25 mai 2019

Sur le quai en mai…


Seul à la barre de Jazz à bâbord, il n’est malheureusement pas toujours possible d’embarquer tous les disques qui veulent lever l’ancre chaque mois ! Voici ceux qui sont sur le quai en mai…

Shifted
Sal La Roccas
Jeroen Van Herzeele (sax), Pascal Mohy (p, kbd), Sal La Rocca (b) et Lieven Venken (d), avec Phil Abraham (tb)
Igloo Records – IGL295
Sortie en mai 2019
  






Life Size
John Greaves
John Greaves (voc, b, g, p,electro), avec Annie Barbazza (voc, p, g), Valérie Gabail (voc), Himiko Paganotti (voc), Vincent Courtois (cello), Matthieu Rabaté (d), Olivier Mellano (g), Sophia Domancich (p), Zeena Parkins (harp), Jakko Jakszyk (g), Lino Capra Vaccina (p, perc), Camillo Mozzoni (hb), Max Marchini (g), Jordi Tagliaferri (vibes, perc), Irene Barbieri (vl), Diego Romani (alto) et The Warm Morning Brothers (voc)
Manticore Records – MAN003
Sortie le 1er mai 2019


Les Démons de Tosca – Opus 1
Brun / Courtois / Fincker
Robin Fincker (ts), Vincent Courtois (cello) et Sébastien Brun (d, électro), avec Daniel Erdmann (ts), Benjamin Moussay (kbd), Bruno Ruder (kbd), Julian Sartorius (d), Sylvain Daniel (b), Pierre Baux (voc), Hélène Cœur ( ) et Tina Merandon (images)
BMC Records – BMC CD 280
Sortie le 10 mai 2019



Mythical River
Christophe Monniot (as), Manu Codjia (g), François Moutin (b) et Louis Moutin (d)
Laborie Jazz – LJ54
Sortie le 17 mai 2019






L’Hiver des Poètes
Marianne Feder
Marianne Feder (voc), Romane (g), Alexis HK (voc), Yves Carini (voc), Michel Macias (acc), Jacques Gandard (vl), Brice Moscardini (tp), Charles Lamouroux (g), Vincent Muller (g, voc), Arthur Simon (tp), Benjamin Body (b), Benoit Garnier (as) etm S.O.A.P. (kbd, electro).
LesMusiterriens – MUSIMF18/1
Sortie le 17 mai 2019




Nit De Nit
Partisans
Julian Siegel (ts, ss, bcl), Phil Robson (g), Thaddeus Kelly (b) et Gene Calderazzo (d)
Sortie le 17 mai 2019







Alain Jean-Marie (p), Patrice Caratini (d) et Roger Raspail (d)
French Paradox – FP.02
Sortie le 24 mai 2019









El mar de nubes
Tori Freestone Trio
Tori Freestone (ts), Dave Manington (b) et Time Giles (d)
Sortie le 31 mai 2019



24 mai 2019

No Wind Tonight - Free Human Zoo


La joyeuse bande de déjantés du batteur Gilles Le Rest est de retour avec un double-album dense : No Wind Tonight. Le sextet est toujours composé de Laurent Skoczek au trombone, et co-fondateur de Free Human Zoo, Samy Thiébault au saxophone ténor, Matthieu Rosso à la guitare et Nicolas Feuger à la basse. Seul changement : Emmanuel Guerrero remplace Patrice Kornheiser au piano. Pour étoffer sa palette sonore, Free Human Zoo invite La chanteuse Camille Fritsch, les flûtistes Joce Mienniel et Bruno Ortega, ainsi que le percussionniste Jonathan Edo.

Les morceaux ont été composés par Le Rest (avec un emprunt à un thème traditionnel du XIIIe) et les arrangements co-écrits avec Skoczek. Sur le premier disque, « Bab’Y », ou « le ravin de la grand-mère », est une suite en onze mouvements en mémoire aux victimes de la seconde guerre mondiale. Le deuxième disque s’articule autour de trois morceaux : « Curritur ad Vocem », pièce en cinq parties, hommage au pionnier de la redécouverte de la musique médiévale, René Clemencic, et à Joel Cohen, autre spécialiste des musiques du Moyen-âge et instigateur de la fête de la musique ; « Talitha Koum » (« jeune fille : lève-toi ») s’inspire de la phrase symbolique que Jésus prononce lorsqu’il ressuscite une fillette de douze ans ; « No Wind Tonight… » est dédié au batteur et pédagogue Georges Paczynski.

