10 juin 2026
05 juin 2026
Quelques notes sur la liberté - Michel Portal
Le 12 février 2026 Michel Portal s'en est allé, laissant un
grand vide sur la scène du jazz. MP85, son dernier disque,
sort le 5 mars 2021 pour célébrer ses quatre-cinq ans. Mais pendant
le covid, le réalisateur Benjamin Delattre et la productrice
Sophie Faudel convainquent Portal de faire un film sur son
processus de création musical. Le documentaire est tourné au
Théâtre de l'Alliance française à Paris entre le 19 décembre
2022 et le 27 mai 2023, et pendant le Nouveau Festival Radio France
Montpellier Occitanie au Musée Fabre le 27 juillet 2023. Quelques
notes sur la liberté est projeté le 20 mai 2026 et la bande
originale du film est publiée le 22 mai sur le label Cézame Original Score.
Le
disque regroupe dix-huit improvisations encadrées par des
commentaires de Portal, dont sont extraits leurs titres. Dans les
quatre premiers mouvements Portal joue de la clarinette basse, il
passe au bandonéon pour les trois suivants, puis au saxophone
soprano pour les deux d'après. Sur six morceaux, à la clarinette
basse ou au saxophone soprano Portal réagit aux effets électro de
Titouan Ralle. Portal conclut le disque sur trois
interventions à la clarinette.
Quelques
notes sur la liberté rend évident l'élégance de
l'instrumentiste (« Des
croisements que je cherche »)
et la finesse de l'improvisateur («
Tu vois c'est ça qu'il faut ! »).
Les dix-huit séquences mettent aussi en relief le son limpide («
Que ça vole ! »)
et la virtuosité («
Échauffement »)
que Portal tire de la musique classique. Le disque permet également
d'apprécier les qualités mélodiques de Portal avec des thèmes
contemplatifs (« Je
commence quelque chose là ? »),
solennels (« Bienheureux
») et émouvants («
Quelque chose qui sort de l'âme »),
qui lui font d'ailleurs dire : «
Là je vais commencer à pleurer... C'est dommage ! ».
Portal passe avec une
aisance confondante d'un
air entraînant ponctué
de touches ethniques
(« Elle
vit, elle me ressemble »)
à une farandole
teintée de folklore («
Jouer avec la force
»),
d'un tango
bien senti («
J'ai envie de chanter ça
»)
à des ondulations
moyen-orientales
(« Tu vois c'est ça
qu'il faut ! »), d'une
atmosphère ambient jazz
(«
Improvisation tranquille »)
à des envolées pétulantes («
Des trucs sauvages
! »
et « On
peut continuer »).
Les morceaux sont d'autant plus captivants que leur déroulé est
souvent théâtral («
Dans la musique, il
faut... »).
En dehors des techniques
étendues - effets de souffle, de clés et de voix («
Tu vois c'est ça qu'il faut ! »)
- Portal souligne parfois ses développements avec des vocalises («
Jouer avec la force
»)
ou des martèlements de pied vigoureux («
Entendre des sons et
être tout de suite avec
eux »).
Portal réagit au quart de tour aux effets électro qui lui sont
proposés, comme la ligne aérienne et gracile qui serpente au-dessus
d'un bourdon (« On
va voir... »)
ou le thème-riff et les boucles qui répondent à une nappe sonore
(« Comme
si quelqu'un parle à
l'autre »)
et il en va de même des petits motifs délicats qui dialoguent avec
le tintinnabulement impromptu d'un carillon dans le lointain («
D'accord !
»).
Portal
a toujours dit que la musique était au centre de sa vie (et
réciproquement). Ce qu'il confirme dans Quelques notes sur la
liberté : « j'adore la musique ! Le reste, bon, j'y arrive
pas... » Et d'enfoncer le clou : « si jamais je ne fais pas de
musique, je deviens complètement fou... mais il ne faut pas que je
le dise à haute voix ! ». Concernant l'improvisation, il déclare :
« il n'y a pas de musique écrite devant moi là... Donc, pour moi,
quand je joue ces choses-là et que j'entends le son qui n'est pas si
mauvais que ça, je me dis : ça ça vaut le coup ! » Le côté
composition spontanée prend tout son sens quand, à la suite de «
Quelque chose qui sort de l'âme », Portal affirme que « j'ai joué
cette histoire, mais je serai incapable de la refaire maintenant ».
Si
Quelques notes sur la liberté
est un formidable moyen de découvrir différentes facettes de Portal
et de sa musique, c'est aussi tout bonnement un disque magnifique.
Le disque
Quelques notes
sur la liberté
Michel Portal
Michel Portal (bcl,
bandonéon, ss, cl), avec Titouan Ralle (électro).
Cézame Original
Score - CEO2192
Sortie le 22 mai
2026
Liste des
morceaux
01. «
Je commence quelque chose là ? »
(1:01).
02. «
Des croisements que je cherche »
(2:34).
03. «
Quelque chose qui sort de l'âme »
(1:44).
