadhoo »), tantôt aériens (« Angkor ») ou shouter (« Résilience »), sans oublier les lignes effilées et boisées du doudouk (« Tubbataha »). Emati chante en anglais, espagnol et français. Sa voix chaude (« Banzi Iboga ») d’alto et ses modulations naviguent autant dans le flamenco (« Biyadhoo ») que dans la world jazzy (« Khadabsakar »). Les cinq « Mwinda » sont des tourneries, entre berceuses et prières, dans lesquelles les vocalises répondent aux phrases légèrement nasillardes du khên (orgue à bouche de l’Asie du sud-est), sur fond d’atmosphère extrême-orientale.

Alula propose un opus ouvert sur le monde et ensoleillé, le titre du disque annonce la température : Héliotropiques sera chaud ou ne sera pas !

Le disque

Héliotropiques
Alula
Swala Emati (voc), Christophe Lehoucq (as, kbd), Philippe Razol (ss, ts, electro), Alex Stuart (g), Gilles Sonnois (b) et Gérald Portocallis (d, perc), avec Didier Malherbe (doudouk, khên), Sam Isaac (tb), Julien Lecomble (kbd), Georges Dieme (percu) et Grégoire Terrier (electro).
Sortie le 3 octobre 2021

Liste des morceaux

01. « Banzi Iboga » (09:19).
02. « Mwinda 1 », Malherbe & Emati (00:55).
03. « Biyadhoo » (07:24).
04. « Mwinda 2 », Malherbe & Emati (00:47).
05. « Khadabsakar » (07:39).
06. « Mwinda 3 », Malherbe & Emati (00:45).
07. « Angkor » (15:38).
08. « Mwinda 4 », Malherbe & Emati (01:01).
09. « Tubbataha » (08:39).
10. « Mwinda 5 », Malherbe & Emati (00:37).
11. « Résilience » (10:32).

Tous les morceaux sont signés Lehoucq et Emati, sauf indication contraire.

31 janvier 2022

A la découverte de Jean-Mathias Petri…

La sortie de Reflets, troisième opus du Nadja Trio, est une excellente occasion pour partir à la découverte de Jean-Mathias Petri, qui promène ses flûtes par monts et par vaux depuis plus de cinquante ans à l’affût de toutes les musiques, du jazz à la musique celte, en passant par le blues, le rap, la musique contemporaine et toutes les autres !


La musique 

Je suis né en 1958 dans le département du Val de Marne. Quand j’étais enfant, mes parents qui ne voulaient pas de télévision, écoutaient France Musique toute la journée, donc les émissions de André Francis, Lucien Malson, Alain Gerber, Simon Copans et bien d’autres… Il y avait aussi quelques disques : Sydney Bechet et Mezz Mezrow, une compilation avec « Groovin High » par Charlie Parker et Dizzy Gillespie, et « Exotica » de John Coltrane : un véritable coup de foudre à l'âge de douze ans !

Plus tard, je rentrais en courant du collège à l'heure de midi pour écouter les émissions de Jazz sur France Musique. Chaque jour de la semaine, un style différent était diffusé par un animateur différent. J'aimais surtout le mercredi avec le Blues et le Rhythm and Blues, et le vendredi avec le Free Jazz… Puis il y a eu les premiers concerts et les premières émotions fortes : Rhoda Scott en duo avec Daniel Humair, l'Art Ensemble of Chicago !...

(c) François Rignault

Quand j'étais à l'école maternelle, le mari de mon institutrice, Christian Farré, flûtiste à l'Orchestre Philharmonique de l'ORTF, était venu jouer à l'école avant les grandes vacances. J'ai été très touché par le son de son instrument et j'en ai parlé pendant plusieurs mois à mes parents... Plus tard, entre huit et onze ans, j'ai pris des cours de musique classique, surtout au piccolo, avec Farré. Ensuite, j'ai continué de manière largement autodidacte, tout en me formant au cours de rencontres avec de grands flûtistes comme Patrice Bocquillon, qui m'a fait découvrir la musique contemporaine, Harsh Wardhan, qui m'a initié à la musique de l'Inde du Nord, Aly Wagué et sa flûte peule, ou le joueur de ney, Kudsi Ergüner. En 1997, j'ai suivi le cycle de formation professionnel de l'EDIM, à Cachan, avec des musiciens de jazz et pédagogues avertis. Puis, j’ai également participé à de nombreux stages, dont une série sur le Sound Painting avec Walter Thompson… On ne se fait jamais vraiment tout seul… Et on n'en finit pas de se former auprès de nos collègues ! D’ailleurs, au titre des influences, je citerais Jean-Sébastien Bach, Jimi Hendrix, John Coltrane, Béla Bartók, Maurice Ravel, Yoshihisa Taïra, Frank Zappa, Gil Scott Heron… et les flûtistes Rahsaan Roland Kirk et Eric Dolphy.