L’enregistrement a été réalisé au Studio Sextan – La Fonderie, à Malakoff, par Vincent Mahey. Quant à la pochette du disque, toujours aussi ethnique et animalière que celle de Freedom Now!, elle est encore signée Gérald Nimal. Le livret concocté par Le Rest propose de nombreuses illustrations – clichés de femmes et d’enfants pris pendant la deuxième guerre mondiale, miniatures extraites du Codex Manesse, photos des musiciens de Jeff Humbert… –, des citations tirées de témoignages de l’holocauste, mais aussi des poèmes et extraits d’œuvres d’Hanna Dallos, Anne van Kakerken, Pierre Rabhi, François Cheng

« Bab’Y » démarre en force et majesté avec un « Prologue » touffu, porté par la batterie et la guitare. Dans « Barbarossa », les boucles du piano accompagnées des riffs des soufflants et de la guitare évoluent progressivement, dans une ambiance tantôt minimaliste hypnotique, tantôt luxuriante répétitive, soutenue par une basse et une batterie musclées. Comme son titre l’indique, « Klezmer Volutes » s’inspire de la musique des Juif ashkénazes : Le trombone et le saxophone répondent aux traits mélodiques de la guitare, sur une pulsation toujours robuste et entraînante. La ronde « Die fröhlichen Kameraden » se développe sur rythmique vigoureuse, une guitare en mode guitar hero et un trombone mélodieux. « Pitchipoï » s’oriente vers un funk dansant, animé par Thiébault et des dialogues savoureux avec Scoczek et Rosso. Un leitmotiv du piano, un foisonnement rythmique, des superpositions des voix, une tourneries de la flûte et de la guitare… constituent les ingrédients joyeux et énergiques de « L’espoir au cœur », qui porte bien son nom. Retour à un funk sous influence rock pour « The Yar », avec des ostinatos, chœurs des soufflants, effets électro de la guitare, solo coloré du piano, riffs entêtants de la basse et frappes mates et sèches de la batterie… Le piano et la flûte exposent « My African Little Doll », mélodie touchante qui part rapidement sur des sentiers africains, emmenée par une polyrythmie enjouée, un trombone expressif, une flûte démonstrative, un piano lyrique et des chœurs en contrepoints. « Revoir l’Aurore » s’articule autour de questions-réponses véloces, de motifs sourds et de roulements rapides. Avec « Forces vitales », l’ambiance tourne au hard-bop funky, ascendant rock quand la guitare entre en jeu. Après un solo virtuose de Rosso, Skoczek et Thiébault prennent la suite dans une même veine, sur un accompagnement dense et répétitif. « Bab’y » s’achève sur un « Epilogue » plus calme, marqué par le motif lancinant du piano, la batterie emphatique et la basse grondante.

Le deuxième disque commence par « Curritur ad Vocem », courte suite en cinq tableaux. La première danse sort tout droit du Moyen-Âge : chant cadencé de Fritsch, bourdon, unissons, rythmes sautillant et envolées de Mienniel. Autre époque avec le deuxième mouvement, davantage inscrit dans une lignée hard-bop funky, avec son thème-riff brillant, sur un motif rapide du piano, des roulements serrés de la batterie et les boucles nerveuses de la basse. Le chorus de guitare est pimenté de rock, tandis que le saxophone ténor part dans des phrases sinueuses et virevoltantes. Retour à la voix et au piano pour une brève transition, avant que le trombone ne s’envole dans un chorus ébouriffant sur une rythmique grondante. Le tableau suivant reste dans un hard-bop sur-vitaminé : ligne de basse running, roulements vifs de la batterie, avec passages en chabada, et discours fonceurs du trombone et de la guitare. Au milieu du morceau, le rock fait surface avec un saxophone hurleur et une guitar hero... « Curritur ad Vocem » se conclut sur des formules mélodieuses de la basse, des phrases placides du piano, une batterie imposante, une guitare lointaine et un ténor réverbéré en arrière-plan… Mais ce n’est que le calme avant la tempête ! Le morceau se transforme brutalement en une ronde folklorique luxuriante, avec la flûte qui se mêle au chant et autres cris… dans une atmosphère de foire médiévale ! Changement de décor avec « Talitha Koum » : du médiéval au post bop. Après une introduction de Le Rest à base de frisés secs, sur une ligne sourde et rapide de Feuger et un ostinato de Guerrero, les soufflants jouent des phrases courtes, puis le piano déroule le thème dans un esprit rock – funk. Le deuxième volet du morceau s’apparente davantage à une comptine (le motif du piano) avec des solos chantants du trombone et de la basse. La conclusion revient à du hard-bop, poussée par un saxophone ténor et un piano en verve, encouragés par une rythmique trapue. Le morceau-titre, « No Wind Tonight… », débute par un trio majestueux, mais s’engage rapidement sur un chemin mainstream : stimulé par une walking parsemée de schuffle et un chabada sorti de derrière les fagots, le ténor déroule des phrases inspirées et convaincantes sur les accords élégants du piano, qui reste dans le même sillon, avec de jolis contrepoints entre la main droite et la main gauche.

