Le 2 septembre, au Studio de l'Ermitage, dans le cadre du festival
Jazz à La Vilette, Under The Radar propose un concert d'Arnaud
Roulin. L'occasion également de célébrer la sortie de Voyage
pentatonique, publié le 28 août sur le label Lying Lions
Productions, créé par Thomas de Pourquery.
Roulin
s'est d'abord fait un nom comme claviériste du groupe de rock Poni
Hoax, monté en 2001 par Laurent Bardaine, avec Nicolas
Villebrun à la guitare, Vincent Taeger à la batterie et
Nicolas Ker au chant. Roulin a aussi accompagné, entre
autres, Catherine Ringer, Alain Souchon, Camélia
Jordana, Koudlam, Jeanne Added et fait partie du
Supersonic de Pourquery.
Après
Massages For Piano (Roulin est également
kinésithérapeute...), sorti en 2023, Voyage pentatonique est
le deuxième disque en solo de Roulin. Pour le concert, Villebrun est
aux machines électroniques. Le programme reprend le répertoire de
Voyage pentatonique sans pause entre les morceaux.
Les
lumières de l'Ermitage s'éteignent, des vagues d'ostinatos
crépitants déferlent à plein volume : Roulin et Villebrun font
leur entrée... La bien nommée «
Musique de bienvenue »
ouvre le set :
un
thème lyrique,
parsemé
d'arpèges ascendants à l'octave,
s'étire langoureusement sur un décor électro de basse et de
section de cordes à
l'unisson. Toujours sur un tempo calme, «
Voyage Pentatonique 1
» se déroule avec une
alternance de phrasés staccato et legato cristallins, soutenus par
des sons éthérées, dans une ambiance quasiment romantique. Roulin
enchaîne sans transitions le deuxième «
Voyage Pentatonique ».
Un ostinato sourd et lancinant accompagne une ritournelle ponctuée
de lignes arpégées. «
Pianorgasme 1
» est une mélodie
délicate que Roulin agrémente d'ornements et d'une légère
réverbération. Dans «
Pianorgasme 2
», une nappe d'accords
d'orgue aérien plane sur les développements alanguis du piano,
émaillés de trémolos et autres inflexions. Une série d'arpèges
électro brillants,
soulignée par une basse mate,
servent d'arrière-plan à «
Vertigo
», thème méditatif
illustré par un jeu minimaliste du piano, qui entrecroise sa voix
avec celle des synthétiseurs.
Après une introduction rêveuse de Roulin a capela, Villebrun mixe
un mouvement de basse, un orgue vaporeux et le
motif mélodique fluide
de « Source »,
repris à contre-chant par le piano,
avant un exposé
enluminé et jalonné de
silences.
La soirée se conclut sur «
Encontro Das Aguas
». Après des
couinements et bruitages électro, un riff dansant proche d'une
fanfare latino, le
piano joue d'abord un air entraînant
sur un tempo medium,
puis, dans un
deuxième mouvement, il ralentit
le rythme et se fait plus
mélancolique. Après avoir joué des phrases puissantes et
foisonnantes, le piano termine par des miniatures délicates sur un
fond sonore spatial. La soirée s'achève sur un bref rappel a capela
de Roulin.
Le
Voyage pentatonique de Roulin
mêle acoustique et électro dans un cocktail ambient tranquille et
contemplatif.