Sinon, pour résumer mon parcours en quelques étapes : dans les années 70, je fais partie de groupes amateurs de rock progressif, puis, dans les années 80, je joue de la musique contemporaine avec le clarinettiste et compositeur Alain Sève. Les années 90 marquent la rencontre avec l'organiste Jean Philippe Lavergne et le batteur Christophe Lavergne, et les débuts du Nadja Trio. En 1997, j'abandonne le métier de commis d'architecte, que j'exerce à plein temps depuis plus de vingt ans, pour me consacrer entièrement à la musique. J'intègre la Celtic Procession de Jacques Pellen, par laquelle je rencontre de grands musiciens comme Kristen Noguès, Paolo Fresu, Ricardo Del Fra, Gildas Boclé, Olivier Ker Ourio… Par ailleurs je fonde la structure Tempo Jazz à Lannion pour y enseigner le jazz sous forme d'ateliers divers, afin d'ancrer cette pratique et de rassembler un public dans les Côtes d’Armor. Dans les années 2000, je joue dans le grand orchestre Kekanta, créé et dirigé par le guitariste Louis Winsberg. Je forme également le groupe Sula Bassana avec la pianiste Lydia Domancich et le percussionniste Pierre Marcault, les chanteuses Marthe Vassallo, Aïssata Kouyaté et Céline Fabre. Je crée aussi le projet modal, Flûtes4, avec les flûtistes Jean-Michel Veillon, Jean-Luc Thomas et Stéphane Morvan. En 2002, je rejoins la classe de jazz du Conservatoire de Saint Brieuc, où j’enseigne et m’investis pleinement pendant dix-huit ans.

J’ai enchaîné de nombreux projets comme : Nadja Septet avec, en plus du trio, Franck Tortiller, Jean-Louis Pommier, Serge Lazarevitch et Marcault ; Irish French Connection Quintet avec le guitariste Tommy Halferty, les frères Lavergne et le saxophoniste Boris Blanchet ; So Watt, en duo avec la pianiste Lydia Domancich ; Octo Twin Trio avec le flûtiste Henri Tournier et le percussionniste Patrice Legeay… Sans oublier une rencontre marquante avec Michel Edelin et son trio, dans lequel jouent John Betsch et Peter Giron, et diverses collaborations dans le domaine du rap, de la danse, du théâtre et des arts plastiques. Et, cette année, Nadja Trio sort Reflets, avec les invité.es Raphaëlle Brochet et Serena Fisseau au chant, Lazarevitch à la guitare et Legeay aux percussions.

 

Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ? Sans doute ce qu'il y a de plus difficile à définir en musique… En entendant ce mot « jazz », des sons et des images me viennent à l'esprit : la voix de Billie Holiday, le son de Pharoah Sanders dans « You've Got To Have Freedom », le stop chorus de Charlie Parker dans « Night In Tunisia », la batterie d'Elvin Jones dans « Acknowledgement »… Des images aussi : la pochette du disque de Max Roach, We Insist!, les tenues vestimentaires de Miles Davis et de Sun Râ, le quartet de Coltrane en concert, enveloppé d'un nuage de vapeur dégagé par l'énergie des musiciens, le pianiste Michel Petrucciani sautant sur son siège, ces descendants d'esclaves qui ont dit au maître : « assieds-toi, tais-toi et écoute nous ! » Il y aurait tant de choses à dire : le rythme, le son, l'improvisation, l'écoute et l'interaction entre les artistes...

Pourquoi la passion du jazz ? Parce que le jazz, malgré plus de cent ans d'existence, est le reflet de nos sociétés, de nos vies...

Où écouter du jazz ? En concert, à la radio, sur le net, dans la rue, dans les clubs et les cafés !

