11 février 2020

Un hiver chez Igloo Records...

Plus de quarante ans après sa création, le label Igloo Records continue d’enrichir son catalogue et s’impose désormais comme une mémoire du jazz belge contemporain... Voici une sélection de quatre galettes sorties en France depuis le mois d’octobre 2019.










Bahdja - Manuel Hermia & Kheireddine Mkachiche


Explorateur musical à la recherche de nouveaux horizons, Manuel Hermia s’associe au violoniste Kheireddine Mkachiche pour un voyage dans l’univers des musiques arabo-andalouses, indiennes et afro-américaines… Dans Bahdja, qui sort le 7 février 2020 chez Igloo Records, les deux artistes sont entourés du pianiste Zinou Kendour, du bassiste François Garny et du batteur Franck Vaillant.

Mkachiche et Hermia proposent quatre compositions chacun. L’influence des musiques arabo-andalouses transparaît immédiatement dans les mélodies exposées à l’unisson par le bansuri (proche du ney) et le violon (« Passerelles »). Les mélodies s’entortillent dans des lignes sinueuses (« The Smell of The Desert »), se déploient en phrases majestueuses aux intonations médiévales (« Nadrat Mahfoud »), s’envolent dans des tourneries folk (« Kenza »), sont emportées dans des tourbillons proche du klezmer (« Magrhrébine ») ou des boucles virtuoses presque manouche (« Bahdja »)… Questions-réponses pleines de réparties (« Kenza ») et dialogues enlevés (« Rencontre ») s’intercalent entre des chorus mélodieux, dans lesquels chaque instrumentiste prend tout son temps pour développer ses idées. Qui dit musique moyen-orientale, dit rythmes chaloupés, et Bahdja ne déroge pas à la règle : le piano danse (« The Cycle »), la basse maintient une carrure à la fois ferme et entraînante (« Passerelles »), quant à la batterie, elle foisonne et entretient des pulsations vigoureuses (« Bahdja »).

Bhadja n’est pas un simple placage de jazz sur de la musique orientale ou vice-versa, mais bien une symbiose réussie de deux univers musicaux.

Le disque

Bahdja
Manuel Hermia & Kheireddine Mkachiche
Manuel Hermia (sax, bansuri, cl), Kheireddine Mkachiche (vl), Zinou Kendour (p), François Garny (b) et Franck Vaillant (d)
Igloo records – IGL303
Sortie le 7 février 2020
En concert le 19 février 2020 au Pan Piper

Liste des morceaux

01. « Passerelles », Mkachiche (08:35).
02. « Bahdja », Mkachiche (08:58).
03. « Kenza », Hermia (10:29).
04. « Nadrat Mahfoud », Hermia (10:00).
05. « Magrhrébine », Mkachiche (09:45).
06. « The Smell of The Desert », Hermia (09:24).
07. « The Cycle », Hermia (06:30).
08. « Rencontre », Mkachiche (05:28).

Retour à l'hiver chez Igloo Records

7/7 - Houben & Son


Musicien phare du jazz belge, Steve Houben forme un quintet avec son fils, le trompettiste Greg Houben, en 2018, à l’occasion du Marni Jazz Festival. Pascal Mohy au piano (Mélanie De Biasio, Quentin Liégeois, Julie Mossay...), Cédric Raymond à la contrebasse (Antoine Pierre, Toine Thys, Robin McKelle…) et James Wiliams à la batterie (McKelle, Houben…) complètent le combo.

7/7, premier opus d’Houben & Son, sort le 7 février 2020 chez Igloo Records. Au programme, cinq morceaux de Greg, trois de Steve, « The Fall » du pianiste Fabian Fiorini et « Happy Culture », co-signé Fiorini et Houben fils.