04. «
Elle vit, elle me ressemble »
(3:45).
05. «
Jouer avec la force »
(1:36).
06. «
J'ai envie de chanter ça »
(1:10).
07. «
Dans la musique, il faut... »
(3:42).
08. «
Des trucs sauvages ! »
(1:14).
09. «
On peut continuer »
(1:04).
10. «
On va voir... » (2:19).
11. «
Que ça vole ! »
(1:29).
12. «
Entendre des sons et être tout de suite avec eux »
(1:30).
13. «
Comme si quelqu'un parle à l'autre »
(0:46).
14. «
Improvisation tranquille »
(5:05).
15. «
Tu vois c'est ça qu'il faut ! »
(5:45).
16. «
Échauffement » (0:22).
17. «
D'accord ! » (1:04).
18. «
Bienheureux » (1:23).
Tous les morceaux
sont signés Portal.
03 juin 2026
Les accords ouverts de David Crosby
Franck Tortiller et Misja Fitzgerald Michel sortent The Open
Chords of David Crosby le 29 mai 2026 sur le label MCO, créé en
2012 par le vibraphoniste au sein de sa structure Musique à Ciel
Ouvert.
Le
vendredi 22 mai 2026 les deux musiciens présentent leur disque au
Yamaha Artist Services Europe Paris. Au 122 de la rue de Javel, dans
le quinzième arrondissement de Paris, Yamaha a inauguré en janvier
2026 ce centre où les musiciens peuvent se rencontrer, s'exercer, se
former, répéter, enregistrer, organiser des concerts... Il faut
dire que cela fait près de quarante ans que Tortiller et Yamaha
travaillent ensemble, et, fait du hasard, Guild, le luthier de
Fitzgerald Michel, a été racheté par Yamaha en 2023 !
Franck Tortiller & Misja Fitzgerald Michel - Yamaha Artist Services Europe Paris - 22 mai 2026 © PLM |
The
Open Chords of David Crosby est évidemment un hommage au
guitariste-chanteur, décédé en 2023, et héro de la musique
folk-rock d'abord avec The Byrd, mais surtout avec le cultissime
groupe Crosby, Stills, Nash &
Young. Une mention spéciale pour l'illustration de la
pochette du disque signée François Corneloup : une dune et
un cumulonimbus forment un tableau photographique avec des dégradés
de gris du plus bel effet.
Six
morceaux de
The Open Chords of
David Crosby sont
au programme du concert. Le duo laisse de côté «
Look To
The
Spark »
et « She
Says
»,
deux compositions de Tortiller, et «
Carry Me
»,
chanson de
1975
qui figure sur l'album Wind
On The Water
de
Crosby
& Nash.
Tortiller
et Fitzgerald Michel démarrent avec «
Tracks In The Dust »,
morceau-titre d'un disque publié
par Crosby en 1989.
Les accords et motifs arpégés de
Fitzgerald Michel
soulignent un
thème
harmonieux
exposé par Tortiller,
avant que les deux chorus, véloces et énergiques, ne le
dynamisent avec à-propos.
Les duos vibraphone - guitare acoustique ne courent pas les rue,
pourtant le mariage
du timbre sec de la
guitare et de la
sonorité argentine du vibraphone
est d'autant plus attrayant que les deux instruments ont des
caractéristiques mélodico-rythmiques complémentaires.
« Somebody
Other Than
You »
est un morceau de Crosby
plus récent, au répertoire de Lighthouse,
paru
en 2016. La mélodie
chantante que le duo interprète dans l'esprit de l'original laisse
place à des envolées percussives de Tortiller, soutenu nerveusement
par Fitzgerald Michel, qui part ensuite dans un solo inspiré. Le
tube « Guinnevere
», qui fait partie du
premier disque Crosby,
Stills & Nash,
édité en 1969, est une ballade portée par un riff folk-rock
et des lignes sinueuses
discrètement teintées de blues. Comme le mentionne Tortiller, «
Guinnevere
» a été repris maintes
fois et
notamment par Miles
Davis. En 1979, dans
Circle In The Round,
le trompettiste en donne une version fusion rococo de près de vingt
minutes,
avec sitar, profusion de claviers, percussions, lignes de basse
sourdes et autres chœurs des vents...
«
Déjà vu
»,
écrit en 1970
pour le disque éponyme de Crosby et Nash,
penche davantage vers le rock,
avec des accords puissants, un thème syncopé et vif,
et des solos si denses et
musclés que Tortiller en casse une baguette : «
Ce n'est pas les baguettes de Yamaha qui sont fragiles, c'est moi qui
joue fort ! ». Tortiller
et Fitzgerald Michel regroupent «
Traction
in the Rain
»
et
«
Orléans
»,
deux morceaux de
If I Could Only
Remember My Name,
enregistré par Crosby
en 1971. Après des
accords larges de la guitare et des glissando du vibraphone ponctués
de petits motifs plein de vibrato, un
air paisible sur un
riff imperturbable débouche
sur des mouvements fougueux du vibraphone et des traits d'abord
aériens, puis entraînants de la guitare.