Comment découvrir le jazz ? En live, c'est sûrement le mieux : le public entend la musique se créer sous ses yeux. Et dans les écoles ! Ce serait une bonne chose...

Une anecdote autour du jazz ? Ça se passe dans les années 90 dans les Côtes d'Armor, à l'occasion d'un cocktail qui rassemble des élus et personnalités locales : un quartet joue des morceaux des Jazz Messengers. A la fin de leur prestation, une personne, passablement éméchée, vient leur demander : « vous ne pourriez pas jouer un peu de jazz ? »

(c) Kevin Antoine

 


Le portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais chat

Si j’étais une fleur, je serais mimosa

Si j’étais un fruit, je serais orange

Si j’étais une boisson, je serais limonade        

Si j’étais un plat, je serais couscous

Si j’étais une lettre, je serais K

Si j’étais un mot, je serais libre

Si j’étais un chiffre, je serais 2

Si j’étais une couleur, je serais ocre rouge

Si j’étais une note, je serais mi bémol

 

Les bonheurs et regrets musicaux

Le Nadja Septet est sans doute ma plus belle réussite musicale, même si le groupe n'a joué que trois concerts. Quant à mon plus grand regret, c’est à dix-huit ans, alors que je jouais dans un groupe programmé en première partie de Zao, un orchestre qui avait invité Didier Lockwood. Au moment des balances, je discute avec lui et, tout d'un coup, il me dit en se dirigeant vers le plateau : « viens, on va jouer ! ». Je n'en croyais pas mes oreilles, j'ai feint de n'avoir rien entendu et suis resté à ma place...

 

Sur l’île déserte…

Quels disques ? So What de Davis, Coltrane Plays the Blues et Belly of The Sun de Cassandra Wilson.

Quels livres ? Vie et destin de Vassili Grossman, La Métamorphose de Franz Kafka et Rubrique-à-Brac de Marcel Gotlib.

Quels films ? Coup de torchon de Bertrand Tavernier, Les Tontons flingueurs de Georges Lautner et Croocklyn' de Spike Lee.

Quelles peintures ? Le Domaine d'Arnheim de René Magritte, Les Iris de Claude Monet et Senecio de Paul Klee.

Quels loisirs ? La musique… La marche à pied, la natation et les activités en famille.

 



Les projets

Tout d’abord, des concerts pour Nadja Trio et ses invité.es ! Ensuite, la création de la suite Marikana – Germinal en Afrique du Sud avec le Nâtah Big Band, la réalisation d'une vidéo de Tissages, suite pour flûte seule et Logelloop, logiciel de création musicale en temps réel, et des concerts d’Octo Twin Trio, avec un répertoire enrichi.

 

Trois vœux…

 

1. Que les artistes et le public retrouvent les liens réels qui les unissaient jusqu'à l'arrivée de la pandémie du Covid 19 et du pouvoir grandissant desdits « réseaux sociaux »...

2. Qu'on retrouve la voie de l'éradication de l'oppression et de l'exploitation.

3. Que le jazz et ses musicien.nes aient enfin une place méritée !

11 janvier 2022

Miss Kiss

Avec plus d’une trentaine d’albums à son actif et des projets aussi variés que le trio Cholet – Känzig – Papaux, l’ensemble Diagonal ou le duo avec
Matthieu Michel, il n’est plus besoin de présenter Jean-Christophe Cholet. En 2020 il enregistre un solo intégralement improvisé, Amnesia, et c’est avec le trio qu’il a monté en 2018 en compagnie de Vincent Mascart et Quentin Cholet, que Cholet décide de poursuivre l’aventure de l’improvisation totale : Miss Kiss sort le 10 décembre 2021.

Le trio propose neuf improvisations aux titres « biographiques » – « Diane », « Eveil », « Aubade », « Marmaille », « Styx », « Incandescence » et « Tour d’ivoire » – ou « bretons » – « Kanod » pour le canot et « Ailhenn » pour le crachin – clin d’œil au Peninsula Studio où a été enregistré Miss Kiss, installé à Sarzeau, sur la presqu’île de Rhuys, dans le Morbihan. Quentin Cholet signe « Maintenant » et le trio revisite également « All Alone », du disque en solo éponyme de Mal Waldron, sorti en 1966.