Houben & Son propose des mélodies attrayantes (« Camel Ride »), parfois sur un mode thème-riff (« The Fall »), dans une veine « colemanienne » (Ornette pour « Horta ») ou une ballade étirée (« The Benefice of Doubt »). Mohy, Raymond et Williams insufflent des rythmes chaloupés (les rim shot et shuffle de « Free Hand ») inspirés par les îles (« Call ») et font preuve d’un swing à toute épreuve (« Happy culture »). La construction des morceaux reprend la structure thème à l’unisson – solos – thème. Houben père et fils ont des sonorités flatteuses, velouté pour le saxophone, claire et nette pour la trompette, et un savoir-faire évident : questions-réponses dans un style chase (« Camel Ride »), blues convaincant (« Homeboy »), dialogues pimentés (« Someone Is Missing »), chorus au cordeau (« The Fall »… D’ailleurs, côtés solos, Mohy se montre tout aussi entraînant (« Call ») et inspiré (avec Lennie Tristano en filigrane dans « Horta »).

La musique de 7/7 s’inscrit dans la lignée d’un hard-bop moderne et dansant que ne renieraient pas Joe Henderson, Kenny Dorham et toute la bande !

Le disque

7/7

Houben & Son
Steve Houben (as, fl, voc), Greg Houben (tp, voc), Pascal Mohy (p), Cédric Raymond (b) et James Williams (d).
Igloo Records – IGL314
Sortie le 7 février 2020

Liste des morceaux

« Camel Ride », Greg Houben (06:06).
« Someone Is Missing », Greg Houben (06:06).
« Free Hand », Steve Houben (06:06).
« Circular Chant », Steve Houben (06:06).
« Call », Greg Houben (06:06).
« The Fall », Fabian Fiorini (06:06).
« Happy culture », Greg Houben & Fabian Fiorini (06:06).
« The Benefice of Doubt », Greg Houben (06:06).
« Horta », Steve Houben (06:06).
« Homeboy », Greg Houben (06:06).

Retour à l'hiver chez Igloo Records

Positive - Michel Herr


Michel Herr s’est notamment fait un nom aux côtés de Toots Thielemans, qu’il a accompagné pendant une vingtaine d’années. Récemment, comme il le dit lui-même : « j’ai recentré mes activités sur l’écriture ». Positive, qui sort le 6 décembre 2019 chez Igloo records, est une trace discographique de ce travail.

Herr réunit un sextet de haut vol – Bert Joris à la trompette et au bugle, Paul Heller au saxophone ténor, Peter Hertmans à la guitare, Nathalie Loriers au piano, Sam Gerstmans à la contrebasse et Dré Pallemaerts à la batterie – et un quatuor à cordes – Benoît Leseure et Pierre Heneaux aux violons, Jean-François Durdu à l’alto et Merryl Havard au violoncelle – pour interpréter neuf de ses compositions. La chanteuse sud-africaine Tutu Puoane est également invitée sur « I Think of You ».

Les morceaux d’Herr s’appuient sur des textures sonores à plusieurs niveaux : un arrière-plan avec les cordes (« Second Look »), un cadre rythmique robuste (« String Positive »), des sections qui se croisent dans un ballet de voix, tantôt en chœur, tantôt en contre-chants ou en solo (« The Right Choices? »). Les ambiances passent d’un décor aux accents funky (« The Positive Side »), d’une ballade nonchalante (« Chemistry and Mystery ») ou d’une subtile musique cinématographique (« Pages and Chapters »), à des pièces bop portées par une walking et un chabada irréprochables (« Unexpected Encounters »), ou un scat énergique (« I Think of You »), voire à un blues aux traits épais joué à la guitare (« Modules »).

Dans Positive, Herr propose un post-bop orchestral qui tient davantage du jazz que de la musique de chambre.