Sur les traces d’Aïki Dõ RéMy (2014) et de Freedom, Now! (2016), la musique de No Wind Tonight crépite de mille feux, enflammée par une fusion détonante de jazz, funk, rock, folk et musique ancienne !

Le disque

No Wind Tonight
Free Human Zoo
Samy Thiébault (ts), Laurent Skoczek (tb), Matthieu Rosso (g), Emmanuel Guerrero (p), Nicolas Feuger (b) et Gilles Le Rest (d), avec Camille Fritsch (voc), Joce Mienniel (fl), Bruno Ortega (fl) et Jonathan Edo (perc).
Ex-tension Records – EX14
Sortie le 1er février 2019

Liste des morceaux

Disque 1

01. « Bab’Y » (44:06).

Disque 2

01. « Curritur ad Vocem » (24:46).
02. « Talitha Koum » (6:42).
03. « No Wind Tonight... » (7:07).

Tous les morceaux sont signés Le Rest.

18 mai 2019

Sonnerie – Dadèf Quartet


Après Labyrinthe, publié en 2016, Dadèf Quartet sort un nouvel opus en mars 2019 : Sonnerie, toujours au sein de l'association Concertons. Le quartet est inchangé : Raphaël Sibertin-Blanc, au kemençe et au violon, Simon Charrier à la clarinette, Guillaume Gendre à la contrebasse et Carsten Weinmann à la batterie,

L’illustration noueuse de la pochette, tirée d'un clip, sur Dadèf Quartet, est toujours signée du graphiste Alem Alquier, à l’instar du logo du quartet. Les morceaux, composés par Sibertin-Blanc, se réfèrent au Café Plum (« Plum »), partenaire du quartet et réciproquement, à Labyrinthe (« Méandres »), aux jeux de constructions (« Capla ») et à Alquier (« Alem Song »). Quant à la suite éponyme, « Sonnerie », elle est constituée de cinq mouvements.

Les mélodies aux accents orientaux (« Plum ») ou klezmer (« Sonnerie 5 »), parfois fragiles (« Sonnerie 1 ») ou mélancoliques (« Sonnerie 3 »), toujours dansantes (« Sonnerie 4 ») et souvent pimentées de touches folkloriques (« Capla »), s’appuient sur le contraste entre la sonorité aigrelette du kemençe et le ton suave de la clarinette. Dadèf Quartet soigne ses rythmes, marqués par la musique arabo-andalouse (« Méandres »), avec moult motifs polyrythmiques (« Sonnerie 5 »), riffs (« Sonnerie 1 »), ostinato (« Sonnerie 2 ») et autres bourdons (« Alem Song »). Sibertin-Blanc navigue entre musique du monde et musique classique, en passant d’une atmosphère médiévale ou orientale à la lyre (« Plum ») à des contrepoints baroques au violon (« Méandres »), avec un crochet par la musique répétitive (« Sonnerie 2 »). Charrier renforce les mouvements mélodiques, soit à l’unisson (« Alem Song »), soit en contrechant (« Capla ») du kemençe, et ses chorus se révèlent d’une intensité subtile (« Alem Song »). Des lignes robustes (« Sonnerie 5 ») et des boucles puissantes (« Sonnerie 2 »), qui maintiennent le quartet sur le cap (« Sonnerie 1 »), un coup d’archet majestueux (« Alem Song ») et une musicalité de tous les instants (« Capla ») : la contrebasse de Gendre assure une pulsation solide. Quant à Weinmann, il danse sur les rythmes composés (« Sonnerie 5 »), possède un drumming chatoyant (« Sonnerie 4 ») et d’une carrure massive (« Plum »), qui va comme un gant à la musique de Dadèf.

Mélodies pittoresques, tourneries folk, boucles minimalistes, ambiances orientales… sur un socle jazz : Sonnerie emporte l’auditeur dans ses rondes, irrésistible !

Le disque
Sonnerie
Dadèf Quartet
Raphaël Sibertin-Blanc (vl, kemençe), Simon Charrier (cl), Guillaume Gendre (b) et Carsten Weinmann (d)
Dadèf Quartet – Dadson-1
Sortie le 10 mars 2019

Liste des morceaux

01. « Plum » (5:19).              
02. « Sonnerie I » (4:03).                  
03. « Sonnerie II » (2:45).                 
04. « Sonnerie III » (2:16).                
05. « Sonnerie IV » (3:52).                
06. « Sonnerie V » (1:36).                 
07. « Méandres » (6:38).                  
08. « Capla » (6:35).  
09. « Alem Song » (7:46).