Dans la première partie de « Diane », le démarrage véloce et sinueux du saxophone soprano et les coups foisonnants de la batterie contrastent avec les ponctuations sobres et sombres du piano. Dans la deuxième partie, le jeu accidenté de la batterie, les riffs et les motifs hypnotiques du soprano font échos aux phrases en pointillés du piano. Pendant que le saxophone ténor et le piano échangent des propos élégants et parcimonieux sur « Eveil », la batterie bruisse discrètement en arrière-plan. « Aubade » est une mélodie moderne et intense. Toujours touffue, la batterie soutient le développement mélancolique du piano, bientôt rejoint par le saxophone ténor en contre-chant, pour un duo raffiné. Le saxophone soprano sautille, Le piano tressaute et la batterie, furieuse sur ses peaux, bondit : la « Marmaille » sera ludique ou ne sera pas ! Le saxophone ténor et le piano exposent avec émotion « All Alone », la belle mélodie de Waldron, puis ils la déroulent avec calme et délicatesse sur un tapis rythmique soyeux. Les frappes éparses et autres cliquetis de la batterie, les saillies aiguës du saxophone soprano, les cordes mystérieuses et touches parcimonieuses du piano donnent à « Kanod » l’allure d’un morceau de musique contemporaine. « Maintenant » est pris sur un rythme chaloupé souligné par un rim shot entraînant, puis le saxophone ténor décolle, appuyé par la batterie luxuriante et le piano, qui passe d’une pédale lancinante à des sorties percutantes. « Styx » évolue dans une atmosphère quasi rock progressif, avec un piano entêtant, un saxophone soprano lointain et une batterie puissante. Les ostinatos rapides du piano, les crépitements de la batterie et le motif incantatoire du saxophone ténor font monter la tension d’« Incandescence », dans un esprit coltranien. Retour à la musique contemporaine dans « Tour d’ivoire » : ligne aérienne du saxophone ténor, batterie exubérante et piano minimaliste. « Ailhenn » est tout en suspension, porté par le frémissement des cymbales et les vagues de notes cristallines du piano.

D’interactions futées en trouvailles fertiles, Miss Kiss confirme tous les bienfaits de l’improvisation totale...

Le disque

Miss Kiss
Vincent Mascart (ss, ts), Jean-Christophe Cholet (p) et Quentin Cholet (d).
Sortie le 10 décembre 2021

Liste des morceaux

01. « Diane » (5:54).
02. « Eveil » (3:05).
03. « Aubade » (4:07).
04. « Marmaille » (5:31).
05. « All Alone », Mal Waldron (5:06).
06. « Kanod » (5:20).
07. « Maintenant », Quentin Cholet (4:37).
08. « Styx » (6:13).
09. « Incandescence » (3:38).
10. « Tour d’ivoire » (4:06).
11. « Ailhenn » (3:23).

Toutes les « compositions » sont signées Miss Kiss, sauf indication contraire.

21 décembre 2021

Poetry of Storms – Sylvain Cathala Quintet

Après Print, un quartet avec
Stéphane Payen, Jean-Philippe Morel ou Jean-Luc Lehr et Frank Vaillant, un trio aux côtés de Sarah Murcia et Christophe Lavergne, un septet en compagnie de Marc Ducret, Benjamin Moussay, Guillaume Orti, Bo Van der Werf, Murcia et Lavergne, et bien d‘autres projets en parallèle, Sylvain Cathala a monté un quintet qui réunit Olivier Laisney, Moussay, Frédéric Chiffoleau et Maxime Zampieri, avec lequel il sort un treizième disque sous son nom, Poetry of Storms, sur le label du Triton.

Cathala est l’auteur des huit morceaux. Le saxophoniste est visiblement marqué par l’espace : « Centaurus A », « Sirius Story », « Laniakea »… à moins que ce ne soit la mythologie (« Enée’s Story »), ou les deux !

