| Hasse Poulsen © PLM |
La
musique
J’ai
découvert le jazz quand j’étais enfant : mon oncle jouait de
la guitare et me donnait des vinyles de Fats Waller, Jelly
Roll Morton ou
des
Hot Five de Louis Armstrong. J'avais joué
du violon pendant cinq ans, mais ça ne m'intéressait pas du tout !
À treize ans je me suis acheté une guitare et à partir de ce
jour-là je me suis mis à jouer tout le temps… J’ai eu beaucoup
de professeurs : Tom Bailey pour la chanson, Christian
Sievert pour le flamenco, Karsten Houmark pour le jazz
contemporain… Ensuite j’ai étudié un an au Berklee College of
Music, puis passé le diplôme du Conservatoire National des Musiques Improvisées Rythmiques à Copenhague et travaillé deux ans la composition
avec Bent Sørensen. À vingt-cinq ans, je ne voulais plus
qu'on me dise ce que je devais faire… Par la suite la découvertes
des musiques d’Arnold Schoenberg et de
Derek Bailey m'a libéré de l’emprise de cinq guitaristes
incroyables : John Abercrombie, Pat Metheny,
Mike Stern, avec qui j'ai pris une leçon, Bill
Frisell et John Scofield…
Cela
dit j’ai été influencé par tellement de musiciens ! Les
cinq grands que je viens de citer, bien sûr, mais aussi
Joe Pass, Ed Bickert, Fred Frith, AMM,
Bob Dylan, les Beatles, Paul Simon, Paquito
d'Rivera, György Ligeti, Conlon Nancarrow,
Per Nørgård,
Pelle Gudmundsen-Holmgreen. John Coltrane,
Miles Davis, Duke Ellington, Archie
Shepp (Horace Parlan était mon prof au conservatoire...),
Big Bill Broonzy, Cornelis Vreeswik,
Jacques Brel, Roof & Four Walls, Louis Sclavis,
bien sûr, Joëlle Léandre, Butch Lacy et peut-être
près de dix mille autres !
Cinq
clés pour le jazz
Qu’est-ce
que le jazz ? Le mot jazz peut être vu sur deux niveaux :
d'abord c'est un style de musique avec des éléments identifiable
(improvisation, instrumentation etc.), mais c’est aussi une
culture : un espace où chaque musicien peut suivre et
développer ses propres techniques, esthétiques et intuitions, un
espace où l'on existe seulement quand on développe son propre
langage. Quand on dit « je joue du jazz », on joue
du jazz !
Pourquoi
la passion du jazz ? Ça m'a touché... Non : le Jazz
m'a frappé !
Où
écouter du jazz ?
Debout, assis, couché.
Concentré.
En
rêvant...
Comment
découvrir le jazz ? Il faut suivre les recommandations des
amoureux du jazz.
Une
anecdote autour du jazz ? Seulement une ? Ce n’est
pas sérieux !
Bon, alors lors d'un concert d’Art Blakey
et des Jazz Messengers en 1984, Blakey a répété plusieurs fois :
« support the industry: buy a record every month! »
Autre anecdote
: lors d'un concert en duo de Joe Pass et Niels-Henning
Ørsted-Pedersen, Niels-Henning
commence à jouer des accords sur sa contrebasse et là – j'était
assis tout devant – j'entends Joe murmurer : « Now
we both need a bass player »…
Le
portrait chinois
Si
j’étais un animal, je serais un canard,
Si
j’étais une fleur, je serais une anémone,
Si
j’étais un fruit, je serais mûr,
Si
j’étais une boisson, je serais forte,
Si
j’étais un plat, je serais gratuit,
Si
j’étais une lettre, je serais sans destinataire précis,
Si
j’étais un mot, je serais un alphabet,
Si
j’étais un chiffre, je serais 12,
Si
j’étais une couleur, je serais gris,
Si
j’étais une note, je serais très longue...
Les
bonheurs et regrets musicaux
Ma
plus belle réussite musicale est de toujours découvrir de
nouveaux univers sonores. Quant à mon plus grand regret, c’est de
ne pas pouvoir écouter des enregistrements avec Johann Sebastian
Bach aux claviers et ne pas pouvoir dire à John
Coltrane à quel point il a enrichi ma vie...
Sur
l’île déserte…
Quels
disques ? Tous.
Quels
livres ? Le Loup-Garou
d'Aksel
Sandemose.
Quels
films ? All That Jazz,
Singing In The Rain, Mephisto,
Cabaret, Picassos äventyr et A Clockwork
Orange.
Quelles
peintures ? Non, mais !
Les
projets
Écrire
de la musique inouïe et la jouer avec des super musiciens… Et
faire comprendre aux « dirichiants » politiques ce qu'est
l'art et la culture ! Mais aussi de créer un marché pour la
musique, maintenant que le streaming l'a rendu gratuite…
Trois
vœux…
Paix
Passion
Tolérance
