30 août 2020

Les grilles de Bob... Août 2020




Horizontal

A

Inventés à Vienne en 1829 par Damien.

B

Instrument clé pour André Schaeffner.


I am… le premier album composé par une intelligence artificielle.

C

Ils donnent le la.

D

Ils préfèrent la guerre à la musique.


Groupe de musique pop norvégien.

E

Au-delà de cette limite, ils explosent.


Do.

F

Ces pianos ont besoin de cartes perforées.

G

Youn Sun Nah en est originaire.


Fréquence d'une onde.

H

Initiales d'un trompettiste italien.


John Coltrane en jouait.

I

En parlant de lui.


A ton tour.


Pour un orchestre, c'est mieux de l'être.

J

Ancien marché de Londres fréquenté par les vendeurs de disques.



Vertical

1

Contrebassiste américain d'origine soudanaise.

2

Eléments clés d'une batterie.


Ahn Hyo-jin.

3

Instrument plus baroque que jazz.

4

Charles Aznavour en est mort.


Contrebassiste belge.

5

Albert Mangelsdorff y est né.


Premier temps.


Genre de punk rock anglais.

6

On dit en argot que Jelly Roll Morton l'a été.


Sydney Bechet a fait la une du numéro 580 de cette revue.

7

Brian.


Code ISO 639-3 du quechua.

8

Norman Barth est originaire de cet archipel.


Sillet.

9

Nom d'un batteur dont le prénom est le nom d'un pianiste.


Muse d'un célèbre musicien pop écossais.

10

Le bémol lui va si bien !


Batteur américain connu pour sa collaboration avec Dave Douglas.


                                Pour plus de confort, copiez la grille dans un tableur.
                       
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Solution de la grille de juillet 2020



Horizontal

A

Le chat dans Pierre et le loup.

B

Hélène Breschand les aime beaucoup.


Apocope d'un genre musical précurseur du jazz: ragtime.

C

Chœur lusitanien.

D

Surnom d'un fameux trompettiste.

E

Il y en a sept et le jazz en fait partie.


Capable.

F

Son nom termine par un don: Dexter Gordon.


Label d'un groupe de hip-hop français.

G

Office de coopération radiophonique.


C'est là la question.

H

Trois pianistes: Allen, Kirkland et Newborn.


Joseph Ferdinand La Menthe: Jelly Roll Morton.

I

Les sudistes appellent ainsi les inventeurs du jazz.


Trio scandinave.

J

Initiales d'un colosse: Sonny Rollins.


Martenot les a domptées.



Vertical

1

Gentilé d'une ville américaine très free.

2

Un diapason le donne.


Musicien cousin des jazzmen.

3

Satchmo.

4

Initiales du frères de Bud : Richie Powell.


Sans atout, c'est le plus fort.


Initiales d'un saxophoniste italien : Roberto Ottaviano.

5

Id est.


Gospel traditionnel.

6

Initiales de l'auteur de The Jazz Makers : Norman Shapiro.


Zahia Ziouani en est la cheffe d'orchestre.

7

« Straight No… »

8

Instruments favori d'Armstrong.

9

Pour lire l'avenir.


Mesure de la qualité d'une antenne : Rapport d'Ondes Stationnaires.

10

A trop en avoir, on ne laisse plus de place aux autres.


Tubes dans une enceinte.


27 août 2020

Confinés dans l’igloo…

Faute de concerts, le confinement aura permis d’écouter des disques et de rattraper un peu de retard ! Voici cinq galettes publiées entre novembre 2017 et juillet 2020 par l’hyperactif label bruxellois, Igloo Records. A l’honneur, le groupe du batteur Jeff Herr, les trios du guitariste Julien Tassin et du saxophoniste Toine Thys, le quartet du pianiste Igor Gehenot et le trio du contrebassiste Félix Zurstrassen.


Nova
Félix Zurstrassen
Nelson Veras (g), Félix Zurstrassen (b) et Antoine Pierre (d), avec Ben Van Gelder (as).
Igloo Records – IGL311
Sortie le 7 juillet 2020

Très présent sur la scène belge aux côtés, entre autres, de Fabrizio Cassol, Stéphane Galland, LG Jazz Collective, Antoine Pierre Urbex… Felix Zurstrassen sort son premier disque en leader, Nova, publié chez Igloo Records en juillet 2020. Le bassiste joue en trio avec le guitariste Nelson Veras et le batteur Antoine Pierre. Il invite également le saxophoniste alto Ben Van Gelder sur quatre titres. 