Les mélodies de Cathala sont résolument modernes, sous forme d’airs dissonants et secs (« Centaurus A »), de thèmes-riffs endiablés (« Study 5 »), de questions – réponses recherchées (« My Strong Identity, My Real Self-2 ») ou de ballades sophistiquées (« Line 2 »). Le plus souvent denses et nerveux (« W.I.C. (Winter Is Coming) »), les développements s’appuient sur des constructions harmoniques complexes (« Sirius Song ») et une tension coriace (« Study 5 »), renforcée par des interactions foisonnantes (« Enée’s Story »). La rythmique, costaude (« Sirius Song »), navigue entre un « néo bop contemporain » (« Enée’s Story ») et des motifs entraînants (« Study 5,»), voire délirants (« My Strong Identity, My Real Self-2 »), en passant par des lignes dansantes (« W.I.C. (Winter Is Coming) »), parfois teintées de funk (« Laniakea »). Claire et vive (« Enée’s Story »), la trompette s’envole dans des chorus virtuoses (« Sirius Song ») ou des lignes aériennes (« Line 2 »). Le saxophone ténor joue volontiers des phrases fragiles (« Enée’s Story »), parfois soulignées par un vibrato subtil (« My Strong Identity, My Real Self-2 »), prend des solos fluides et puissants (« Sirius Song »), et dialogue en contre-chant ( « Study 5 ») ou  cavale à l’unisson (« W.I.C. (Winter Is Coming) ») avec la trompette. Le piano bondit d’un phrasé contemporain (« Centaurus A ») pimenté de swing (« My Strong Identity, My Real Self-2 » ), à un mouvement enlevé (« Study 5 »), et accompagne les solistes d’accords discordants (« Sirius Song »), en pointillés (« Enée’s Song ») ou en contrepoints (« Laniakea »). La contrebasse assure une carrure solide (« Enée’s Story »), mais déroule aussi des motifs sombres (« W.I.C. (Winter Is Coming) »), des lignes débridées (« Sirius Song ») et des développements mélodieux (« Laniakea »). Touffue et enthousiaste (« Sirius Song »), la batterie promène ses frappes chaloupées (« Study 5 ») en toute liberté (« Centaurus A »), avec un solo à base de roulements énergiques (« W.I.C. (Winter Is Coming) »)

Pas le temps de s’ennuyer dans Poetry of Storms : Cathala et sa bande jouent un jazz animé, nerveux, citadin… qui n'endort jamais !

Le disque

Poetry of Storms
Sylvain Cathala Quintet
Sylvain Cathala (ts), Olivier Laisney (tp), Benjamin Moussay (p), Frédéric Chiffoleau (b) et Maxime Zampieri (d).
Le Triton – TR-21564
Sortie le 28 janvier 2022

Liste des morceaux

01. « Centaurus A » (6:26).
02. « Enée’s Story » (5:26).
03. « Sirius Song » (5:39).
04. « W.I.C. (Winter Is Coming) » (6:27).
05. « Laniakea » (6:20).
06. « Study 5 » (5:29).
07. « My Strong Identity, My Real Self-2 » (8:44).
08. « Line 2 » (4:14).

Tous les morceaux sont signés Cathala.


18 décembre 2021

Paradigme – Clover

Clover est un trio monté en 2020 par trois amis de vingt ans : Sébastien Boisseau à la contrebasse, Alban Darche au saxophone ténor et Jean-Louis Pommier au trombone. Après Vert émeraude, sorti en 2020, Clover publie Paradigme le 14 octobre 2021, toujours chez Yolk.

Au programme de Paradigme, dix morceaux, dont les titres sont des jeux de mots - « Label aventure », clin d’œil à Yolk, fondé par les trois compères, « La sensation du temps », presque une contrepèterie – des hommages - « Telemann » pour le compositeur aux six mille œuvres et « Wendat » pour les Hurons – ou le reflet de leur structure – « Canevas », « Paradigme ». Darche en signe huit, et Boisseau et Pommier en proposent un chacun.

Ce qui marque d’emblée, c’est une grande cohérence des thèmes et des développements. Les mélodies sont plutôt courtes (« Laisse aller »), sous forme de tourneries (« La sensation du temps ») ou de riffs (« Paradigme »). Si l’esprit du jazz est omniprésent en filigrane, la musique classique – moderne et / ou baroque – et les musiques folkloriques marquent également Paradigme de leur empreinte. Comme il n’y a pas de batterie, la pulsation rythmique est assurée par des ostinatos (« Les anges silencieux »), des pédales (« Label aventure »), des motifs dansants (« L’empreinte »), des lignes slappées (« Paradigme »), mais aussi par la structure même des échanges, qui pallie également l’absence d’instrument harmonique. En effet, les dialogues reposent sur une savante organisation de contre-chants (« La sensation du temps »), questions-réponses (« Paradigme »), unissons (« Label aventure »), décalages (« Les anges silencieux »), superpositions (« Winter Song ») ou croisements (« Canevas ») des voix, qui n’est pas sans rappeler la musique de chambre classique. La musique circule de l’un à l’autre avec un bel équilibre (« Canevas »), une expressivité communicative (« Wendat »), un esprit ludique évident (« Laisse aller ») et une finesse de jeu à toute épreuve (« Paradigme »).