Pour conclure le set, le
duo reprend « Suite:
Judy Blue Eyes »,
composé par
Stills
en 1969 pour le premier disque du trio Crosby, Stills & Nash
(Young
les rejoint en 1970).
Morceau dansant, «
Suite: Judy
Blue Eyes » commence par
des questions - réponses entre Fitzgerald Michel et Tortiller, puis,
porté par la pompe et les shuffle de la guitare, le vibraphone joue
un solo impétueux, suivi par de la guitare, intense et tranchante.
Inutile
d'être un inconditionnel de Crosby, Stills, Nash & Young pour
apprécier totalement The Open
Chords of David Crosby
: Tortiller et Fitzgerald Michel personnalisent et
pimentent avec habileté les chansons de Crosby.
The Open
Chords of David Crosby
Franck Tortiller
& Misja Fitzgerald Michel
Franck Tortiller
(vib) et Misja Fitzgerald Michel (g).
MCO Label - MCO 21
Sortie le 29 mai
2026
Liste des
morceaux
01. «
Guinnevere », Crosby
(4:38).
02. «
Déjà vu », Crosby
(5:47).
03. «
Carry Me », Crosby
(3:26).
04. «
Traction in the Rain / Orléans »,
Crosby (4:04).
05. «
Look To The Spark »,Tortiller
(3:46).
06. «
Judy Blue Eyes »,
Stills (4:06).
07. «
Somebody Other Than You »,
Crosby (5:20).
08. «
Tracks In The Dust »,
Crosby (4:02).
09. «
She Says », Tortiller
(2:41).
29 mai 2026
Passion Congo - Ensemble Partage
Après près de quarante-cinq de carrière et près d'une quarantaine
de disques, bandes originales et musiques pour le théâtre, inutile
de présenter Ray Lema. L'artiste fête ses quatre-vingts ans
avec un nouveau projet autour de son pays d'origine, la République
démocratique du Congo, ex-Zaïre : Congo Passion sort le 24
avril 2026 sur le label One Drop.
Pour
Congo Passion, Lema forme l'Ensemble Partage, septuor
constitué d'un quatuor à cordes - Massimiliano Gilli et
Sylvie Blanc aux violons, Gerardo Vitale à l'alto et
Claudia Ravetto au violoncelle - accompagné de Manuel
Pramotton au saxophone soprano, Marco Giovinazzo et Nesta
Mondelice aux percussions.
Les neuf compositions
sont
signées Lema.
Le pianiste
nous fait voyager de «
Mopti »,
ville du Mali, à «
Ngandajika »,
cité de la province de Lomani en R.D.C., en passant par «
Matongue »,
quartier des noctambules de Kinshasa, composition que Lema a déjà
enregistré en 2012
sur
V.S.N.P.
avec
son quintet, mais aussi en 2016
sur
Riddles
en
duo avec Laurent
de Wilde.
Il reprend également «
Partage »,
au répertoire de Tout
partout,
publié en 1995.
«
Hysteria »,
«
Salsa Gombo »
et le morceau-titre
parlent d'eux-mêmes. «
Aquarius »
est une référence au Verseau, la constellation du zodiaque. Quant à
«
Twist & Smile »,
c'est sans doute une clin d'œil au célèbre «
Twist
and Shout
»,
tube de 1961
écrit
par Phil Medley
et Bert
Russell.
Les
mélodies de Lema font la part belle aux thèmes-riffs («
Hysteria »), mais la
musique classique n'est jamais non plus très loin avec des accents
mozartiens («
Passion Congo »), des
airs souvent lyriques («
Matongue »),
cinégéniques (« Mopti
») ou
sautillants comme une
ronde enfantine («
Aquarius »).
Seule
chanson du disque, «
Partage » est
paisible et chaloupée comme
« une
chanson douce que me
chantait ma maman ».
Congo Passion
est entraînant du début à la fin
: des ostinatos puissants («
Hysteria »)
côtoient des
riffs excitants
(«
Ngandajika »),
des pompes enlevées («
Passion Congo »)
précèdent des mouvements syncopés («
Matongue »),
des walking imposantes
(« Twist & Smile »)
succèdent à des unissons sautillants («
Aquarius »), le tout
appuyé par des percussions légères et foisonnantes, comme la clave
et les poly-rythmes de «
Salsa Gombo » ou le
cha-cha-cha de «
Ngandajika ». Lema a
visiblement écrit avec beaucoup de plaisir pour les cordes et le
saxophone soprano. Les voix
se développent en
plans superposés
(«
Hysteria ») dans des
mises en son théâtrales («
Hysteria ») à mi-chemin
entre la musique classique et les musiques ethniques («
Aquarius »). Des chœurs
se font et se défont («
Ngandajika »),
des contre-chants virevoltent («
Passion Congo »), des
phrases mélancoliques s'alanguissent («
Mopti »), des
questions-réponses s'emballent («
Aquarius
»)... tandis que le
saxophone soprano s'envole au-dessus de la mêlée («
Salsa Gombo ») et que le
piano swingue avec force («
Twist & Smile
»). Ce
cocktail de musiques de danses populaires et de musique classique
s'inscrit parfois dans la lignée de Louis
Moreau Gottschalk,
voire Scott Joplin.