Au programme de Nova, neuf compositions signées Zurstrassen et « April in Paris », le standard de Vernon Duke et Yip Harburg. Quant à l’enregistrement, il a été confié à l’incontournable Philippe Teissier du Cros. 

Le trio se base sur des thèmes aux parfums bop (« oMoioMo ») exposés à l’unisson (« Nova »), des airs mélodieux (« Songe d’Or ») ou tortueux (« Aurora »), parfois pimentés de bossa-nova (« April in Paris »). Avec un timbre plutôt velouté, Van Gelder passe de phrases sinueuses (« Songe d’Or »), legato (« Nova ») et nonchalantes comme sur la Côte Ouest (« Praha ») à des envolées nerveuses (« Songe d’Or »), voire free (« oMoioMo »). La guitare de Veras est un alliage subtil de tension et de douceur (« oMoioMo »), de lignes complexes et de décontraction (« Songe d’Or »), de lyrisme et de pulsation (« April in Paris »), portée par une sonorité cristalline (« Aka Star ») et chaleureuse (« oMoioMo »). Fidèle à lui-même, Pierre déploie une diversité de jeu exemplaire, dans un style plutôt énergique : démarrages abrupts (« Ymakre »), suivis de frappes puissantes et touffues (« Aka Star »), souvent groovy (« Nova »), toujours dansantes (« Praha ») et chaloupées (« April in Paris ») ; bruissements aériens (« Clair nocturne ») ou caresses légères des balais sur les peaux (« Songe d’Or ») ; chabada décomplexé (« Ymakre »)… De son côté, la basse de Zurstrassen ronronne (« Praha »), gronde (« Aka Star »), chante (« Catabaucalise »), s’ébroue discrètement (« April in Paris »), mais assure une carrure solide (« Aurora »).

Un beau son de groupe, des échanges intéressants et un swing efficace font de Nova une belle réussite. 

Liste des morceaux

01. « Aka Star » (4:23).
02. « Catabaucalise » (6:40).
03. « Aurora » (3:42).
04. « Songe d’Or » (6:35).
05. « Nova » (4:55).
06. « Praha » (6:34).
07. « Clair Nocturne » (2:37).
08. « April in Paris », Duke & Harburg (4:08).
09. « Ymakre » (4:29).
10. « oMoioMo » (6:26).

Tous les morceaux sont signés Zurstrassen, sauf indication contraire.


Cursiv
Igor Gehenot
Alex Tassel (bg), Igor Gehenot (p), Viktor Nyberg (b) et Jérôme Klein (d), avec David El-Malek (ts).
Igloo Records – IGL313
Sortie le 24 janvier 2020

Après Delta, publié en février 2017, Igor Gehenot est de retour sur disque : Cursiv sort en janvier 2020 chez Igloo Records avec le même quartet, composé d’Alex Tassel au bugle, Viktor Nyberg à la contrebasse et Jérôme Klein à la batterie. David El-Malek fait également partie de l’aventure sur cinq morceaux. 

Gehenot apporte six compositions, Tassel, deux, et le quartet reprend « I Remember Clifford » de Benny Golson.