Dans la lignée de Vert Emeraude, Paradigme confirme que Clover est un trio élégant – à l’instar des flamands roses de la pochette du disque – et que leur musique de chambre moderne vaut incontestablement le détour !

Le disque

Paradigme
Clover
Alban Darche (ts), Jean-Louis Pommier (tb) et Sébastien Boisseau (b).
Yolk Records – J2087
Sortie le 14 octobre 2021

Liste des morceaux

01. « Laisse aller » (4:59).
02. « Canevas » (6:41)
03. « Les anges silencieux » (3:22).
04. « Paradigme » (3:23).
05. « Label aventure », Pommier (5:19).
06. « La sensation du temps » (2:44).
07. « Telemann » (4:14).
08. « Wendat » (4:06).
09. « Winter Song » (2:44).
10. « L'empreinte », Boisseau (3:01).


12 décembre 2021

Under One Sky – Mark Lewandowski

Contrebassiste anglais, désormais installé à New York, Mark Lewandowski (Robert n’est pas son frère…) est passé par la Guildhall School of Music and Drama et la Juillard School. Après le très réussi Waller, dédié à la musique de Fats Waller et sorti en 2017 chez Whirldwind Recordings, le contrebassiste propose Under One Sky, toujours en trio, et publié le 5 novembre 2021.

Lewandowski s’entoure d’Addison Frei au piano et de Kush Abadey à la batterie. Les onze morceaux sont signés Lewandowski. Quant à l’illustration de la pochette – un couple devant un paysage de montagnes sous un ciel de tournesols – c’est une œuvre de la photographe Naomi Allen.

Au milieu des frémissements de la batterie, la contrebasse et le piano exposent à l’unisson le délicat « Introduction (3459 Miles) ». Le développement de Frei reste dans une ambiance intimiste soulignée par les frappes discrètes d’Abadey et la finesse de Lewadowski. Dans « Licks », mené sur un bon tempo, Lewandowski prend un chorus feutré et sinueux, Abadey foisonne et Frei déroule ses phrases limpides dans un registre médium. Le cliquetis de la batterie, le contre-chant vif et souple de la contrebasse et les bonds du piano introduisent « Provarus », qui prend rapidement une voie bop, avec sa walking, son chabada et les envolées véloces du piano. Après un mouvement sombre du piano, porté par les frappes denses de la batterie et la ligne profonde de la contrebasse, « For Paul Bley » part dans un blues du plus bel effet. Ballade tranquille, « The Same Moon » met en valeur le sens musical de Lewandowski et sa belle sonorité boisée. Frei lance « Islands » avec enthousiasme et un humour sautillant à la Erik Satie, soutenu par les notes en pointillés de Lewandowski et le drumming touffu d’Abadey. Frei aborde « Very Well » sur les traces de Bill Evans, avec une mélodie chaloupée qui s’égrène sur ses trois temps, tandis que les balais d’Abadey caresse les peaux et que Lewandowski soliloque avec verve. « Very Well » fait ensuite une escapade dans le bop, avec un piano dont le swing est mis en relief par une walking et un chabada non moins énergiques. Batterie aux couleurs latines, ponctuées de rim shots, contrebasse aux lignes chaloupées, pimentées de shuffle, et piano guilleret emportent la « Queen of the Orchids » dans une ronde entraînante… Des échanges croisés entre une batterie sépulcral, une contrebasse fougueuse et un piano débridé annoncent « For Andrew Hill », que Lewandowski sublime dans un chorus plein d’adresse et de musicalité. Unisson dansant de la contrebasse et du piano sur une batterie touffue : « Skyline » est un thème-riff légèrement teinté de funk. Le développement de Frei s’inscrit dans une lignée bop, sur une rythmique excitante. La contrebasse poursuit le chorus du piano avec le même entrain. Le final s’emballe et permet à Abadey de laisser parler sa puissance. Avec ses lignes croisées élégantes et ses contre-chants, « Under One Sky » s’apparente d’abord un peu à une pièce de musique de chambre, encore marquée ça-et-là par Evans, mais le final s’emballe brusquement, dans une atmosphère de jazz luxuriant.