Passion
Congo dégage un épicurisme musical décomplexé et juste teinté
d'une touche nostalgique...
Le disque
Passion Congo
Ensemble Partage
Massimiliano Gilli
(vl), Sylvie Blanc (vl), Gerardo Vitale (avl), Claudia Ravetto
(cello), Manuel Pramotton (ss), Ray Lema (p, voc), Marco Giovinazzo
(perc) et Nesta Mondelice (perc).
One Drop records -
1DROP11
Sortie le 24 avril
2026
Liste des
morceaux
01. «
Hysteria » (2:47).
02.
« Passion Congo » (4:52).
03.
« Mopti » (5:13).
04.
« Ngandajika » (4:41).
05.
« Salsa Gombo » (4:38).
06.
« Aquarius » (6:21).
07.
« Matongue » (6:31).
08.
« Twist & Smile » (7:07).
09.
« Partage » (3:52).
Tous les morceaux
sont signés Lema.
20 mai 2026
Perception - Synestet
Hélène Duret forme Synestet en 2017.
La clarinettiste s'entoure pour l'occasion du saxophoniste ténor
Sylvain Debaisieux, du guitariste Benjamin
Sauzereau, du contrebassiste Fil Caporali et du batteur
Maxime Rouayroux. Après Les usures, publié en 2019,
Synestet rejoint Igloo Records et enregistre Rôles en 2022,
puis Live in Belgium en 2023. Pour Perception, qui sort
le 24 avril 2026, le quintet invite le tromboniste Nils Wogram.
En
dehors de « Basculements
»,
signé Debaisieux, les onze autres morceaux au répertoire de
Perception ont été composés par Duret. La pochette du
disque est illustrée par Pauline
Greck-Chassain, déjà à l'œuvre pour Rôles et
Live in Belgium de Synestet, et Boîte noire de Fur
(trio de Duret avec Caporali et Rouayroux). Le livret du disque, bien
fourni, propose en exergue un poème de Clara Ysé et des
photos des musiciens prises par Arnaud Ghys et Alice Khol
pendant les séances d'enregistrement.
Après
un démarrage brutal sur les roulements furieux de la batterie et un
unisson non moins imposant, « De loin en loin » évolue avec les
contrepoints chambristes des soufflants, tandis que la rythmique se
montre plus relax. Puis, quand la guitare décide de s'envoler, la
contrebasse imprime une ligne sourde et la batterie ponctue son
discours de splash et de pêches. Dans cette ambiance musclée,
Sauzereau lâche les chevaux et son chorus, entre free et rock prog,
s'appuie sur des effets de pédale, stridences, saturation et autres
bruitages massifs ! Le chœur des soufflants fait son retour pour le
final qui reste dans cette atmosphère monumentale. Tous ces
contrastes que l'on retrouve également dans la plupart des autres
morceaux sont caractéristiques de la musique de Synestet.
«
Solo », teinté d'accents ethniques de la clarinette basse dans les
graves, sert d'introduction à « Point commun ». Ce morceau
intimiste part d'échanges en pointillés, puis se développe à
partir d'un air délicat de la clarinette sur une rythmique souple et
dansante, des riffs en section, mais aussi d'abondants croisements de
voix, autre marque de fabrique du style de Duret. « Point commun »
permet aussi d'apprécier la musicalité de Caporali.
Le
mélancolique « Adieu » est d'abord bercé par une mélodie
nostalgique jouée à l'unisson par le saxophone ténor et le
trombone sur un riff lancinant à l'unisson de la contrebasse,
clarinette basse et guitare, ponctué des splash de la batterie. L'«
Adieu » se poursuit par le discours élégant et velouté de Wogram
et les lignes raffinées de Duret, soutenus par les contre-chants
subtils de la guitare, les motifs minimalistes de la contrebasse et
les roulements légers de la batterie. Là encore, la superposition
de plans ajoute du relief aux échanges du sextet.
Les
boucles enchevêtrées de Duret et Debaisieux, l'unisson lancinant de
Sauzereau et Caporali, à l'archet, et une mélodie étirée exposée
par Wogram servent de point de départ « Au milieu ». Les frappes
en suspension de Rouayroux, les traits économes de Caporali et les
suites d'accords presque vintage de Sauzereau soulignent les
ondulations de Wogram, tandis que le saxophone ténor et la
clarinette poursuivent leur ballet circulaire dans ce morceau
tourmenté.
«
Enfermé dehors » débute par une suite de notes intercalées sur
les cliquetis de la batterie et le thème exposé par la clarinette
évoque la musique classique française du début XXe. Impression
renforcée par les questions-réponses pleine de verves et d'humour
entre tous les instruments. Puis, sur une batterie dynamique, les
phrases courtes s'égaient dans les aigus et font monter la pression
d'un cran.
