28 juin 2022

Ôtrium – Quentin Ghomari

Papanosh, Ping Machine, l’ONJ, Pegazz et l’Helicon, Les Vibrants Défricheurs…
Quentin Ghomari emmène sa trompette dans des aventures pour le moins mouvementées ! Ôtrium – contraction de trio et d’otium, le temps libre en latin – est son dernier projet en date, avec Yoni Zelnik à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie. Leur premier opus éponyme sort le 10 juin 2022 chez NeuKlang.

Les neuf compositions sont de Ghomari. Le trompettiste rend hommage à Miles Davis (« Charms of Miles's Skies »), sans doute aussi à Kenny Wheeler et Jim Hall (« Kenny & Jim » ?) et peut-être à Philly Joe Jones (« Joe l’invisible » pour le batteur de Miles ?). Il évoque également Jules Romain (« Knock Knock ») et s’amuse avec « Scratched Disk » ou les néologismes « Striptyque », et « Ôtrium ». L’illustration de la pochette, signée Claire Detallante, représente des bols-visages dans un style bande-dessinée onirique, bien dans le style du disque.

Si l’absence de piano, ou autre instrument polyphonique et harmonique, lui laisse beaucoup d’espaces, le trio a besoin d’une bonne dose d’inventivité pour se renouveler. Sur ce point, Ghomari, Zelnik et Paganotti ont incontestablement trouvé leur voie. L’équilibre des voix (« Striptyque »), les interactions (« Charms of Miles Skies »), la gestion habile des rythmes (« Joe l’invisible »), la variété des développements (« Last Minute Call »), les touches ludiques (« Scrtached Disk »), les thèmes vifs et astucieux (« Babillages »)… tout révèle une écoute intense et beaucoup de connivence entre les trois musiciens. La batterie de Paganotti est particulièrement musicale, entre un foisonnement léger (« Scratched Disk ») et des passages binaires (« Striptyque »), quelques stop-chorus dynamiques (« Joe l’invisible »), un chabada énergique (« Babillages »), et un drumming toujours flexible et solide (« Ôtrium »). Des lignes souples (« Kenny & Jim »), une belle tessiture (« Striptyque »), des walking entraînantes (« Joe l’invisible »), un soutien rythmique puissant (« Ôtrium ») et des échanges judicieux (« Babillages ») : Zelnik est lui aussi un contrebassiste mélodieux ! Quant à Ghomari, son phrasé limpide (« Kenny & Jim »), son timbre clair et net (« Ôtrium ») et ses trouvailles ne laissent de surprendre : le solo a capella truffé de technique étendue de « Knock Knock », quasiment un chant pygmée ; « Scratched Disk » et ses clins d’yeux au Vieux Carré de New Orleans ; la course-poursuite de « Joe l’invisible » ; les quelques pas de valse au milieu de « Striptyque » ; l’élégance nostalgique de « Ôtrium »...

Sur une base néo-bop bien assumée, Ghomari, Zelnik et Paganotti ont su trouver cette alchimie qui fait d’Ôtrium un disque original et piquant !

Le disque

Ôtrium
Quentin Ghomari
Quentin Ghomari (tp), Yoni Zelnik (b) et Antoine Paganotti (d).
NeuKlang – NCD4260
Sortie le 10 juin 2022

Liste des morceaux

01. « Knock Knock » (1:14).
02. « Kenny & Jim » (6:33).
03. « Scratched Disk » (4:37).
04. « Ôtrium » (5:14).
05. « Last Minute Call » (4:58).
06. « Joe L'invisible » (3:25).
07. « Charms of Miles's Skies » (4:18).
08. « Babillages » (2:57).
09. « Striptyque » (10:13).

Tous les morceaux sont signés Ghomari.

24 juin 2022

Espèces d’espaces – Bopp – Fréboeuf – Lasserre

En 2020, à la sortie du confinement,
Christiane Bopp, Didier Frébœuf et Didier Lasserre enregistrent Espèces d’espaces, qui sort en avril 2022 chez Instant Music Records. Le titre du disque est celui de l’essai poétique éponyme de Georges Perec, publié en 1974.