Le disque


Positive
Michel Herr
Bert Joris (tp), Paul Heller (ts), Peter Hertmans (g) et Nathalie Loriers (p), avec Sam Gerstmans (b), Dré Pallemaerts (d), Benoît Leseure (vl), Pierre Heneaux (vl), Jean-François Durdu (alto vl), Merryl Havard (cello) et Tutu Puoane (voc).
Igloo Records – IGL308
Sortie le 6 décembre 2019

Liste des morceaux

01. « The Right Choices? » (06:00).
02. « Pages and Chapters » (08:16).
03. « Unexpected Encounters » (09:13).
04. « The Positive Side » (06:43).
05. « I Think of You » (07:07).
06. « Modules » (04:33).
07. « Chemistry and Mystery » (06:44).
08. « String Positive » (05:37).
09. « Second Lock » (08:16).

Tous les morceaux sont signés Herr.

Retour à l'hiver chez Igloo Records

Looking Forward - MEQ

Cela fait une dizaine d’année que la pianiste belge Eve Beuvens et le saxophoniste suédois Mikael Godée ont formé le Mikael – Eve – Quartet, avec Magnus Bergström à la contrebasse et Johan Birgenius à la batterie. Ils ont auto-produit un premier disque en 2013 et sortent Looking Forward chez Igloo Records le 11 octobre 2019.

Beuvens et Godée se partagent les dix morceaux, avec une grande affinité de composition. Des thèmes contemporains (« Aaron »), dans un style musique de chambre (« The Thing I Wish to Say Is This »), d’une modernité raffinée (« Lacy ») et d’une subtilité délicate (« Did You Find Happiness ? ») sont développés par le quartet en toute intimité. Beuvens laisse libre-court à son lyrisme et, entre deux développements élégants, s’autorise une envolée bop (« Tycho ») ou « tristanienne » (« How Do You Do? »). C’est également tout en souplesse que Godée déroule des phrases mélodieuses (« Summer 2017 »), parfois éthérées (« Nothing To Declare »), mais sans jamais être mielleuses. Bergström et Birgenius mettent leur sens musical au service des solistes : contrepoints habiles (« Aaraon »), motifs entraînants (« Le Bruly »), régularité rythmique (« My T.T.T. »), lignes sobres (« Did You Find Happiness? »)…

A l’instar de la pochette du disque, une digue qui s’évanouit dans la brume, Looking Forward dégage une atmosphère de plénitude et de sérénité, non empreinte d’un certain mystère…

Le disque

Looking Forward
MEQ
Mikael Godée (ss), Eve Beuvens (p), Magnus Bergström (b) et Johan Birgenius (d)
Igloo Records – IGL296 
Sortie le 11 octobre 2019

Liste des morceaux

01. « Aaraon », Godée (06:44).
02. « My T.T.T. », Beuvens (05:53).
03. « Lacy », Godée (06:07).
04. « Summer 2017 », Beuvens (04:03).
05. « Tycho », Godée (05:15).
06. « Did You Find Happiness? », Beuvens (03:51).
07. « The Thing I Wish to Say Is This », Beuvens (03:56).
08. « Nothing To Declare », Godée (03:31).
09. « Le Bruly », Beuvens (06:38).
10. « How Do You Do? », Godée (06:12).

Retour à l'hiver chez Igloo Records

07 février 2020

In-Pulse 2 – Xavier Desandre Navarre


Après un premier album sorti chez Jazz Village en 2014, le percussionniste et batteur Xavier-Desandre Navarre revient pour un deuxième opus, en compagnie du même quartet : Stéphane Guillaume aux saxophones et à la clarinette basse, Emil Spanyi au piano et Stéphane Kerecki à la contrebasse. In-Pulse 2 sort le 31 janvier 2020 chez Cristal Records.

Les quatorze courtes pièces sont toutes signées Desandre Navarre. La photo du batteur en pleine action qui illustre la pochette du disque est la même que celle du premier volume, mais entourée d’un véritable feu d’artifice de couleurs, prémonitoire du contenu d’In-Pulse 2 !

