11 septembre 2026

Arnaud Roulin apaise l'Ermitage...

Le 2 septembre, au Studio de l'Ermitage, dans le cadre du festival Jazz à La Vilette, Under The Radar propose un concert d'Arnaud Roulin. L'occasion également de célébrer la sortie de Voyage pentatonique, publié le 28 août sur le label Lying Lions Productions, créé par Thomas de Pourquery.

Roulin s'est d'abord fait un nom comme claviériste du groupe de rock Poni Hoax, monté en 2001 par Laurent Bardaine, avec Nicolas Villebrun à la guitare, Vincent Taeger à la batterie et Nicolas Ker au chant. Roulin a aussi accompagné, entre autres, Catherine Ringer, Alain Souchon, Camélia Jordana, Koudlam, Jeanne Added et fait partie du Supersonic de Pourquery.

Après Massages For Piano (Roulin est également kinésithérapeute...), sorti en 2023, Voyage pentatonique est le deuxième disque en solo de Roulin. Pour le concert, Villebrun est aux machines électroniques. Le programme reprend le répertoire de Voyage pentatonique sans pause entre les morceaux.

Arnaud Roulin - Studio de l'Ermitage - 2 septembre 2026 © PLM

Les lumières de l'Ermitage s'éteignent, des vagues d'ostinatos crépitants déferlent à plein volume : Roulin et Villebrun font leur entrée... La bien nommée « Musique de bienvenue » ouvre le set : un thème lyrique, parsemé d'arpèges ascendants à l'octave, s'étire langoureusement sur un décor électro de basse et de section de cordes à l'unisson. Toujours sur un tempo calme, « Voyage Pentatonique 1 » se déroule avec une alternance de phrasés staccato et legato cristallins, soutenus par des sons éthérées, dans une ambiance quasiment romantique. Roulin enchaîne sans transitions le deuxième « Voyage Pentatonique ». Un ostinato sourd et lancinant accompagne une ritournelle ponctuée de lignes arpégées. « Pianorgasme 1 » est une mélodie délicate que Roulin agrémente d'ornements et d'une légère réverbération. Dans « Pianorgasme 2 », une nappe d'accords d'orgue aérien plane sur les développements alanguis du piano, émaillés de trémolos et autres inflexions. Une série d'arpèges électro brillants, soulignée par une basse mate, servent d'arrière-plan à « Vertigo », thème méditatif illustré par un jeu minimaliste du piano, qui entrecroise sa voix avec celle des synthétiseurs. Après une introduction rêveuse de Roulin a capela, Villebrun mixe un mouvement de basse, un orgue vaporeux et le motif mélodique fluide de « Source », repris à contre-chant par le piano, avant un exposé enluminé et jalonné de silences. La soirée se conclut sur « Encontro Das Aguas ». Après des couinements et bruitages électro, un riff dansant proche d'une fanfare latino, le piano joue d'abord un air entraînant sur un tempo medium, puis, dans un deuxième mouvement, il ralentit le rythme et se fait plus mélancolique. Après avoir joué des phrases puissantes et foisonnantes, le piano termine par des miniatures délicates sur un fond sonore spatial. La soirée s'achève sur un bref rappel a capela de Roulin.

Le Voyage pentatonique de Roulin mêle acoustique et électro dans un cocktail ambient tranquille et contemplatif.