Entre le joli « The Faith », l’élégant et mélancolique « Julia », le moderne « Hopeful » ou les joyeux « Cursiv » et « Fat Cat », il est clair que Gehenot et Tassel possèdent une belle plume ! La sonorité à la fois brillante et moelleuse du bugle (« Yaï ») met en relief le lyrisme de Tassel (« The Faith »), mais aussi ses lignes aériennes (« Cursiv »), toutes en douceur (« Julia ») et d’une délicatesse très « Bakerienne » (« I Remember Clifford »). El-Malek est aussi à l’aise dans le registre raffiné du bugle (« Julia ») que dans un univers bop (« Fat Cat »), et se montre d’une souplesse à toute épreuve (« Hopeful »). Si Nyberg fait preuve de fluidité (« Cursiv »), avec une tendance au minimalisme (« Julia »), des shuffle (« Hopeful ») et des passages en walking (« Yaï ») pimentent son discours, et son jeu à l’archet est convaincant (« Julia »). La batterie de Klein danse (« Fat Cat »), avec des envolées déchaînées (« Cursiv ») et des chabada entraînants (« Yaï »), tout en démontrant beaucoup de subtilité aux balais (« I Remember Clifford ») et une capacité à calmer le jeu, par des frottements discrets (« Little Boy »), des frémissements légers (« Julia ») ou un bruissement touffu (« Hopeful). Gehenot ne tire jamais la couverture à lui et se met au service de son quartet : lignes d’accords bien senties (« The Faith »), jeu dans les cordes (« Cursiv »), ostinato (« Litlle Boy »)… soutiennent les solistes. Ses développements, vifs, reposent sur des phrases denses (« Hopeful »), des motifs allègres (« Fat Cat ») et des phrasés bop (« Yaï »), mais toujours avec un zeste de lyrisme en filigrane (« Julia »). 

Avec Cursiv, Gehenot poursuit sur la lancée de ses précédents opus : des mélodies soignées, une pulsation solide et des interactions habiles. 

Liste des morceaux

01. « The Faith », Tassel (3:54).
02. « Cursiv » (5:18).
03. « Little Boy » (4:23).
04. « Hopeful » (3:56).
05. « Fat Cat » (4:37).
06. « Julia » (3:26).
07. « Yaï », Tassel (3:55).
08. « I Remember Clifford », Golson (5:37).
09. « Julia » (4:04). 

Tous les morceaux sont signés Gehenot, sauf indication contraire.


The Optimist
Toine Thys Trio
Toine Thys (ts, ss, bcl), Hervé Samb (g), Sam Yahel (org) et Karl Jannuska (perc).
Igloo Records – IGL304
Sortie le 1er février 2019

Habitué d’Igloo Records, soit avec son propre trio, soit au sein de l’Antoine Pierre Urbex, Toine Thys sort un troisième opus sous son nom en février 2019. Pour The Optimist, Thys s’entoure d’un nouveau trio avec Hervé Samb à la guitare, Sam Yahel à l’orgue Hammond et Karl Jannuska à la batterie.

Thys a composé les neuf morceaux et dédie « Cosmic Wassyl » au chanteur lyrique ukrainien Wassyl Slipak, tué en Ukraine en 2016 par un snipper, alors qu’il combattait dans la guerre du Donbass au sein des bataillons du parti ultranationaliste Secteur Droit.

The Optimist s’ouvre sur une berceuse dédiée à un département du Burkina Faso : « Lullaby of Gounghin ». La clarinette basse introduit avec élégance la jolie mélodie sur les cliquetis entraînants de la batterie, puis les accords étouffés de l’orgue Hammond. Quand la guitare entre en jeu, son phrasé saccadé et sa sonorité cristalline évoquent une kora et donnent une pâte résolument africaine au morceau. Dans « Tête brûlée », Jannuska part sur un rythme haletant, soutenu par les nappes d’accords de Yahel et un riff de rumba congolaise répété par Samb. Dans cette ambiance trépidante, Thys expose un thème-riff dansant et son développement s’inscrit dans la lignée de Sonny Rollins. Le « Samuraï » bondit, porté par une batterie qui en met partout avec une précision diabolique, un orgue funky et un saxophone ténor qui tourne autour d’un motif chaloupé. Le morceau-titre lorgne vers l’Amérique du sud : percussions aux accents latins, vibratos de l’orgue, mélodie sinueuse et nonchalante au ténor et riff de la clarinette basse en re-recording… Thys et ses acolytes privilégient l’équipe sur l’individu et la structure des morceaux s’apparente souvent à celle d’une chanson avec son refrain et ses couplets, parsemés de solos. C’est le cas dans « Whartog » (phacochère en anglais) : sur une pulsation funky puissante et les accords de Samb dans un style reggae, Thys se balance en souplesse, puis la guitare prend un solo fluide, dans une veine jazz-rock, avec des traits véloces. Comme il se doit, « Cosmic Wassyl » est une ode nostalgique, magnifiée par la sonorité grave et profonde de la clarinette basse, les accords aériens de l’orgue, les phrases solennelles de la guitare acoustique et les cymbales en suspension. Dans une deuxième partie, le morceau s’envole sous l’impulsion du saxophone soprano et des frappes pleine d’emphase de la batterie. Retour à un funk dansant dans « Bravo » : drumming heurté, boucles rythmiques de la guitare, orgue churchy et mélodie soignée au ténor. La suite du morceau vire au rock noisy, avec un chorus de Samb aux accents bluesy et des effets de guitar hero, avant de se conclure sur un final enflammé par les roulements furibonds de Jannuska. Les lignes majestueuses de Thys et de Yahel s’entrecroisent dans « Bowing #1 » et évoquent un spiritual.