La musique d’In-Pulse 2 s’appuie sur des thèmes élégants que les musiciens déroulent avec énergie. Si les dialogues du quartet restent dans le langage du jazz, en revanche les ambiances sont marquées par des rythmes ethniques, du Moyen-Orient à l’Amérique du sud en passant par l’Afrique, les Balkans, le blues... Source de dynamisme, ce contraste entre idiome jazz et rythmes du monde est particulièrement savoureux. Comme d’habitude, Desandre Navarre jongle avec une pléthore de percussions aux sonorités plus inouïes les unes que les autres : daf, tongue drum, gongs, carillons, tambours divers et cymbales variées. Des bruissements, tintinnabulements, foisonnements, frottements et autres crissements qu’il tire de ses instruments se dégagent des grooves entraînants en parfaite osmose avec les échanges de ses compères. La contrebasse de Kerecki se fait tour à tour mélodieuse, minimaliste, majestueuse, dansante, sombre, mais toujours avec cette superbe sonorité boisée et ce phrasé musical qui le caractérisent. Spanyi nage comme un poisson dans l’eau : son touché ferme, l’articulation limpide de son jeu et son sens de l’écoute font des merveilles. Il passe d’une conversation avec ses collègues, en contrepoint ou à l’unisson, à un accompagnement fait de suites d’accords subtils, de traits dissonants et de contre-chants astucieux. Quel que soit le biniou, saxophones ou clarinette basse, Guillaume a un son d’une netteté impeccable et montre une grande cohérence dans ses développements mélodiques (belle citation d’« Amazing Grace » dans « Coquelicot »). Il ajoute à ces qualités une mise en place irréprochable et une gestion habile du suspens, avec des montées en tension efficaces.

Dans In-Pulse 2, Desandre Navarre et ses compagnons soignent les quatorze miniatures : le quartet développe habilement des mélodies finement ciselées dans des décors rythmiques bigarrés. Vivement In-Pulse 3 !

Le disque

In-Pulse 2
Xavier Desandre Navarre
Stéphane Guillaume (sax, bcl), Emil Spanyi (p), Stéphane Kerecki (b) et Xavier Desandre Navarre (d, perc).
Cristal Records – CR304
Sorti le 31 janvier 2020

Liste des morceaux
01. « Seeds of Memories » (02:09).
02. « Grass Valley » (06:00).
03. « Mandingo » (05:01).
04. « What a Cool Day » (02:57).
05. « Belly Button » (03:28).
06. « Cool B » (04:31).
07. « In a Water Drop » (01:43).
08. « Clear Lake » (03:02).
09. « Talking to the Moon » (02:51).
10. « Smoking Tree » (04:00).
11. « Procession » (02:49).
12. « Guinea » (02:46).
13. « Raoul » (05:06).
14. « Coquelicot » (03:25).
15. « In the Garden » (03:59).

Tous les morceaux sont signés Desandre-Navarre.

05 février 2020

Shut Up’n Sing Yer Zappa – Orchestre Franck Tortiller


De 1966 – Freak Out! – à 1993 – The Yellow Shark – la comète Frank Zappa a traversé l’univers de la musique avec un style à nul autre pareil, joyeux mélange de rock, de musique contemporaine, de jazz et de pop.

Dans Shut Up’n Sing Yer Zappa, sorti le 3 mai 2019 sur le label MCO, Franck Tortiller lui rend hommage à travers six compositions, toutes signées Zappa : « Brown Shoes Don't Make It », thème de l’album Tinsel Townn Rebellion (1981) ; « Montana », un morceau d’Over-Nite Sensation (1973) ; « Mother People » et « Igor's Boogie », repris de We're Only in It for the Money (1968) et Burnt Weeny Sandwich (1970) ; « Joe's Garage » tiré de l’opéra-rock éponyme (1979) ; « Florentine Pogen » et « Andy », extraits de One Zize Fits All (1975).