Tous les morceaux sont signés Sibertin-Blanc         

18 avril 2019

Aux Ronds-Points des Allumés du Jazz – Le disque…


Le 13 avril, à l’occasion du Disquaire Day, Les Allumés du Jazz ont publié la revue Aux Ronds-Points des Allumés du Jazz qu’ils ont accompagné d’un trente-trois tours car, comme le souligne Jean Rochard, «  ce que les membres des Allumés du Jazz aiment faire, ce sont des disques, alors, en toute logique, joignons la musique à la parole »…

La pochette du disque reprend l’illustration de la couverture de la revue (ou inversement…) et elle est l’œuvre de Nathalie Ferlut. Au programme, six morceaux enregistrés début 2019 sur les idées qui ont germé lors des rencontres d’Avignon en novembre 2018.

Tout commence par un rap engagé et endiablé ! L’1consolable scande « Changez de disque » accompagné par Les damnés du skeud, un orchestre de vingt-neuf musiciens réunis pour l’occasion et tous liés de près ou de loin aux Allumés du Jazz. Le chant déplore la disparition progressive des disquaires, fustige les enseignes de la grande consommation, dénonce l’exploitation des artistes par les majors et les plateformes d’écoute en ligne, pourfend la dictature de l’argent et rend hommage à tous ceux qui résistent. En arrière-plan l’orchestre soutient la voix, en chœur ou avec des contre-chants.

Le JCAO et ses onze musiciens proposent « 7 janvier ». Après un unisson solennel sur une section rythmique intense, quasiment un requiem, les pépiements de la flûte de Michel Edelin s’envolent en toute liberté. Les chorus, les chœurs et les dialogues sont soutenus par les ostinatos des soufflants et une rythmique puissante. Il y a certes une ambiance de fanfare, mais toujours empreinte de majesté, l’un des traits de l’écriture de Rémi Gaudillat.

Xavier Garcia présente « Sur la route des Allumés », un collage musical avec des extraits de morceaux tirés de disques enregistrés par des formations amies des Allumés du Jazz. Les bruitages, jeux rythmiques, combinaisons de styles – pop, world, jazz, musique contemporaine, électro… – et autres juxtapositions mélodiques, créent un patchwork sonore envoûtant.

Les Martine’s – Anne Mars et Richard Maniere – invitent le bandonéoniste Tristan Macé pour « Par les temps qui courent ». Une introduction mélodieuse laisse la place à une série de vocalises rythmiques et d’ostinato de la guitare. Dans une atmosphère mystérieuse, riffs et accords feutrés accompagnent la voix dans ses déclamations et son chant.

« Les travailleurs du disque dans le miroir des allumettes », titre désabusé s’il en est, donne l’impression de regarder un film sans images : craquements, sonneries, sifflements, notes cristallines… servent de décor aux propos du saxophone ténor de Sylvain Rifflet, cow-boy solitaire devant son feu, au milieu de la nuit ! Jean-Jacques Birgé réussit un morceau particulièrement expressif et amusant.

Le Collectif Ishtar verse dans la musique contemporaine, avec une succession de discours, conférences, textes récités… sur le crissement des percussions et les interventions impromptues des instrumentistes. Même si l’influence du cinéma est évidente, « Des airs cultes (en sabots) » n’en reste pas moins un essai avant-gardiste.

La « Fonderie Topophonographique » remet la fanfare au premier plan. Dialogues déjantés, petites phrases courtes et vives, questions – réponses énergiques… débouchent sur des échanges bruitistes – hululements, caquètements, souffles, bruissements, crépitements… – d’un expressionnisme exacerbé.  

Aux Ronds-Points des Allumés du Jazz : un microsillon, une galette, un vinyle, « un album en forme de rond-point qui aurait des oreilles de 33 tours »… Un manifeste pour la liberté, l’égalité et la fraternité… des valeurs à défendre absolument, avec ou sans gilet jaune !

Le disque
Aux Ronds-Points des Allumés du Jazz
Collectif (voir liste des musiciens plus bas)
Les Allumés du Jazz – ADJ005
Sortie le 13 avril 2019

Liste des morceaux

Face 1

01. « Changez de disque », L’1consolable et les damnés du skeud (7:36).
02. « 7 janvier », Jazz Composers Allumés Orchestra (13:03).