Dans une lignée néo-bop, Under One Sky est servi par un casting parfait qui fait bouillonner la musique !

Le disque

Under One Sky
Mark Lewandowski
Addison Frei (p), Mark Lewandowski (b) et Kush Abadey (d).
Sortie le 5 novembre 2021

Liste des morceaux

01. « Introduction (3459 Miles) » (03:58).
02. « Licks » (04:28).
03. « Provavus » (04:30).
04. « For Paul Bley » (03:16).
05. « The Same Moon » (05:10).
06. « Islands » (04:28).
07. « Very Well » (05:45).
08. « Queen of the Orchids » (04:21).
09. « For Andrew Hill » (03:04).
10. « Skyline » (05:35).
11. « Under One Sky » (06:21).

Tous les morceaux sont signés Lewandowski.

Alter ego - Yves Rousseau

Yves Rousseau
n’a pas d’œillères ou, plutôt, pas d’« oreillères » ! Sa musique jongle aussi bien avec Franz Schubert (Wanderer Septet), Thomas Jennefelt et Alfred Schnittke (D’amour et de folie) ou la poésie de François Cheng (Murmures), que le rock expérimental (Fragment Septet), les dialogues plus intimistes (Continuum duo) et, bien sûr, le jazz, toujours en filigrane (Spirit Dance).

Dirigé depuis janvier 2019 par Pierre-François Roussillon, transfuge du Théâtre 71 de Malakoff dans lequel Rousseau a été en résidence, l’Orchestre Régional de Normandie propose des spectacles plus variés les uns que les autres depuis près de quarante ans, à l’image d’Alter ego, qui sort sur le label MCO le 10 décembre 2021. Ce programme est une suite de sept mouvements composés par Rousseau comme autant de dialogues entre l’Orchestre Régional de Normandie et le multi-instrumentistes et griot Oua-Anou Diarra. L’artiste burkinabé joue du n’goni, de la flûte peul, des percussions et chante avec les dix-sept musiciens qui entourent le chef d’orchestre Jean Deroyer : sept violons (Florent Maviel, Karen Lescop, Anne Faucher, Jean-Yves Ehkirch, Corinne Basseux-Béguin, Gaëlle Israëliévitch et Jean-Daniel Rist), deux altos (Cédric Catrisse et Adrien Tournier), deux violoncelles (Vincent Vaccaro et Aurore Doué), une contrebasse (Fabrice Béguin), une flûte (Aurélie Voisin-Wiart), un hautbois (Alain Hervé), une clarinette (Gilles Leyronnas), un cor (Arthur Heintz) et un basson (Clément Bonnay).

Les trames mélodiques de Rousseau trouvent aussi bien leurs sources dans le post-romantisme (« Renaissance ») que dans la musique moderne (« Kolokènèya »), avec des touches folkloriques (« Hakilisigi »), voire filmiques (« Clair-obscur »). Les développements s’appuient sur des unissons sépulcraux (« Renaissance ») et majestueux (« Clair-obscur »), des contrepoints élégants (« Hakilisigi »), des contre-chants touffus (« Kolokènèya »)… et jouent avec les textures des cordes (« Man Tao Tao »), des flûtes (« Hakilisigi »), du cor (« Kolokènèya ») et des bois (« Teriya »). Les sonorités de l’orchestre, familières à l’oreille, tranchent avec la douceur boisée du n’goni (« Renaissance »), l’expressivité vibrante de la flûte peul («  Teriya ») et les mélopées (« Clair-obscur »). Autre contraste flagrant, l’approche rythmique : au traitement régulier et linéaire de la musique classique répondent les phrases syncopées, aspérités et autres contorsions dansantes des musiques du monde. Concertiste au n’goni (« Renaissance »), conteur avec un poème en bambara (« Kaari »), choriste puissant (« Renaissance »), chanteur mélancolique (« Clair-obscur »), flûtiste expressif (« Hakilisigi »), percussionniste entraînant (« Man Tao Tao »)… Diarra a évidemment un rôle clé dans Alter ego, « cette rencontre entre deux mondes », comme l’écrit Rousseau.