Franck relit la musique de Frank avec l’orchestre qu’il a monté en 2017 en compagnie de jeunes musiciens, tous plus doués les uns que les autres. Ils sont onze à ferrailler sur la musique du père de The Mothers of Invention aux côtés de Tortiller et de son vibraphone : Abel Jednak et Pierre Bernier aux saxophones, Joël Chausse et Rémy Béesau à la trompette, Léo Pellet au trombone, Tom Caudelle à l’euphonium, Yovan Girard au violon, Pierre-Antoine Chaffangeon aux claviers, Pierre Elgrishi à la basse, Vincent Tortiller à la batterie et Matthieu Vial-Collet dans le rôle du guitariste-chanteur.

Tortiller s’approprie la musique de Zappa de pied en cap et sert au mieux son rock orchestral : section rythmique puissante (« Mother People »), riffs tonitruants (« Montana »), chœurs éclatants (« Andy »), constructions complexes basées sur de multiples tableaux (« Brown Shoes Don't Make It »), mélodies tortueuses (« Florentine Pogen »), développements foisonnants autour du thème (« Andy »), chants ou spoken words kitsch (« Montana »)… Très théâtraux, les morceaux ont souvent des allures de mini-opéras pop-rock, parsemés de chorus jazz (« Joe’s Garage »). Tout à fait dans l’esprit de Zappa, Tortillier juxtapose des passages rock et classiques (« Mother People » & « Igor's Boogie »), sans oublier une bonne dose d’humour parfois bouffon (« Montana ») et cet expressionnisme nerveux si caractéristique (« Brown Shoes Don't Make It »).  

Shut Up’n Sing Yer Zappa est un feu d’artifice luxuriant de sons, de mélodies et de rythmes, à la fois virtuose et foutraque, d’une complexité miraculeusement accessible… Un régal !

Le disque

Shut Up’n Sing Yer Zappa
Orchestre Franck Tortiller
Abel Jednak, Pierre Bernier (sax), Joël Chausse, Rémy Béesau (tp), Léo Pellet (tb), Tom Caudelle (euphonium), Yovan Girard (vl), Matthieu Vial-Collet (voc, g), Pierre-Antoine Chaffangeon (kbd), Franck Tortiller (vib), Pierre Elgrishi (b) et Vincent Tortiller (d).
MCO Label – MCO 07
Sortie le 3 mai 2019

Liste des morceaux

01. « Brown Shoes Don't Make It » (16:09).
02. « Montana » (08:42).
03. « Mother People » & « Igor's Boogie » (06:28).
04. « Joe's Garage » (08:02).
05. « Florentine Pogen » (11:07).
06. « Andy » (11:35).

Toutes les compositions sont signées Zappa.

04 février 2020

A la découverte de Gauthier Toux...


Après trois disques en trio, le pianiste Gauthier Toux vient de publier For A Word chez Shed Music. Un album en quartet marqué par la pop, avec la voix de Léa Maria Fries, et dans lequel Toux ajoute à son piano un Fender Rhodes et un Prophet. Ce virage esthétique méritait bien un détour…


La musique

Quand j’ai eu sept ans, mes parents m’ont mis au piano. J’ai d’abord pris des leçons particulières, puis j’ai rejoint les écoles Yamaha. Ce qui m’a permis de me produire dans les Concours de Jeunes Compositeurs (JOC). Ensuite je suis entré au Conservatoire de Musique et de Danse de Chartres, où je suis resté jusqu’à dix-huit ans. C’est vers treize ans que j’ai découvert le jazz, grâce à un disque de Michel Petrucciani.

Après j’ai intégré la Haute Ecole de Musique (HEMU) de Lausanne. J’y ai passé le Bachelor in Jazz, puis le Master in Jazz Performance, pendant lequel j’ai étudié un semestre au Rhythmic Music Conservatory de Copenhague. Par la suite, j’ai également passé un deuxième Master, en pédagogie.  

Pour citer mes influences par ordre chronologique : Claude Debussy, Igor Stravinsky, Bud Powell, Thelonious Monk, Oscar Peterson, Herbie Hancock, Keith Jarrett, Brad Mehldau, Tigran Hamasyan et Bon Iver.




Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ? Une musique de métissage, bercée par l’improvisation, et le partage d’un langage commun.

