6 janvier 2017

A la découverte de Pierre Bertrand

A suivre…, Méditerranéo, Pais 24 H, The Big Live, Source(s)… autant de disques du Paris Jazz Big Band qui ont fait la renommée de Pierre Bertrand, tout autant que ses nombreuses réalisations aux côtés de Minino Garay, Jean-Pierre Como, André Ceccarelli… ou Claude Nougaro (Embarquement immédiat). Sans oublier Joy, avec Caja Negra, sorti en septembre 2016 chez Cristal Records. En bref : un artiste à découvrir absolument !


La musique

J’ai découvert le jazz en Juillet 1977 lors de La Grande Parade du Jazz de Nice : j’avais cinq ans et j’ai assisté aux concerts du Count Basie Big Band, Dizzy Gillespie et Professor Longhair. Les deux saxophonistes ténors qui accompagnaient Professor Longhair m’ont fasciné et j’ai su que c’était de cet instrument que je voulais jouer !

A dix ans je commence le saxophone classique au Conservatoire de Cagnes sur Mer.
A douze ans j’écris mes premiers arrangements, en autodidacte, pour un Big Band de collégiens que j’ai réunis…
A quatorze ans je mets au jazz.
A seize ans je forme un quartet qui joue l’été dans la région niçoise.
De dix-sept à vingt ans je suspends mes études musicales pour faire Math Sup et Math Spé…
A vingt ans je retourne au conservatoire : je m’inscris au Diplôme d’Etudes Musicales de saxophone classique et au cursus d’écriture classique du Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice.
A vingt-trois ans, j’entre sur concours au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris dans les classes de jazz et d’écriture classique.
A vingt-six ans je sors du CNSMDP avec un Diplôme de Formation Supérieur de Jazz – équivalent à un BAC + 4 – et des premiers prix en Contrepoint et Harmonie Classique.
Depuis que j’ai vingt-sept ans je suis professeur d’écriture au CRR de Paris. Plus récemment, j’ai également rejoins le CRR de Nice et le CNSMDP pour les Masters 1 et 2 en jazz.
A vingt-sept ans, en 1999, je fonde le Paris Jazz Big Band avec Nicolas Folmer. Le PJBB sera actif jusqu’en 2012.
En 2009, je monte Caja Negra, mon groupe Flamenco Jazz.
Depuis 2013 j’assure la direction musicale du show « Fugain & Pluribus ».

Par ailleurs, j’ai arrangé, composé et réalisé de nombreux albums pour Claude Nougaro, Charles Aznavour, Pascal Obispo, Maurane, Michel Fugain, Murray Head… et écrit des musiques de films et de téléfilms.


Les influences

Mon influence principale pour le saxophone, c’est Joe Henderson. Mais mon jeu est également marqué par Charlie Parker, Phil Woods, Cannonball Adderley, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Bill Evans, Keith Jarret, Stan Getz, John Coltrane, Paco De Lucia

Côté composition, Johann Sebastian Bach, Maurice Ravel, Erik Satie, Robert Schumann, Sergueï Prokofiev, Giacomo Puccini, Belá Bartók, György Ligeti, Henri Dutilleux.


 Pierre Bertrand (c) Alexandre Lacombe


Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ? C’est à la fois la « musique-mère » de toutes les musiques actuelles – R’n’B, Rock, Pop, etc. – mais aussi un art polymorphe qui continue d’évoluer par métissage et enrichissements incessants…

Pourquoi la passion du jazz ? Parce que le jazz allie composition et improvisation.

Où écouter du jazz ? N’importe où, mais pas en faisant une activité qui exige de la réflexion : au casque dans son lit, dans son canapé, en voiture… ou en faisant du rangement !

Comment découvrir le jazz ? Pour découvrir le jazz, il faut attaquer avec Kind of Blue de Davis, Ella and Basie! et Night Train d’Oscar Peterson. Après, on peut continuer tranquillement…

Une anecdote autour du jazz ? J’ai parlé une fois à Henderson. J’avais vingt-et-un ans. Il m’a demandé ce que je faisais et je lui ai dit : « j’étudie le saxophone ». Il m’a répondu : « ça par exemple ! Moi aussi ! ».


Le portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais un papillon,
Si j’étais une fleur, je serais un ibiscus,
Si j’étais un fruit, je serais une cerise,
Si j’étais une boisson, je serais un Palette rouge,
Si j’étais un plat, je serais un beignet de fleur de courgette,
Si j’étais une lettre, je serais A,
Si j’étais un mot, je serais passion,
Si j’étais un chiffre, je serais 5,
Si j’étais une couleur, je serais bleu,
Si j’étais une note, je serais Mi bémol.


Les bonheurs et regrets musicaux

Madre, un opéra chorégraphique flamenco écrit pour Sharon Sultan, et mon dernier album en date, Joy, sont, pour moi, deux réussites.

Je regrette de ne pas avoir eu le temps d’inviter Henderson avant sa mort, pour jouer  avec le Paris Jazz Big Band.



Sur l’île déserte…

Quels disques ? Le Concerto en sol de Ravel, le Concerto pour orchestre de Bartók, Les concertos pour violon et pour pianos de Prokofiev, le Clavier bien tempéré de Bach par Glenn Gould, les sonates et partitas pour violon de Bach, les suites pour violoncelle de Bach, L’oiseau de feu d’Igor Stravinsky, mais aussi Nina Simone, Ella Fitzgerald avec des Big Band… Il vaut mieux s’arrêter là : c’est compliqué de ne pas déménager ma discothèque…

Quels livres ?  Platon, Le Nombre d’Or de Matila Ghyka et Denis Diderot.

Quels films ? Spartacus, La vie est belle, Star Wars et Mission.

Quelles peintures ? Je n’ai pas les moyens d’avoir des œuvres à emporter sur l’île, mais j’adore Johannes Vermeer, Le Caravage, Vincent Van Gogh, Francisco de Zurbarán, Pablo Picasso, Heni Matisse, Joan Miró et Marc Chagall.

Quels loisirs ? La marche, la nage, les visites, le vélo, la moto…


Les projets

Je veux développer Caja Negra en formation habituelle – dix musiciens – mais aussi en quintet, avec des cordes et en Big Band. En 2017 et 2018, j’ai également un projet avec une grande formation et un disque en effectif très réduit. Sinon je voudrais enregistrer un concerto que j’ai composé pour saxophone et orchestre symphonique…


Trois vœux…

1. Plus de fraternité.

2. Plus de culture.

3. Plus de tolérance.