The Optimist relève le défi de faire danser en évitant l’écueil de la facilité. La musique de Thys pétille du début à la fin !

Liste des morceaux

01. « Lullaby of Gounghin » (5:19).
02. « Tête Brûlée » (6:35).
03. « Samuraï » (5:38).
04. « The Optimist » (6:26).
05. « Masks and feathers » (6:04).
06. « Warthog » (6:42).
07. « Cosmic Wassyl » (5:16).
08. « Bravo » (5:46).
09. « Bowing #1 » (2:52).

Tous les morceaux sont signés Thys.


Sweet Tension
Julien Tassin
Julien Tassin (g), Nicolas Thys (b) et Dré Pallemaerts (d).
Igloo Records – IGL291
Sortie le 7 septembre 2018

Sweet Tension est le premier album en leader de Julien Tassin. Il sort en septembre 2018 chez Igloo Records. Le guitariste signe les dix titres du disque et s’entoure de Nicolas Thys à la contrebasse et Dré Pallemaerts à la batterie.

Sweet Tension démarre sur un « Working Class » bluesy avec un riff de la guitare, une ligne grave et boisée de la contrebasse et des frappes profondes de la batterie. Tassin prend son temps pour développer le thème en accentuant les touches bluesy avec des effets électro dirty. Sous les coups de boutoir de Pallemaerts, « Escape » s’aventure en territoire rock et Tassin en profite pour prendre des traverses expérimentales. Dans « Ghost Town », Thys et Pallemaerts plantent un rythme régulier et entraînant, toujours rock, mais avec des traces de country, qui permet à Tassin de rester dans une veine rock alternatif. Après une exposition a capella par la guitare, « Housewives » décolle, entre blues et rock, porté par une batterie touffue et une contrebasse minimaliste, tandis que la guitare s’envole rapidement dans des phrases musclées et débridées. Rythmique puissante et sonorité sale de Tassin pour « Le Blues » qui, après un chorus mélodieux de Thys, débouche sur une deuxième partie avant-gardiste. C’est plutôt au noise rock que « Last Call from The Factory » fait référence : rythmique imposante et inamovible pour soutenir les délires de la guitare. Changement de décor avec « Green Lady », qui s’étire langoureusement entre le minimalisme de Thys, les cymbales frémissantes de Pallemaert et les lignes éthérées de Tassin. Le naturel revient au galop dans « Dance » : poussé par une batterie foisonnante et une contrebasse sourde, la guitare part dans un esprit rock progressif avec des effets électro et fait monter la tension jusqu’au délire collectif final. « George Harrison » – en hommage au guitariste-chanteur des Beatles – est une ballade tranquille et mélodieuse. Quant à « Sweet Tension », qui clôt l’album éponyme, il combine une ambiance bluesy avec un son saturé, des traits crados, une rythmique vigoureuse… et une atmosphère planante et spatiale.

Dans Sweet Tension, Tassin et ses compères proposent un rock alternatif bluesy teinté de jazz qui dépote !

Liste des morceaux

01. « Working Class » (3:59).
02. « Escape » (5:23).
03. « Ghost Town » (5:20).
04. « Housewives » (5:15).
05. « Le Blues » (5:54).
06. « Last Call from The Factory » (7:46).
07. « Green Lady » (3:58).
08. « Dance » (3:57).
09. « George Harrison » (3:26).
10. « Sweet Tension » (4:00).

Tous les morceaux sont signés Tassin, sauf indication contraire.