Alter ego ou les sept promenades d’un rêveur (pas solitaire, celui-là !) en quête d’harmonie entre musique savante et musique populaire… A « médicouter » !

Le disque

Alter ego
Orchestre Régional de Normandie – Jean Deroyer - Yves Rousseau - Oua-Anou Diarra
Oua-Anou Diarra (fl, n’goni, perc, voc), avec Florent Maviel, Karen Lescop, Anne Faucher, Jean-Yves Ehkirch, Corinne Basseux-Béguin, Gaëlle Israëliévitch et Jean-Daniel Rist (vl), Cédric Catrisse et Adrien Tournier (avl), Vincent Vaccaro et Aurore Doué (cello), Fabrice Béguin (b), Aurélie Voisin-Wiart (fl), Alain Hervé (hb), Gilles Leyronnas (cl), Arthur Heintz (cor) et Clément Bonnay (basson).
MCO Label – MCO13
Sortie le 10 décembre 2021

Liste des morceaux

01. « Renaissance (part 1) » (6:17).
02. « Renaissance (part 2) » (5:25).
03. « Hakilisigi (part 1) » (3:43).
04. « Hakilisigi (part 2) » (3:09).
05. « Hakilisigi (part 3) » (6:47).
06. « Kaari (part 1) » (3:22).
07. « Kaari (part 2) » (2:29).
08. « Kaari (part 3) » (1:51).
09. « Teriya (part 1) » (1:07).
10. « Teriya (part 2) » (2:22).
11. « Clair-obscur (part 1) » (2:07).
12. « Clair-obscur (part 2) » (4:25).
13. « Man Tao Tao » (3:44).
14. « Kolokènèya (part 1) » (3:24).
15. « Kolokènèya (part 2) » (3:19).
16. « Kolokènèya (part 3) » (4:11).

Tous les morceaux sont signés Rousseau.

28 novembre 2021

From the Astral – Oli Astral

De ce côté-ci de l’Atlantique, le jazz canadien s’est fait un nom grâce à des artistes tels qu’
Oscar Peterson, Paul Bley, Kenny Wheeler, Gil Evans, Diana Krall… des labels à l’image de RCI, Effendi, Songlines... des écoles comme le Banff Centre for Arts and Creativity et, bien sûr, le célébrissime Festival International de Jazz de Montréal. La scène contemporaine n’en est pas moins active, comme le prouve Oli Astral.

Oli Astral a été créé par le guitariste Olivier Grenier-Bédard, avec le contrebassiste Frédéric Alarie et le batteur William Régnier. From the Astral, premier album du trio, sort le 14 janvier 2022 sur le label Multiple Chord Music. Les six morceaux sont signés Grenier-Bédard.

Les thèmes-riffs (« From the Astral ») aux allures de comptines (« From the Heart »), le plus souvent aériens (« Spectre Sonore »), se dévident en boucles (« From the Deep »), sur des tempo médium-lents (« Avec Plaisir »), encadrées par les lignes souples de la contrebasse (« L'envol ») et les frappes compactes de la batterie (« Avec Plaisir »), tandis que ça-et-là des effets électro plantent des décors de science-fiction (« Spectre Sonore »). Ces atmosphères étirées (« From the Astral »), presque psychédéliques (« Spectre Sonore »), accentuées par une sonorité cristalline et feutrée de la guitare (« L'envol ») et soutenues par une rythmique veloutée (« Avec Plaisir »), poussent à la méditation...

From the Astral développe un univers sonore vaporeux aux touches électro, dans la lignée d’un jazz contemporain décontracté et éthéré.

Le disque

From the Astral
Oli Astral
Olivier Grenier-Bédard (g, électro), Frédéric Alarie (b, électro) et William Régnier (d)
Label Multiple Chord Music
Sortie le 14 janvier 2022

Liste des morceaux

01. « From the Astral » (8:16).
02. « L'envol » (3:54).
03. « From the Deep » (4:39).
04. « Avec Plaisir » (4:11).
05. « From the Heart » (7:46).
06. « Spectre Sonore » (6:48).

Toutes les compositions sont signé Grenier-Bédard.