Interprété
en trio par Duret, Wogram et Caporali, « Sinueuse » vire à la
farandole, particulièrement entraînante, emporté par les dialogues
chaloupés du trombone et de la clarinette basse avec la contrebasse.
Retour
à une entrée en matière rythmique pour « Abysses ». Porté par
les percussions tintinnabulantes, une walking de la contrebasse et
les interactions habiles entre guitare, saxophone ténor et
clarinette, le morceau passe par un court tutti foisonnant avant un
final dans l'esprit du départ.
La
contrebasse lance a capela un solo tout en fluidité qui sert d'«
Intro » aux « Basculements », morceau à l'atmosphère
mystérieuse. Un ostinato inamovible de la contrebasse, une batterie
monumentale et lointaine, une guitare qui va et vient entre riff et
formules cristallines, un saxophone ténor soyeux et tortueux, suivi
de près par la clarinette basse... ce morceau est très cinégénique.
«
Colère contenue » commence avec la moutarde qui monte au nez : des
effets de souffles... Un riff de guitare acoustique, une batterie
foisonnante, une clarinette suraiguë, une contrebasse à l'archet
sombre, un saxophone ténor irrité et la colère monte, prête à
exploser. Mais non, le développent est lent, l'atmosphère est
lourde et, quand le saxophone ténor expose la mélodie avec la
clarinette et la guitare en contre-chant, c'est la mélancolie qui
l'emporte... avant que le saxophone ténor ne puisse plus se
contenir, et part pour une envolée entre néo-bop et free, dans un
décor presque rock, installé par les leitmotiv entraînants de la
contrebasse, une batterie athlétique, et des unissons musculeux de
la guitare et de la clarinette. La « Coda », interprétée par la
guitare acoustique a capela, est paisible comme une comptine... sans
rancune !
Le
jazz de chambre
de Synestet est toujours
aussi intrigant et
jubilatoire. Perception,
c'est des constructions
complexes,
mais une écoute facile... et passionnante !
Le
disque
Perception
Synestet
Hélène
Duret (cl, bcl), Sylvain Debaisieux (ts), Benjamin Sauzereau (g), Fil
Caporali (b) et Maxime Rouayroux (d), avec Nils Wogram (tb).
Igloo
Records - IGL391
Sortie
le 24 avril 2026
Liste
des morceaux
01.
« De loin en loin »
(06:04).
02.
« Solo »
(01:36).
03.
« Point commun »
(05:41).
04.
« Adieu »
(06:17).
05.
« Au milieu »
(05:20).
06.
« Enfermé dehors »
(04:06).
07.
« Sinueuse »
(02:51).
08.
« Abysses »
(03:57).
09.
« Intro »
(01:05).
10.
« Basculements »,
Debaisieux (04:48).
11.
« Colère contenue »
(06:50).
12.
« Coda »
(01:22).
Tous
les morceaux sont signés Duret sauf indication contraire.
18 mai 2026
Oiseau murmure - Naudet Girard Flament
En 1995 le clarinettiste Nicolas Naudet (Taim' compagnie) et
le contrebassiste Théo Girard (Discobole) se rencontrent sur
les bancs du conservatoire de Montreuil. Mais ce n'est qu'en 2023 que
les chemins de Naudet et du batteur Benjamin Flament
(Compagnie Green Lab) se croisent : le trio OIseau murmure commence à
se produire en 2024 et sort son premier opus éponyme le 12 juin 2026
sur le label Discobole.
Au
programme d'Oiseau murmure, quatre morceaux signés Girard,
deux compositions de Naudet, trois thèmes communs, «
Locomotive »
écrit par Thelonious
Monk pour
l'album Monk
(publié
par Prestige en 1954),
plus huit
interludes collectifs
: de la ronde sautillante d'« Oiseau mouche » aux clapotis
et pépiements d'« Oiseau et puis plus », en passant par le
minimaliste « Oiseau plouf », l'énigmatique « Oiseau feu », le
syncopé « Oiseau vent », la course-poursuite d'« Oiseau lumière
», le nerveux « Oiseau nuit » et la volière « Oiseau forêt »,
la symbiose du trio saute aux oreilles !
Les
textures sonores sont au centre d'Oiseau
murmure, avec
ses
contrastes entre sons synthétiques et acoustiques («
Escalator pour les fonds marins »),
décors électro
(«
Unisson »),
voix démultipliées («
Seuls les oiseaux nous regardent »),
nappes éthérées («
Ne pas tourner en rond sans toi »),
timbres
variés (xylophone,
souffle, archet, bruitages...)
et ses mises
en son théâtrales («
Tout près du loin »).