Manifesto
Jeff Herr Corporation
Maxim Bender (sax), Laurent Payfert (b) et Jeff Herr (d), avec Adam Rogers (g).
Igloo Records – IGL289
Sortie le 1er novembre 2017

Voilà plus d’une quinzaine d’années que la Jeff Herr Corporation écume les scènes du jazz. Le trio a publié Layer Cake en 2014 chez Igloo Records et récidive en novembre 2017 avec Manifesto.

Le batteur est toujours accompagné par le saxophoniste Maxim Bender et le contrebassiste Laurent Payfert. Les trois musiciens invitent le guitariste Adam Rogers sur trois titres et la chanteuse Lata Gouveia pour « Same Girl », chanson signée Randy Newman. « Merry-Go-Round » est une création collective, tandis que les six autres morceaux sont tous signés Herr.

Les thèmes proposés par Herr sont variés : des riffs (« Love Charlatan »), avec un soupçon d’accents moyen-orientaux (« Steam Driven »), une sorte de comptine (« on My Own ») et des mélodies modernes (« Resistance ») aux intonations funky (« Manifesto »). Les développements – en particulier dans les morceaux les plus longs (« On My Own », « Moon Glow ») – reposent sur plusieurs tableaux qui jouent sur les nuances sonores et rythmiques, en alternant des ambiances free bop, funk, rock… Si Bender s’appuie sur la sonorité ronde du ténor pour bourdonner (« On My Own ») et dérouler des phrases soyeuses (« Love Charlatan »), voire majestueuses (« Same Girl »), au soprano il passe d’un discours planant (« Merry-Go-Round ») à un duo free avec la contrebasse (« Moon Glow »). La contrebasse de Payfert est constamment séduisante : il saute d’un riff mainstream (« Streal Driven ») à une ligne groovy (« Manifesto »), en passant par des motifs sourds (« On My Own ») et minimalistes (« Resistance »), une pédale épaisse (« Love Charlatan »), des traits d’archet sombres (« Same Girl ») ou des formules légères et souples (« Moon Glow »). Herr n’est pas en reste : il jongle avec un cliquetis aérien (« Stream Driven »), des coups mats et puissants (« Resistance »), une sonorité sèche (« On My Own »), un frémissement subtil (« Same Girl »), des frappes en finesse (« Merry-Go-Round »), un foisonnement (« Moon Glow »), un carillon ou un battement rock (« Love Charlatan »), et son sens du groove fait monter la tension (« Manifesto »). Si Rogers se montre plutôt doux (« On My Own ») et poétique (« Moon Glow »), cela ne l’empêche pas de se lancer dans des développements véloces (« Manifesto ») et entraînants (« On My Own »). Après une introduction solennelle en spoken words, Gouveia interprète « Same Girl » dans une veine rock alternatif.

Jeff Herr Corporation brouille les pistes en mixant des éléments rock-funk, des ingrédients mainstream et des improvisations free : Manifesto est un disque dynamique et malin !

Liste des morceaux

01. « Steam Driven » (7:34).
02. « On My Own » (12:07). 
03. « Resistance » (5:50).
04. « Merry-Go-Round », Jeff Herr Corporation (2:07).
05. « Love Charlatan » (6:04).
06. « Same Girl », Newman (4:20).
07. « Moon Glow » (10:56).
08. « Manifesto » (7:27).

Tous les morceaux sont signés Jeff Herr Corporation, sauf indication contraire.

22 juillet 2020

Les grilles de Bob... Juillet 2020



Horizontal
A. Le chat dans Pierre et le loup.
B. Hélène Breschand les aime beaucoup.
  Apocope d'un genre musical précurseur du jazz.
C. Chœur lusitanien.
D. Surnom d'un fameux trompettiste.
E. Il y en a sept et le jazz en fait partie.
Capable.
F.  Son nom termine par un don.
Label d'un groupe de hip-hop français.
G. Office de coopération radiophonique.
C'est là la question.
H. Trois pianistes.
Joseph Ferdinand La Menthe.
I. Les confédérés appelaient ainsi les inventeurs du jazz.
Trio scandinave.
J. Initiales d'un colosse.
Martenot les a domptées.

