Avec Under The Radar, le festival Jazz à la Villette programme
pléthore de musiciens dans des salles aussi variées que l'Atelier
du Plateau, le Studio de l'Ermitage, La Dynamo et Villette Makerz.
Pour l'édition 2026, l'Atelier du Plateau propose trois concerts de
piano solo : Melissa Weikart le 3 septembre, Roberto Negro le 4 et
Sophia Domancich le 5.
Dernier
projet en date de Negro, Pärt & Songs fait l'objet d'un
disque qui sort le 16 octobre chez Label Bleu. Le pianiste marie la
musique d'Arvo Pärt avec la sienne, plus des textes de cinq
poétesses : Jin Eun-young, Alejandra Pizarnik,
Mariangela Gualtieri, Beatrice Caruso et Laura
Liberale. Les amis musiciens sont venus en nombre écouter le
plus français des pianistes turinois, d'Élise Caron
à Théo Ceccaldi
en passant, entre autres, par Antoine Banville, Hasse
Poulsen, Joce Mienniel, Sylvain Darrifourcq...
Le
Larghetto de la Sonatine numéro 1 de Pärt,
œuvres créées entre 1958 et 1959, démarre sur un mouvement grave
et majestueux, ponctué d'une pédale entêtante, puis Negro poursuit
dans une veine lyrique.
Le Larghetto de la Partita, écrite en 1959, reste minimaliste
et aérien.
Dans «
Un bateau m’a quittée
» Negro psalmodie le
treizième poème de L'Arbre
de Diane, recueil de
la poétesse
argentine Pizarnik, publié en 1962. Le
pianiste plaque
ensuite des accords
puissants,
introduction à un ostinato lancinant aigu qui contraste avec
un développement étiré dans les graves, mais parsemé de boucles
enchevêtrées, pédales et autres riffs circulaires. Sur un motif
obsédant Negro récite en parler-chanter «
Un jour de neige », tiré
Des flocons de neige
rouge d'Eun-Young,
sorti
en 2016. Le pianiste
enchaîne sur un morceau
solennel, soutenu par une
pédale en arrière-plan. Le balancement implacable de la main gauche
avec des couleurs folk,
la liberté des phrases et le jeu puissant de la main droite,
émaillé
d'ornements,
rappelle l'esprit du Keith
Jarrett de
The Köln Concert.
Negro s'amuse ensuite à partir de l'Ostinato de la Partita
de Pärt et glisse des traits d'humour dans la lignée d'Erik
Satie. Toujours d'Eun-Young, «
Premier amour » est
déclamé
sur un leitmotiv
envoûtant. Le
poème s'amplifie
avec des vocalises qui se mêlent à
l'Allegro
musclé de la Sonatine
numéro 2.
Retour au calme
minimaliste avec Für
Alina et
sa mélodie éthérée,
composée en 1976.
Negro chante ensuite en
Italien
« Vecchio bimbo
»,
extrait de Sari (poesie per la figlia), livre de la poètesse
Liberale, édité en 2010. Sur une pompe lente, le pianiste poursuit
avec un thème mélodieux teinté de blues. L'Allegro energico de la
Sonatine numéro 2 porte bien son titre : vif et
sautillant, ce morceau met en scène des courses-poursuites
énergiques entre les deux mains ! Changement de décor avec le Largo
de la Sonatine numéro 2. Cet hymne imposant aux
nombreux silences prend une tournure quasiment mystique, avant de
s'amplifier jusqu'au texte final : «
Dall’alto degli anni
»
de Gualtieri, repris
du
recueil Ruvido umano,
sorti en 2024.
Pärt
& Songs combine musique contemporaine, mélodie française et
jazz : un menu gastronomique exquis à déguster sans attendre !