Le trio affectionne les atmosphères
mystérieuses («
Non loin du pré »),
voire surnaturelles («
Tout près du loin »),
basées sur des airs fragiles et élégants («
Sur le fil ») et
délicats (« Ne pas
tourner en rond sans toi »),
majestueux (« Locomotive
»)
et grandioses («
Unisson »),
parfois un brin nostalgiques («
Seuls les oiseaux nous regardent »).
Dans
leur développement la plupart des morceaux montent rapidement en
tension (« Seuls les
oiseaux nous regardent »)
et débouchent sur de grosses ambiances («
Movement In Squares »).
Il faut dire que Flament
fait crépiter sa batterie («
Sur le fil ») et parsème
son drumming de cliquetis touffus («
Sur le fil
»)
et véloces («
Movement In Squares »),
sans hésiter non plus à installer des rythmes répétitifs
puissants (« Escalator
pour les fonds marins »)
et des frappes
dansantes
(«
Unisson »),
avec des couleurs ethniques quand le xylophone s'en mêle («
Dans les pas des pas »).
La
sonorité boisée, très naturelle et d'une ampleur formidable de
la contrebasse de Girard («
Ne pas tourner en rond sans toi »)
en fait une partenaire
idéale pour la batterie et les percussions de Flament («
Escalator pour les fonds marins »).
Les pédales grondent («
Seuls les oiseaux nous regardent »),
les riffs vrombissent («
Unisson »), les
ostinatos ennivrent («
Ne pas tourner en rond sans toi »),
les motifs aux accents rock prog rugissent («
Movement In Squares »)
et les lignes heurtées
zigzaguent («
Dans les pas des pas »),
sans négligler la musicalité du chorus épatant pris «
Sur le fil ». Quant
aux clarinettes, tantôt elles volent, aériennes et vibrantes («
Escalator pour les fonds marins »),
souvent lointaines («
Tout près du loin »),
mélodieuses et imperturbables («
Unisson »),
tantôt
elles rejoignent la
rythmique avec des
contrepoints subtils (
« Dans les pas des pas »),
des réponses raffinées («
Sur le fil »),
des phrases astucieuses
(réverbérées pour mieux se marier à l'archet de la contrebasse
dans « Non loin du pré
»), sans oublier les
effets de souffles et de clés («
Movement In Squares »),
les boucles hypnotiques («
Ne pas tourner en rond sans toi »)
et quelques envolées free fougueuses («
Seuls les oiseaux nous regardent »).
Jazz,
musique de chambre, musique contemporaine, musique du monde, musique
minimaliste, rock progressif... Oiseau
murmure est
inclassable et tant mieux : c'est un disque magnifique !
Le disque
Oiseau murmure
Naudet Girard
Flament
Nicolas Naudet (cl,
bcl, électro), Théo Girard (b) et Benjamin Flament (d, perc).
Discobole - SD052026
Sortie le 12 juin
2026
Liste des
morceaux
01. «
Oiseau mouche » (0:12).
02. «
Escalator pour les fonds marins »,
Girard (04:47).
03. «
Oiseau plouf » (0:27).
04. «
Sur le fil », Naudet
(04:24).
05. «
Non loin du pré »
(1:16).
06. «
Ne pas tourner en rond sans toi »,
Girard (6:03).
07. «
Oiseau feu » (0:13).
08. «
Movement In Squares »,
Girard (3:22).
09. «
Oiseau vent » (0:12).
10. «
Locomotive », Monk
(3:03).
11. «
Oiseau lumière »
(0:18).
12. «
Unisson », Naudet
(5:37).
13. «
Oiseau nuit » (0:16).
14. «
Dans les pas des pas »
(2:37).
15. «
Oiseau forêt » (0:17).
16. «
Seuls les oiseaux nous regardent »,
Girard (4:34).
17. «
Oiseau et puis plus »
(0:17).
18. «
Tout près du loin »
(2:47).
Tous les morceaux
sont signés Oiseau murmure sauf indication contraire.
Cirque de passage - L'Oscarpicus
Dès
2014, la chanteuse Alice Martinez, le trompettiste et
tromboniste Sylvain Avazeri, le saxophoniste et clarinettiste
Ezequiel Celada, le guitariste Gabriel Manzaneque, le
contrebassiste Olivier Lalauze et le batteur Léo Achard
jouent ensemble dans The Shoeshiners Band, orchestre qui anime
des bals swing. Fort de cette expérience, les six musiciens, passés
par les bancs des conservatoires Darius Milhaud d'Aix-en-Provence et
Pierre Barbizet de Marseille, ainsi que l’IMFP à
Salon-de-Provence, décident de créer un sextet : L'Oscarpicus.
Cirque
de passage,
leur premier disque, sort le 15 mai 2026 sur le label La Clique.
L'album compte huit morceaux signés Celada, Manzaneque ou Lalauze et
mis en paroles par Martinez.
La
plupart des mélodies est enjouée («
Le
p'tit remplaçant
»),
portée par le swing
de Martinez («
L'enfant
des coulisses
»),
avec
quelques accents de charleston («
Papy
Grognon
»),
des
passages scandés
(«
Le
problème de Bernie
»)
ou des effets vintage («
Le
roi des lapsus
»).