Vertical
1. Gentilé d'une ville américaine très free.
2. Un diapason le donne.
Musicien cousin des jazzmen.
3. Satchmo.
4. Initiales du frère de Bud.
Sans atout, c'est le plus fort.
Initiales d'un saxophoniste italien.
5. Id est.
Gospel traditionnel.
6. Initiales de l'auteur de The Jazz Makers.
Zahia Ziouani en est la cheffe d'orchestre.
7. Straight No…
8. Instruments favori d'Armstrong.
9. Pour lire l'avenir.
Mesure de la qualité d'une antenne.
10. A trop en avoir, on ne laisse plus de place aux autres.
Tubes dans une enceinte.

Pour plus de confort, copiez la grille dans un tableur.


17 juillet 2020

Dreaming drums

Dreaming drums
Le monde des batteurs de jazz

Christian Ducasse et Franck Médioni
Editions Parenthèses – Collection : Photographies
Sorti en 2018

Christian Ducasse et Franck Médioni ont déjà publié ensemble John Coltrane, 80 Musiciens témoignent et Miles Davis, 80 musiciens témoignent chez Acte Sud. Les deux compères se retrouvent pour Dreaming Drums – Le monde des batteurs de jazz, publié en 2018 dans la collection Photographies des Editions Parenthèses.

Depuis le début des années quatre-vingt les photos de Ducasse figurent en bonnes pages dans la plupart des magazines de jazz, illustrent maintes pochettes de disques ou livres et tournent dans de nombreuses expositions. Quant à Médioni, avec ses entretiens, ses ouvrages accompagnés d’œuvres signées Pierre Alechinsky ou Gérard Titus-Calmel, ses biographies et autres anthologies, il contribue inlassablement à la promotion du jazz !

Dreaming drums est un beau livre de cent-trente-deux pages, d’un format agréable (22,5 x 24 cm). Les cent-vingt photos en noir et blanc de Ducasse sont le plus souvent disposées sous forme de portfolios, séparés par les textes de Médioni. Sur une colonne, avec des marges asymétriques, parfois agrémentées de citations, la mise en page des textes est d’autant plus aérée et vivante que la police de caractères est grande et varie en fonction des titres et extraits. L’agencement des photos, volontairement irrégulier, évoque un album et donne également du rythme à la présentation du livre. Par souci esthétique, les auteurs ont pris le parti de mettre les légendes des photos à la fin du livre, plutôt que de les placer à côté des clichés. A moins d’être familier avec les batteurs, le lecteur devra donc faire des allers-retours.

Jacques Réda signe une préface dans son style un peu alambiqué, mélange de philosophie, littérature et poésie. C’est peut-être ce qui rend ses idées parfois légèrement ambiguës, à l’instar des deux premières phrases : « qui reprocherait à Christian Ducasse de n’avoir jamais photographié des batteurs dont beaucoup, sans doute, avaient déjà disparu avant sa venue au monde ? Les textes de Franck Médioni compensent d’ailleurs largement les lacunes inévitables de l’image. »

Dans son avant-propos, Ducasse revient sur sa découverte du jazz et la place du photographe par rapport « aux esprits frappeurs » (Bernard Lubat).

Médioni intitule son essai « De rêves en rythmes… », élégante interprétation du titre anglais du livre. Son écriture, dynamique, entre poésie en prose et littérature, alterne phrases courtes, expressions sans verbe, successions de noms ou d’adjectifs… et s’enflamme volontiers pour partir dans un lyrisme dithyrambique, voire onirique. Il parsème son texte de multiples citations puisées aussi bien chez les musiciens que les poètes, peintres, philosophes, écrivains… Pour rappeler la pulsation jazz, il balise ça-et-là son texte avec l’onomatopée « Ting, ti-gui-ding, ti-gui-ding ».

