Depuis plus d'une dizaine d'années Dadèf Quartet creuse son sillon
au beau milieu du jazz et des musiques du monde. Monté par le
violoniste et joueur de kamençe Raphaël Sibertin-Blanc,
Dadèf Quartet rassemble Simon Charrier aux clarinettes,
Guillaume Gendre à la contrebasse et Carsten
Weinmann à la batterie. Après Labyrinthe en 2016 et
Sonnerie en 2019, Dadèf Quartet publie Ephémère, son
troisième opus, le 30 janvier 2026 sur le label de l'association
Concertons!, Dadson.
Ephémère
n'est pas qu'un instant qui passe rapidement, mais aussi une petite
libellule qui ne vit qu'un jour, au plus... C'est ce qu'illustre la
pochette du disque imaginée, comme les deux précédentes, par Alem
Alquier. Au programme d'Ephémère, dix morceaux composés
par Sibertin-Blanc.
La
première caractéristique marquante du Dadèf Quartet c'est sa
sonorité. Ses constructions sonores sont harmonieuses grâce aux
associations subtiles du son acidulé et parfois tremblant du kamençe
ou brillant du violon, avec le timbre droit et ferme de la clarinette
ou velouté et feutré de la clarinette basse, les intonations
boisées et rondes de la contrebasse et le ton vif et aéré de la
batterie. D'une gigue (« Place imaginaire ») à un air mélancolique
(« Hivernal ») ou alangui (« Zéphyr »), de thèmes-riff teintés
de Balkans (« Nœud d'écoute
») à un chant baroque (« Elpida »), ou de ritournelles
folkloriques (« Brise ») à des litanies fragiles (« Ephémère
part I »), les mélodies d'Ephémère sont soignées, comme
dans les deux précédents opus. Les rythmes sont souples (« Place
imaginaire »), sautillants (« Elpida »), toujours enlevés («
Réveil »), avec une pulsation affermie (« Brise »). Aux pédales
lancinantes (« Ephémère part I »), riffs entraînants (« Sous la
douche »), walking (« Ephémère part II ») et contrepoints
chantants (10) de la contrebasse, répondent les poly-rythmes
ingénieux (« Réveil »), cliquetis (« Brise ») ou crépitements
(« Sous la douche »), splash solennels (« Ephémère part I ») et
mailloches majestueuses (« Zéphyr ») de la batterie. Dadèf
Quartet privilégie les mouvements d'ensemble et l'architecture des
morceaux ne s'inscrit pas souvent dans la structure thème - solos -
thème. Des duos élégants entre clarinette et kamençe (« Place
imaginaire ») ou des questions-réponses chatoyantes entre
clarinette et violon (« Elpida »), laissent place à des
contrepoints délicats entre clarinette basse, violon et contrebasse
(« Ephémère part II »), des croisements de voix raffinés («
Zéphyr ») ou un entrelacs de boucles véloces (« Sous la douche
»). Les ambiances sont multiples, même au sein d'un morceau :
couleurs moyenâgeuses (« Place imaginaire »), teintes baroques («
Elpida ») et accents moyen-orientaux (« Sous la douche ») côtoient
minimalisme (« Sous la douche »), figuralisme (« Hivernal ») et
folklore (« Nœud d'écoute
»), toujours portés par une rythmique jazz.
Riche, lumineuse et
dansante, la musique du Dadèf Quartet continue d'être un élixir de
joie tout sauf éphémère !
Le disque
Ephémère
Dadèf Quartet
Raphaël
Sibertin-Blanc (vl, kemençe), Simon Charrier (cl, bcl), Guillaume
Gendre (b) et Carsten Weinmann (d).
Concertons - DADSON
02
Sortie le 30 janvier
2026
Liste des morceaux
01. « Place
imaginaire » (05:19).
02. « Réveil »
(04:28).
03. « Brise »
(06:03).
04. « Zéphyr »
(04:03).
05. « Hivernal »
(06:31).
06. « Elpida »
(05:52).
07. « Ephémère
part I » (02:36).
08. « Ephémère
part II » (04:04).
09. « Sous la
douche » (07:16).
10. « Nœud
d'écoute » (04:43).
Toutes les
compositions sont signées Sibertin-Blanc.