Le goût de Martinez pour Boris
Vian
transparaît dans ses chansons à texte («
Cœur
suspendu »,
«
Ta
vie bien rangée
»).
Les soufflants nagent comme des poissons dans cette ambiance de Swing
Era
avec
des
unissons
sautillants («
Le
p'tit remplaçant
»),
des
chœurs
éclatants («
L'enfant
des coulisses
»),
des
contrepoints tendus («
Papy
Grognon
»)
et des dialogues enlevés typiquement Néo-Orléanais («
Le
problème de Bernie
»).
L'Oscarpicus met beaucoup de vitalité dans sa musique : clarinette
dans le style Dixieland («
Le
p'tit remplaçant
»),
trompette bouchée sur les traces de la «
Far
East Suite »
de Duke
Ellington
(«
Le
problème de Bernie
»),
saxophone
ténor aux envolées néo-bop («
Mon
Eurydice
»),
guitare
aux couleurs manouches («
Cœur
suspendu »),
saxophone
aux allures de
crooner («
Ta
vie bien rangée
»)...
Côté rythmique, le trio guitare, contrebasse et batterie soutient
le sextet avec l'énergie du quatre - quatre («
Papy
Grognon
»).
Les
roulements
entraînants («
Le
roi
des lapsus
»),
les
walking, chabada et pompes
(«
Le
p'tit remplaçant
»),
les pas de valses («
Cœur
suspendu »),
les riffs vigoureux («
Le
problème de Bernie
»)...
tout concourt à dynamiser Cirque
de passage.
La
thématique du disque, les titres des morceaux, les textes piquants
et la musique euphorique feraient de Cirque de passage la
bande-son parfaite pour un spectacle joyeux et sans soucis !
Le
disque
Cirque
de passage
L'Oscarpicus
Alice
Martinez (voc), Sylvain Avazeri (tp, tb), Ezequiel Celada (sax, cl),
Gabriel Manzaneque (g), Olivier Lalauze (b) et Léo Achard (d).
La
Clique
Sortie
le 15 mai 2026
Liste
des morceaux
01.
« Le p'tit remplaçant
»,
Celada & Martinez (03:44).
02.
« Le roi des lapsus »,
Lalauze & Martinez (03:55).
03.
« L'enfant des coulisses
»,
Lalauze & Martinez (03:29).
04.
« Le problème de Bernie
»,
Manzaneque & Martinez (05:16).
05.
« Mon Eurydice »,
Lalauze & Martinez (03:40).
06.
« Papy Grognon »,
Manzaneque & Martinez (03:11).
07.
« Cœur suspendu »,
Manzaneque & Martinez (04:46).
08.
« Ta vie bien rangée »,
Celada & Martinez (04:55).
14 mai 2026
Le 38 Riv à l'heure des chaînes et trames
Les 5 et 6 mai 2026, le 38 Riv accueille Christophe Panzani et Ziv Ravitz pour présenter leur disque Warp and Weft, sorti le 1er
mai sur le label PK Music. Le 5 mai à dix-neuf heures trente, la
cinquantaine de places du club de Vincent Charbonnier sont prises
d'assaut...
Ravitz
et Panzani commencent à jouer ensemble dans le Working Trio, que le
batteur a formé en compagnie du saxophoniste et du guitariste
Federico Casagrande. Les deux musiciens montent ensuite un
nouveau projet dans lequel, non seulement ils jonglent avec divers
instruments - saxophone ténor, flûtes et clarinettes pour l'un et
batterie, guitare et basse pour l'autre, sans oublier les contrôleurs
séquenceurs, sampler et autres loopers qu'ils utilisent tous les
deux -, mais ils partagent aussi leur musique avec le Quatuor Kaija :
Camille Garin et Madeleine Athané-Best aux violons,
Maëlle Desbrosses à l'alto et Adèle Viret au
violoncelle.
le
soir du concert seule Garin est disponible, mais elle a fait appel à
la violoniste Loni Cornelis, l'altiste Issey Nadaud et
la violoncelliste Angèle Decreux pour l'épauler. Panzani et
Ravitz interprètent neuf des onze morceaux de Warp and Weft,
cinq signés Panzani, trois de Ravitz et «
Eigthy One
»,
une composition
de Ron Carter.
Ils laissent de côté «
Garde Fou »
de Panzani et « Le
Gibet »
de Maurice Ravel.