Face 2

01. « Sur la route des Allumés », Xavier Garcia (8:53).
02. « Les travailleurs du disque dans le miroir des allumettes », Jean-Jacques Birgé (4:07).
03. « Des airs cultes (en sabots) », Collectif Ishtar (2:28).
04. « Fonderie Topophonographique »,  Le Fondeur de Son (4:01).

Les musiciens

L'1CONSOLBALE ET LES DAMNES DU SKEUD
L’1consolable (rap, esquisse originelle, tempo), Alfred Cat (réalisation cubique), Sylvain Kassap (clarinette basse), Christiane Bopp (trombone), Géraldine Laurent (saxophone alto), Tony Hymas (clavier basse), Etienne Gaillochet (batterie), Laurent Rochelle (clarinette basse), Ève Risser (accordéon), Antonin-Tri Hoang (accordéon), Catherine Delaunay (clarinette), Jean-Brice Godet (clarinette basse), Nathan Hanson (saxophone soprano), Tony Hymas (piano), François Corneloup (saxophone baryton), Pablo Cueco (percussions), Mirtha Pozzi (percussions), (Hasse Poulsen) guitare, Daniel Erdmann (saxophone ténor), Edward Perraud (d), Léo Remke-Rochard (voix, électroniques), Jack Dzik (batterie), Jean-François Pauvros (guitare), Benoît Delbecq (piano), Pascal Van den Heuvel (rire), Jacky Molard (violon), Hélène Labarrière (contrebasse), Janick Martin (accordéon diatonique), Yannick Jory (saxophone soprano) et Serge Adam (trompette électrique).

JAZZ COMPOSERS ALLUMES ORCHESTRA
Géraldine Laurent (saxophone alto), Morgane Carnet (saxophone ténor), Sylvain Kassap (clarinette basse), Michel Edelin (flûte), Rémi Gaudillat (trompette), Serge Adam (trompette), Christiane Bopp (trombone), Loïc Bachevillier (trombone), Jean-Philippe Viret (contrebasse), Samuel Silvant (batterie) et  Bruno Tocanne (batterie).

XAVIER GARCIA
Avec des emprunts joyeux et amicaux à:
La marmite infernale "Goupil" / Album Les hommes maintenant… avec Jean Aussanaire, Guy Villerd, Jean-Paul Autin,, Clément Gibert (anches), Guillaume Grenard (trompette),, Jean-Marc François (cornet), Olivier Bost (trombone), Xavier Garcia (sampler, electronics), Eric Brochard (guitare basse), Jean Bolcato (contrebasse), Christian Rollet,, Alfred Spirli, Michel Boiton (batterie, percussions) LABEL ARFI  // imuZZic Grand(s)Ensemble "Small town agonist " / Album Over The Hills . Composition : Carla Bley - Texte : Paul Haines- Arrangement : Rémi Gaudillat, avec Jean Aussanaire (saxophones), Olivier Thémines (clarinette), Alain Blesing (guitare), Rémi Gaudillat (trompette), Antoine Läng (voix, effets), Perrine Mansuy (piano), Fred Roudet (trompette), Bernard Santacruz (contrebasse), Bruno Tocanne (batterie) LABEL IMR // Les Voyageurs de l’Espace "Moteur" / Album Les Voyageurs de l’Espace. Composition : Didier Petit, avec Didier Petit (violoncelle), Claudia Solal (chant), Philippe Foch (percussions) IN SITU - BUDA MUSIQUE // Samuel Silvant Quartet "De l’autre côté de la voie ferrée" /  Album : De l’autre côté de la voie ferrée . Compositeurs : Philippe Deschepper, Samuel Silvant, avec Olivier Thémines (clarinette), Philippe Deschepper (guitare), Bernard Santacruz (contrebasse), Samuel Silvant (batterie) JU JU WORKS // L’arbre Canapas "Noël" / Album TTTW Compositeur : Guillaume Grenard, avec  Gérald Chagnard (mandoline), Christophe Gauvert (basse), Guillaume Grenard (trompette, cor), Thibaut Martin (batterie, vibraphone), So ane Messabih (saxophones accordéon), Nicolas Pellier (batterie) L'ARBRE CANAPAS // Marc Sarrazy, Laurent Rochelle  "Infra musique #1 : l’homme assis dans le couloir" / Album : Chansons pour l’oreille gauche. Compositeurs : Marc Sarrazy, Laurent Rochelle, avec Marc Sarrazy, Laurent Rochelle (piano préparé à 4 mains)  LINOLEUM RECORD  // Anti Rubber Brain Factory "Kromagnons" / Album : Ask The Dust. Compositeur : Yoram Rosilio , avec Jean-Philippe Saulou (piano électrique), Yann Pittard (guitare), Brenda Ohana (vibraphone, percussions), Yoram Rosilio (basses), Eric Dambrin (batterie) LFSD RECORDS // Christofer Bjurström "Perdu d’avance" / Album : Carnet de croquis d’un voyageur immobile, compositeur : Christofer Bjurström, avec Cécile Girard (violoncelle), Christophe Rocher (clarinette), François Malet (batterie), Christofer Bjurström (piano) MZ RECORDS // Ill Chemistry "Tahrir square everywhere" / Album  Ill Chemistr : auteurs compositeurs arrangeurs : Desdamona, Carnage The Executioner, Mohamed Abozekry, Paul Marino, avec Desdamona (voix), Carnage The Executioner (voix, beatbox), Mohamed Abozekry (oud) NATO - HOPE STREET  // Dominique Pifarély "Décembre"  Inédit Dominique Pifarély (violon) POROS EDITION //  Big Band Quoi de neuf docteur  "Andante Cantabile" / Album  À l’envers. Compositeurs : Serge Adam, Jean-Louis Chautemps, Benjamin Henocq, avec  Philippe Botta (saxophone), Gilles Miton (flûte), Charles Schneider, Gilles Miton, Guillaume Orti, Jean-Louis Chautemps, Philippe Botta, Philippe Sellam (anches), Serge Adam, Bruno Krattli, Claude Egéa, Claus Stötter, Georges Beckerich, Peter Volpe (trompettes), Damien Verherve, Daniel Casimir, Denis Leloup, Geofroy De Masure (trombones), François Thuillier (tuba), Benoît Delbecq (piano), Hubert Dupont (contrebasse), Benjamin Henocq (batterie), Annick Tangorra (chant)  QUOI DE NEUF DOCTEUR // Mirtha Pozzi, Pablo Cueco "Tôle et galets" (Inédit) Mirtha Pozzi et Pablo Cueco (percussions)  TRANSES EUROPEENNES // Hubert Dupont « Pendulair »/ Album : Smart Grid. Compositeur : Hubert Dupont , avec Denis Guivarc’h (saxophone alto), Yvan Robilliard (piano), Pierre Mangeard (batterie), Hubert Dupont (contrebasse) ULTRABOLIC - UTRACK // Denis Fournier, Denman Maroney "Celestial Light" / Album : Intimations avec Denis Fournier (batterie, percussions), Denman Maroney (hyperpiano) VENT DU SUD

