21 janvier 2026

Ephémère - Dadèf Quartet

Depuis plus d'une dizaine d'années Dadèf Quartet creuse son sillon au beau milieu du jazz et des musiques du monde. Monté par le violoniste et joueur de kamençe Raphaël Sibertin-Blanc, Dadèf Quartet rassemble Simon Charrier aux clarinettes, Guillaume Gendre à la contrebasse et Carsten Weinmann à la batterie. Après Labyrinthe en 2016 et Sonnerie en 2019, Dadèf Quartet publie Ephémère, son troisième opus, le 30 janvier 2026 sur le label de l'association Concertons!, Dadson.

Ephémère n'est pas qu'un instant qui passe rapidement, mais aussi une petite libellule qui ne vit qu'un jour, au plus... C'est ce qu'illustre la pochette du disque imaginée, comme les deux précédentes, par Alem Alquier. Au programme d'Ephémère, dix morceaux composés par Sibertin-Blanc.

La première caractéristique marquante du Dadèf Quartet c'est sa sonorité. Ses constructions sonores sont harmonieuses grâce aux associations subtiles du son acidulé et parfois tremblant du kamençe ou brillant du violon, avec le timbre droit et ferme de la clarinette ou velouté et feutré de la clarinette basse, les intonations boisées et rondes de la contrebasse et le ton vif et aéré de la batterie. D'une gigue (« Place imaginaire ») à un air mélancolique (« Hivernal ») ou alangui (« Zéphyr »), de thèmes-riff teintés de Balkans (« Nœud d'écoute ») à un chant baroque (« Elpida »), ou de ritournelles folkloriques (« Brise ») à des litanies fragiles (« Ephémère part I »), les mélodies d'Ephémère sont soignées, comme dans les deux précédents opus. Les rythmes sont souples (« Place imaginaire »), sautillants (« Elpida »), toujours enlevés (« Réveil »), avec une pulsation affermie (« Brise »). Aux pédales lancinantes (« Ephémère part I »), riffs entraînants (« Sous la douche »), walking (« Ephémère part II ») et contrepoints chantants (10) de la contrebasse, répondent les poly-rythmes ingénieux (« Réveil »), cliquetis (« Brise ») ou crépitements (« Sous la douche »), splash solennels (« Ephémère part I ») et mailloches majestueuses (« Zéphyr ») de la batterie. Dadèf Quartet privilégie les mouvements d'ensemble et l'architecture des morceaux ne s'inscrit pas souvent dans la structure thème - solos - thème. Des duos élégants entre clarinette et kamençe (« Place imaginaire ») ou des questions-réponses chatoyantes entre clarinette et violon (« Elpida »), laissent place à des contrepoints délicats entre clarinette basse, violon et contrebasse (« Ephémère part II »), des croisements de voix raffinés (« Zéphyr ») ou un entrelacs de boucles véloces (« Sous la douche »). Les ambiances sont multiples, même au sein d'un morceau : couleurs moyenâgeuses (« Place imaginaire »), teintes baroques (« Elpida ») et accents moyen-orientaux (« Sous la douche ») côtoient minimalisme (« Sous la douche »), figuralisme (« Hivernal ») et folklore (« Nœud d'écoute »), toujours portés par une rythmique jazz.

Riche, lumineuse et dansante, la musique du Dadèf Quartet continue d'être un élixir de joie tout sauf éphémère !

Le disque

Ephémère
Dadèf Quartet
Raphaël Sibertin-Blanc (vl, kemençe), Simon Charrier (cl, bcl), Guillaume Gendre (b) et Carsten Weinmann (d).
Concertons - DADSON 02
Sortie le 30 janvier 2026

Liste des morceaux

01. « Place imaginaire » (05:19).
02. « Réveil » (04:28).
03. « Brise » (06:03).
04. « Zéphyr » (04:03).
05. « Hivernal » (06:31).
06. « Elpida » (05:52).
07. « Ephémère part I » (02:36).
08. « Ephémère part II » (04:04).
09. « Sous la douche » (07:16).
10. « Nœud d'écoute » (04:43).

Toutes les compositions sont signées Sibertin-Blanc.