Pourquoi la passion du jazz ? C’est toujours l’aventure !

Où écouter du jazz ? Dans ton canapé, avec un bon verre de vin…

Comment découvrir le jazz ? Il faut commencer par écouter les grands classiques, comme Kind of Blue par exemple. Et pour les amateurs d’un son plus moderne, les disques d’Hamasyan sont une bonne porte d’entrée…

Une anecdote autour du jazz ? Un grand classique : c’est l’histoire de Bird qui prend une cymbale en pleine tête lors de l’une de ses premières jam sessions… et qui devient par la suite un géant du jazz… C’est le symbole même de l’abnégation !


Le portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais un tigre,
Si j’étais une fleur, je serais un lys,
Si j’étais un fruit, je serais une pomme,
Si j’étais une boisson, je serais de l’eau,
Si j’étais un plat, je serais un couscous,
Si j’étais une lettre, je serais B,
Si j’étais un mot, je serais Volonté,
Si j’étais un chiffre, je serais 19,
Si j’étais une couleur, je serais bleu,
Si j’étais une note, je serais Mi bémol.


Sur l’île déserte…

Quels disques ? Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, 22 A Million de Bon Iver et Songs – The Art of the Trio, Volume 3 de Melhdau.

Quels livres ? Probablement un Harry Potter… C’est mon enfance ! Sinon, Madame Bovary.

Quels films ? Les Tontons flingueurs.



Les projets

Aujourd’hui, c’est mon disque For A Word, qui vient de sortir. Ce disque est le fruit d’un travail de groupe, sous la direction musicale de notre bassiste, Julien Herné.

Demain, encore rien de sûr ! Un autre disque avec mon trio ? Un deuxième opus de For A Word ? Et d’autres esthétiques à découvrir…


Trois vœux…

Pouvoir vivre heureux et continuer à jouer de la musique sans faire de concession.




03 février 2020

Hyperlapse - Ozma

Depuis l’album éponyme, publié en 2005, Ozma a parcouru un sacré chemin, tout en restant fidèle à l’esprit originel, à savoir un cocktail de jazz, de rock, de funk… Huitième disque du groupe, Hyperlapse sort chez Cristal Records le 7 février 2020. 

Avec Welcome Home, dans les bacs en 2016, le quintet s'est stabilisé autour du batteur Stéphane Scharlé et du bassiste Edouard Séro-Guillaume, paire rythmique historique et inséparable, du tromboniste Guillaume Nuss (de retour après une dizaine d’années de son côté), du guitariste Tam de Villiers et du saxophoniste et claviériste Julien Soro.

Les dix morceaux, tous composés par Scharlé, évoquent des villes découvertes par le quintet en 2018, lors d’une tournée mondiale. Ozma s’est produit dans treize pays différents et ces pérégrinations ont fait l’objet de vidéos réalisées par Juliette Ulrich. Hyperlapse est d’ailleurs une référence au cinéma : c’est un effet qui combine une accélération du mouvement du sujet filmé avec le déplacement de la caméra. Ce qui donne une sorte de fondu enchaîné rapide, comme si le temps s’accélérait. Appliqué à la musique d’Ozma, ce principe dépote ! Plus funky que jamais (« Hyperlapse »), les rythmes s’emballent (« Clay Army ») dans des vrombissements furieux (« Tuk-Tuk Madness ») et autres roulements frénétiques (« Spleen Party »). Sur les traces des précédents opus, les mélodies sont soignées : tour à tour méditatives (« A Leila »), mélancoliques (« Infinite Sadness »), graves (« Entre chien et loup »), soulful (« Die Gilde »), dansantes (« One Night In Bulawayo »)... Le quintet place également les interactions au centre de ses développements (« Dust City »).  Les chœurs des soufflants, les envolées de shouter, les solos de guitar hero, les riffs, les accents bluesy, les embardées free et autres effets sonores bruts… entraînent les auditeurs dans des périples impétueux et dépaysants, de Pékin à Purwokerto (Indonésie), via Hambourg, Xi’An (Chine), Marrakech, Ahmedabad (Inde), Mumbai, Jakarta, Lübeck et Bulawayo (Zimbabwe) !