LES MARTINE'S ET TRISTAN MACE
Anne Mars (voix), Richard Maniere (guitare) et Tristan Macé (bandonéon).

Collectif ISHTAR
Benoît Cancoin (contrebasse), Nicolas Desmarchelier (guitares acoustique et électrique), Cyril Darmedru (synthétiseurs analogiques), Eddy Kowalski (saxophone soprano), Xavier Saïki (guitare électrique), Tony Di Napoli (lithophone), Olivier Toulemonde (conférence archéomusicale),  avec les voix de Sylvain Nallet, Gérald Chagnard, Lætitia, Pauget, Hélène Peronnet, Jules Toulemonde et la participation exceptionnelle de Gérard Authelain.

FONDEUR DE SON
Florent Dupuit (saxophone ténor), Nicolas Souchal (trompette), Niels Mestre (guitare), Stef Maurin (guitare), Yoram Rosilio (contrebasse).

15 avril 2019

Sur le quai en avril…


Seul à la barre de Jazz à bâbord, il n’est malheureusement pas toujours possible d’embarquer tous les disques qui veulent lever l’ancre chaque mois ! Voici ceux qui sont sur le quai en avril…

Pour Barbara
Guillaume de Chassy (p)
NoMadMusic – NMM059
Sortie le 5 avril 2019








Warm Canto
Leïla Martial – Baa Box
Leïla Martial (Voc), Pierre Tereygeol (g, voc) et Eric Perez (d, voc)
Laborie Jazz – LJ48
Sortie le 12 avril 2019






  
Musica sin fin
Mario Stantchev (p)
Sortie le 19 avril 2019








… Et autres chants d’oiseaux
Michel Mandel (cl), Guillaume Roy (alto), François Raulin (p, m’bira), Pascal Berne (b) et Jean-Marc Quillet (acc, percu).
Sortie le 25 avril 2019








Sea of Red
Naïma Quartet
John Owens (g), Jules Le Risbé (p), Naïma Girou (b, voc) et Thomas Domene (d)
NaïmaQuartet – NQ2/1
Sortie le 26 avril 2019







Music Is???
The Golden Gate Quartet
Frank Davis (voc), Michael Robinson (voc), Thierry François (voc) et Paul Brembly (voc)
10H10 – 10H-24
Sortie le 26 avril 2019







Farangi
Claire Antonini (théorbe) et Renaud García-Fons (b)
e-motive – EMO 191
Sortie le 26 avril 2019







Cosmic Dream
David Prez (ts), Vincent Bourgeyx (p), Matt Penman (b) et Obed Calvaire (d)
Sortie le 26 avril 2019

14 avril 2019

La revue Aux ronds-points des Allumés du Jazz...