L’auteur survole l’histoire de la batterie, un peu comme s’il s’agissait d’un conte. Il revient sur l’Antiquité, la Genèse, le jazz New-Orleans… Il rappelle le rôle de Remo qui, en 1957, introduit les peaux synthétiques, plus faciles à accorder, mais aussi que Zildjian fabrique des cymbales depuis 1623, en gardant toujours secret la composition de ses alliages ! Médioni mentionne également d’autres dates clés dans l’évolution de la batterie, comme la pédale de grosse caisse développée par les frères Ludwig en 1910 ou la charleston, introduite en 1926 soit par Kaiser Marshall, soit par George Stafford, selon les sources. Et de conclure par une citation de George Braque : « qui écoute le tambour, entend le silence » (Le jour et la nuit). Médioni continue de raconter la batterie en intercalant des anecdotes comme celle de Papa Jones qui jette une cymbale au pieds de Charlie Parker pour lui dire d’apprendre à jouer avant de se lancer dans une jam session ! Ou l’histoire de Lester Young qui aurait choisi le saxophone plutôt que la batterie, trop longue à ranger quand, à la fin d’un concert, il voulait aller flirter… Médioni s’intéresse également à la tension-détente, aux solos de batterie (« … jouer chaque concert comme si c’était le premier, pas le dernier, jouer comme jouerait un enfant... » – Han Bennink) et, bien sûr, aux rythmes – « Impulsion, pulsation, scansions » – avec les interventions d’Igor Stravinsky et de Jean Cocteau…

Au milieu de son récit sur la batterie, Médioni glisse les portraits élogieux de plusieurs batteurs, saisis par l’appareil photo de Ducasse : l’acupuncteur et herboriste Milford Graves en pleine action, dans une pose improbable ; Roy Haynes, « Mister Drums, la plus grande oreille de la batterie jazz » (Stan Getz) ; Elvin Jones, avec cette constatation de Gérard de Nerval « un mystère d’amour dans le métal repose » ; Jack DeJohnette et la complicité entre contrebasse et batterie ; Paul Motian avec des citations laudatrices d’Aldo Romano, Fabrice Moreau, Stéphan Oliva, Jean-Marc Padovani... ; Antonio Sanchez et la musique du film Birdman, d’Alejandro González Iñárritu ; Max Roach qui déclare que « sans le racisme, sans l’esclavage, pas de jazz » ; Kenny Clarke, « Klook », le cha-bada et l’émancipation des cymbales…

Médioni conclut son périple par un poème en prose : « Dans l’impatience de son achèvement, cette pulsation langage-tangage n’en finit pas de finir ».

Ducasse alterne photographies posées et prises sur le vif. Les cadrages sont variés, avec une prédominance de bustes. Plusieurs photos se concentrent sur la batterie, avec une mise en scène dans laquelle la tête du batteur, à moitié coupée, est placée dans le tiers supérieur droit tandis que l’instrument occupe tout l’arrière-plan (Donald Kontomanou, Justin Brown, Justin Faulkner, Fabrice Moreau, Jeff Ballard, Billy Hart…). D’autres instantanés se concentrent sur le visage du musicien, encadré par la batterie, brillante et floue (Max Roach, Paul Motian, Al Foster…). D’ailleurs, pour rendre les mouvements, Ducasse n’hésite pas à laisser des flous, comme Roy Haynes partiellement masqué par ses baguettes, Edward Perraud la tête en arrière, Fred Pasqua prenant des baguettes…

Le photographe saisit les expressions avec un bel à-propos : les grimaces d’Ari Hoenig, Antoine Paganotti et Lionel Hampton, le sourire d’Hamid Drake et d’Al Foster, les rires de Mourad Benhammou et Dave King, la concentration extatique d’Eric Harland et de Nasheet Waits, le cri de Sunny Murray, la jubilation de Muhammad Ali en quatre clichés pleine page, la fougue d’Elvin Jones en six vignettes… Certaines séries sont amusantes, comme Simon Goubert, Jim Black, Albert « Tootie » Heath… saisis avec une baguette dans la machoire, comme des pirates et leurs couteaux. Même quand les musiciens posent, Ducasse réussit à les rendre presque naturels : l’attendrissement de Cindy Blackman devant son chat ; Art Blakey avec la famille d’Al Levitt ; Daniel Humair, Ahmad Compaoré, Chris Dave, Eric Echampard… qui exhibent leurs deux baguettes.

Dreaming Drums – Le monde des batteurs de jazz est un véritable éloge que rendent Ducasse et Médioni aux batteurs et à la batterie. Les photos expressives et les textes enflammés reflètent un enthousiasme communicatif !