Dès
« The Mysterious Tale of
JS », un
thème de Panzani,
Ravitz, grand maître ès
tambours, fait résonner ses peaux et cymbales à grand renfort de
roulements serrés, sur lesquels la complainte du saxophone ténor
s'étire, vibrante et fragile, comme un hymne. Des boucles électro
cristallines (sur disque elles sont jouées à la flûte et à la
clarinette basse) se joignent aux crépitements de la batterie,
tandis que le saxophone ténor déroule sa mélopée. Comme avec Shai
Maestro, Yaron Herman, Donny McCaslin, Esperanza
Spaulding et tous les autres, les poly-rythmes à la fois
puissants et mélodieux de Ravitz font des merveilles. Porté par une
batterie entraînante, le duo enchaîne sur un un morceau de Ravitz :
«
Shifting Circles ». La
proximité du son et
l'acoustique chaleureuse de la petite salle du 38 Riv mettent en
relief la sonorité ronde du saxophone ténor et l'ampleur de la
batterie. Panzani rebondit, libre et véloce, sur les cliquetis et
les pêches de Ravitz, auxquelles s'ajoutent des riffs en
contre-chants, enregistrés au looper. Ces échanges surprenants et
inventifs font monter la tension et le public se laisse happer par le
suspens.
Le
quatuor à cordes entre en scène pour « The Red Toy Car And The
Piano », autre composition de Panzani. Les ostinato de l'alto, les
bourdonnement et les boucles du violoncelles, les envolées vives et
aiguës des violons, les brisures chatoyantes de la batterie et les
phrases ébouriffantes du saxophone ténor s'enchevêtrent dans des
contrepoints nerveux, entre musique de chambre contemporaine et free.
« Ce qui reste à venir », encore de la plume de Panzani, démarre
majestueusement avec un unisson du quatuor, les tintements légers de
la batterie et le contre-chant solennel du saxophone ténor. Le
morceau se développe avec tout un jeu subtil de mélodies
superposées et de questions-réponses entre le quatuor et le duo.
Même élégance dans « Night Walk » de Ravitz : les pizzicato
enlevés, les motifs sautillants ou legato et les bribes mélodiques
du quatuor, les frappes expressives et dansantes de la batterie et
les lignes sinueuses du saxophone ténor s'imbriquent dans un tissage
sonore bariolé. Loin de n'être qu'un faire-valoir ou un
arrière-plan sucré, le quatuor est parfaitement intégré à la
musique de Warp and Weft. Cela dit, vu l'éclectisme de
Panzani, d'Electro Deluxe au Carla Bley Orchestra, en passant
par Hocus Pocus, Ben l'Oncle Soul, Jean-Pierre Como,
Anne Paceo Circles... sans oublier ses propres formations The
Drops, The Watershed... rien d'étonnant que ses arrangements soient
aux petits oignons.
Pour
« 4-15 a.m. (Little
Melody) », composé par
Ravitz, le batteur passe à la guitare - son premier instrument -,
Panzani troque son saxophone ténor pour sa clarinette basse et
Decreux garde son violoncelle... Le trio développe cette mélodie
tendre et nostalgique avec langueur, comme une berceuse. Le duo se
retrouve pour « Eigthy
One».
Après un démarrage imposant de la batterie
et un jeu en pointillés du
saxophone ténor,
ils partent
dans un dialogue débridé,
moderne et raide, entre les fulgurances de Panzani et les rythmes
foisonnants de Ravitz. Nouvelle ode
de Panzani, «
Lament For A Song » s'appuie
sur des accords électro aux
allures d'orgue, des
circonvolutions exaltées
du saxophone ténor et
une montée en puissance
progressive de la
batterie, comme dans une
sorte de free mélodieux. «
I Feel Like A Slow Sunday
», une marche lente de
Panzani, presque un jazz funeral de La Nouvelle-Orléans, clôture le
set. Sur un rythme syncopé régulier imprimé par la batterie, les
phrases des saxophones ténors se superposent dans un ballet de voix
alangui. En rappel, le duo interprète une nouvelle comptine de
Ravitz, bercée par les accords caressants de la guitare et le
vibrato placide du saxophone ténor.
Savoureux
cocktail de free, musique contemporaine, électro, néo-bop et
autres, la musique du duo Panzani - Ravitz est à consommer d'urgence
et sans modération !
Warp and
Weft
Christophe
Panzani & Ziv Ravitz
Christophe
Panzani (ts, fl, afl, cl, bcl, électro) et Ziv Ravitz (d, g, b,
électro), avec Camille Garin et Madeleine Athané-Best (vl), Maëlle
Desbrosses (avl) et Adèle Viret (cello).
PK Music - PK028L
Sortie le 1er mai
2026
Liste des
morceaux
01. «
The Red Toy Car And The Piano »,
Panzani (3:53).
02. «
I Feel Like A Slow Sunday »,
Panzani (3:47).
03. «
Garde Fou »,
Panzani (3:42).
04. «
Le Gibet »,
Maurice Ravel (4:40).
05. «
Night Walk »,
Ravitz (4:30).
06. «
Shifting Cycles »,
Ravitz (4:16).
07. «
4:15 a.m (Little Melody) »,
Ravitz (2:52).
08. «
Lament For A Song »,
Panzani (3:56).
09. «
The Mysterious Tale Of JS »,
Panzani (4:20).
10. «
Ce qui reste à venir »,
Panzani (06:44)
11. «
Eighty One », Ron
Carter (2:53).
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