Le samedi 13 avril 2019 se tiendra le neuvième Disquaire Day. A cette occasion Les Allumés Du Jazz (LADJ), association de producteurs phonographiques indépendants formée en 1995, sort la revue Aux Ronds-Points des Allumésdu Jazz, qui se présente comme le hors-série n°37 bis du journal LADJ, daté d’octobre 2018.


« Vendue au prix de cinq euros, ce qui n’est pas trop choquant », la revue compte cent vingt-deux pages en couleurs, sans la moindre publicité… Pour dix-huit euros de plus, Aux Ronds-Points des Allumés du Jazz est accompagné d’un « album en forme de rond-point qui aurait des oreilles de 33 tours ». Comme l’indique le sous-titre, « Suit aux rencontres d’Avignon », la revue reprend, entre autres, des articles et des interventions tirées des débats « Enregistrer la musique, pour quoi faire ? », organisés les 6, 7 et 8 novembre 2018. Une cinquantaine de rédacteurs, une vingtaine d’illustrateurs et une douzaine de photographes se penchent sur des thèmes aussi divers que l’enregistrement, les collectifs, la critique, le numérique, l’image, le son, la production, les métiers du disque, l’autoproduction, l’artisanat, les aides… Les textes sont plutôt courts (une à deux pages, à de rares exceptions près) et abordent la plupart des sujets sur le ton du journalisme, mais aussi sous forme de contes (Pablo Cueco, Saturnin Le Canard, Pascal Bussy…) ou de poèmes (Jean Rochard, Cyril Darmedru et Anne Mars).

Enregistrer la musique pour quoi faire ? est vu à travers une nouvelle onirique de Cueco, des réflexions de P.-L. Renou et des textes aux accents pamphlétaires de Rochard et Gontran de Mortegoutte, qui reviennent sur le mouvement des gilets jaunes et le ras-le-bol d’une partie de la société. Une photo symbolique en pleine page de Patrice Azevedo et Hans Lucas reflète d’ailleurs l’Acte IV des Gilets Jaunes, à Paris, Place de la République, le  8 décembre 2018. De son côté, Guy Girard s’est amusé à prendre en photos des ronds-points insolites... Toujours au chapitre des actes de résistance, l’incontournable Guy Le Querrec présente la photo d’une manifestation au stade Charléty en mai 1968 : au premier plan, devant la foule des manifestants, un couple statufié s’embrasse tandis que l’homme brandit un drapeau à deux mains… comme La Liberté guidant le peuple !


Bruno Tocanne lance le débat sur la richesse des collectifs, que Guillaume Grenard poursuit avec un abécédaire amusant. Citoyens du monde et démocratie directe semblent mettre d’accord l’ensemble des rédacteurs. Alexandre Pierrepont s’intéresse aux communautés du jazz à Detroit dans les années soixante, et plus particulièrement au rôle fédérateur de John Sinclair. Toujours dans le volet historique, Christian Rollet revient sur la genèse de l’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire, des origines – en 1968 au Hot Club de Lyon – à sa naissance officielle, en 1977, via l’Association pour la Nouvelle Musique. Thomas Dunoyer de Ségonzac s’interroge : « qu’est-ce donc que l’aventure collective, si elle ne surgit jamais de rien et n’arrive nulle part ? ». Parmi les fragments de discussions cités, Pierrepont constate avec humour que « quand on est vraiment cool, de nos jours, on ne fait pas juste un groupe de musique, on fait un « collectif de musiciens »… Morgane Carnet raconte ensuite l’aventure du collectif 2035.

Expolio est une suite photographique de Judith Prat sur les mineurs de coltan (minerai de base pour le niobium et le tantale, métaux rare utilisés notamment en électronique) en République Démocratique du Congo. Des photos factuelles, impitoyables et sombres décrivent des scènes quasiment moyenâgeuses. Francis Marmande commente avec acuité le témoignage de cette photojournaliste solidaire : « les images de Judith Prat insistent, résistent, persistent ». Guillaume Pitron fait une intervention passionnante sur le numérique et l’écologie. Il souligne notamment qu’une écoute en ligne est moins polluante que l’achat d’un disque… mais que l’informatique, grande consommatrice de métaux rares, est une source de pollution majeure. Pitron donne quelques exemples édifiants : fabriquer un portable de cent vingt grammes nécessite soixante-dix kilogrammes de matières ; la consommation d’électricité par l’informatique au niveau mondial est identique à celle de la France ; les émissions à effet de serre d’Internet sont équivalentes à deux ans de trafic aérien... Hervé Krief accuse, lui, internet et les smartphones « de détruire le savoir-penser ». Quand il réfléchit sur le streaming, Sophian Fanen constate qu’il s’accompagne d’« une quête effrénée du volume », peu en accord avec des types de musiques comme le jazz…