Fidèle à son credo de « jazz explosif », Ozma propose un Hyperlapse musical revigorant en diable !

Le disque

Hyperlapse
Ozma
Julien Soro (sax, kbd), Guillaume Nuss (tb), Tam de Villiers (g), Edouard Séro-Guillaume (b) et Stéphane Scharlé (d).
Cristal Records – CR293 
Sortie le 7 février 2020

Liste des morceaux

01. « Dust City (Beijing) » (06:03).
02. « Hyperlapse (Hamburg) » (04:18).
03. « Clay Army (Xi’An) » (06:57).
04. « À Leila (Marrakech) » (03:53).
05. « Spleen Party (Ahmedabad) » (07:58).
06. « Tuk-Tuk Madness (Mumbai) » (05:34).
07. « Infinite Sadness (Jakarta) » (03:04).
08. « Die Gilde (Lübeck) » (05:13).
09. « One Night in Bulawayo (Bulawayo) » (05:26).
10. « Entre chien et loup (Purwokerto) » (06:48).

Tous les morceaux sont signés Scharlé

02 février 2020

For a Word - Gauthier Toux

Après trois albums en trio acoustique – More Than Ever (2015), Unexpected Things (2016) et The Colours You See (2018) – Gauthier Toux change radicalement de direction : claviers et chant entrent en scène. Monté en 2017, son nouveau quartet s’appuie sur les claviers – piano, Fender Rhodes et Prophet – de Toux, la voix de Léa Maria Fries (Visitor, 22° Halo), la basse de Julien Herné (Nicolas Folmer, Guillaume Perret, Alexandre Saada, Karl Jannuska, 117 Elements...)  et la batterie de Valentin Liechti (Trio Moncef Genoud, Brewery, Mandrake…). Emile Parisien intervient également sur deux plages. For A Word sort le 31 janvier 2020 chez Shed Music.

Toux a composé les dix chansons, toutes plutôt dans une veine onirique. Fries, voix haute perchée (« Thinking of a Cloudy Ground ») au timbre diaphane (« Talk To Me ») et au phrasé aérien (« For A Word »), mêle spoken words (« Prinzess ») et chants en français, en allemand et en anglais, avec un lyrisme sophistiqué (« Grinnin’ In Your Face ») bien dans l’esprit du disque. Herné et Liechti forment une section rythmique rock progressif convaincante (« Shipwreck »), avec l’alliage de puissance (« Prinzess ») et de vivacité (« Sense of Complication ») qu’il faut. Quant à Toux, il met ses claviers au service de la chanteuse : nappes sonores lointaines (« For A Word »), riffs cristallins (« Why Does It Make A Difference »), lignes minimalistes (« Thinking Of A Cloudy Ground »), effets psychédéliques (« A Thought Instead Of A Strength »)…

Proche d’une pop expérimentale raffinée, For A Word ravira tous les amateurs du genre.

Le Disque

For A Word
Gauthier Toux
Léa Maria Fries (voc), Gauthier Toux (p), Julien Herné (b) et Valentin Lietchi (d), avec Emile Parisien (ss).
Shed Music – Shed 014
Sortie le 31 janvier 2020.

Liste des morceaux

01. « For A Word » (3:09).
02. « Talk to Me » (5:27).
03. « Prinzess » (3:52).
04. « Thinking of A Cloudy Ground » Part I (3:24).
05. « Why Does It Make A Difference » (4:35).
06. « Sense of Complication » (4:29).
07. « Thinking of A Cloudy Ground » Part II (5:52).
08. « Grinnin’ In Your Face (Son House) » (2:15).
09. « Shipwreck » (5:01).
10. « A Thought Inst:52ead of A Strenght » (5:02).

Tous les morceaux sont signés Toux.