Dans le chapitre sur la critique, la revue cite judicieusement André Bazin : « la fonction du critique […] [est] de prolonger le plus loin possible dans l’intelligence et la sensibilité de ceux qui le lisent, le choc de l’œuvre d’art »… De son côté, Cécile Even propose une approche poétique et sans jugement, elle veut être « libre de créer une forme écrite qui [lui] ressemble dans l’écoute ». Jacques Denis livre son regard sur son métier de critique et Luc Bouquet raconte avec humour comment il est devenu « jazzcritic ».

Thierry Jousse, Jean-Jacques Birgé et Jean-Louis Comolli décrivent la complexité de mettre la musique en images, car, comme le dit Birgé, « le son est évocateur là où l’image impose sa présence » et « l’image prime toujours sur le son dans la mémoire ». Didier Petit, pour sa part, s’interroge sur la dictature du « teaser ».

Dans son article, « Enregistrer : la troisième révolution de la musique », Guillaume Kosmicki retrace brièvement l’histoire de l’enregistrement musical : l’apparition de l’écriture musicale au VIII-IXe siècle, avec les neumes ; l’Harmonice Musices Odhecaton, première partition imprimée, en 1501 par Ottavio Pettruci ; le phonographe, inventé en 1877 par Thomas Edison ; l’enregistrement de l’Original Dixieland Jazz Band, en 1917 ; et le sampler, « premier instrument de musique reposant entièrement sur la technique de l’enregistrement ». Gérard de Haro revient sur sa profession d’ingénieur du son : « pour moi, une prise c’est un cliché de ce qui vient de se passer ». Quant à Jean-Marc Foussat, il décrit ses convictions : « c’est vraiment ça : moi, mon idée, c’était que la musique était vraiment trop belle et qu’il fallait la rendre… un jour ! ». La conclusion de Michel Dobron est sans appel : « la « révolution numérique » […] n’a eu strictement aucun impact, ni sur ma façon de produire mes albums, ni sur leur coût, ni sur le temps de production, sauf à rogner sur la qualité »… Quelques intervenants partagent leurs expériences de la diffusion dans d’autres domaines artistiques, à l’instar de Patrick Guivarc’h et le cinéma Utopia à Avigon, ou Valérie de Saint-Do pour le livre, à travers les médiathèques, les librairies …

Les labels sont évoqués sous le signe de l’indépendance et de l’artisanat : Simone Hédière commence par rendre hommage aux travailleurs du disque ; Olivier Gasnier et Théo Jarrier réagissent sur la valeur marchande du disque, le capitalisme... ; Nicolas Talbot retrace l’aventure du Petit Label ; Léo Remke-Rochard revient sur la nécessité des petites séries. Dans un ordre d’idées similaire, Nico Nissim, Eve Risser, Alexandre Herer et l’1nconsoable partagent leurs expériences de l’autoproduction.


Les débats s’achèvent sur une analyse du rôle des subventions, animée par Serge Adam, avec Daniel Yvinec, Nadine Verna (Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale de la région PACA) et Laetitia Zaepffel (l’Atelier du Plateau). Si l’importance du disque est réaffirmée, les interlocuteurs insistent sur l’uniformisation des propositions causée par la concentration de la production sur quelques acteurs, que les aides peuvent, justement, permettre de combattre. Yvinec termine par une note optimiste dans laquelle il espère que « tous les « acteurs du monde du jazz » se sont engagés dans la voie de cette musique par une passion qui n’a que peu à voir avec la gloire, l’argent ou le pouvoir » et que, finalement, comme en musique, la solution à la plupart des problèmes passe par l’écoute : « on y revient toujours, à l’écoute… ». Le débat est conclu par Zaepffel qui défend l’intérêt des subventions.

Comme l’illustre la couverture, signée Nathalie Ferlut, Aux Ronds-Points des Allumés du Jazz tape du point sur la table pour dénoncer une société mercantile où tout n’est que question de prix, classements, promotion, rendement, publicité, consommation… Si les analyses sont évidemment abordées plutôt dans l’environnement de la musique, le message d’alerte, lui, est plus global : que la société ne s’enferme pas dans un système qui menace l’humanité !