Un peu comme dans le « journal d’un usager de l’espace », le trio explore son cosmos : quatre espaces vus sous onze angles différents… Pour illustrer leur quête, Bopp, Frébœuf et Lasserre ont choisi une photographie de Pierre Duffour prise dans le parc de Kronvalda, à Riga, et qui met en scène Sam, un singe dans une combinaison d’astronaute. Cette sculpture de douze mètres signée Denis Prasolov est un hommage à tous les animaux morts dans les vols spatiaux... Devant cet anthropomorphisme visuel, impossible de ne pas penser à La Planète des singes, film réalisé par Franklin Schaffner en 1968. D’ailleurs, sa bande-son composée par Jerry Goldsmith – générique, final, « Diamant Noir », « La zone interdite »… – est assez proche de l’esprit d’Espèces d’espaces.

La construction d’Espèces d’espaces s’apparente évidemment à celle d’une suite. Dans les trois premiers mouvements – « Multiple », « Elargi » et « Irisé » – trombone, piano et percussions rivalisent de bourdonnements, craquements, vibrations, crépitements, rugissements, grincements, pétarades, roulements et autres souffles. Ces interactions bruitistes, ça-et-là, parsemées de motifs esquissés ou de vocalises éthérées, évoquent la science-fiction avec, parfois, une touche méditative. Dans Espace II, entre « Fragmenté » et « Immersif », toujours marqués par des assemblages de bruitages entre faune marine et résonance spatiale, « Pressurisé » s’inscrit dans une lignée free jazz : démarrage abrupt en opposition, puis trilogue sous forme de phrases heurtées du piano, caquètements vifs du trombone et foisonnement de la batterie. Avec ses échanges percussifs, ses questions-réponses imprévues et ses strates sonores intenses, le troisième espace - « Lointain », « Euclidien », « Intersideral » - rappelle encore davantage la musique contemporaine. Quant à « Supendu » et « Horizontal », qui forment le quatrième espace et concluent le disque, ils hésitent entre le gamelan et les mystères de l’univers...

Amas de matières rythmiques et sonores en mouvements, Espèces d’espaces est une suite musicale abstraite et… intersidérante !

Le disque

Espèces d’espaces
Bopp – Fréboeuf - Lasserre
Christiane Bopp (tb, voc, perc), Didier Frébœuf (p, perc) et Didier Lasserre (d, perc).
Instant Music Records – IMR0011
Sortie en avril 2022

Liste des morceaux

Espace I
01. « Multiple » (2:04).
02. « Elargi » (5:29).
03. « irisé » (2:58).
Espace II
04. « fragmenté » (2:47).
05. « pressurisé » (2:06).
06. « immersif » (4:50).
Espace III
07. « lointain » (3:56).
08. « euclidien » (3:46).
09. « intersideral » (8:18).
Espace IV
10. « suspendu » (4:02).
11. « horizontal » (4:54).

Toutes les compositions sont du trio.


5 juin 2022

Jazz Out Of Norway

Quand le jazz norvégien hausse le ton !

Si l’on excepte une formation afro-américaine, mais pas vraiment jazz (Negerkapellet), venue en Norvège en 1898, l’histoire du jazz en Norvège remonte aux années vingt, avec, en 1921, le premier concert de jazz à proprement parler (Bodø Jazz Band) et, à partir de 1923, les premières formations locales, dont le Sixpence Jazzband, Freddie Valiers String Swing, Robert Normann... 1938 est l’année du premier disque de jazz norvégien, enregistré par les Funny Boys. La seconde guerre mondiale met un coup d’arrêt au développement du jazz en Norvège. Il faut attendre le début des années cinquante pour que la scène du jazz retrouve sa vitalité avec, notamment, le Big Chief Jazz Band et l’orchestre du pianiste Kjell Karlsen. A partir des années soixante, mais surtout soixante-dix, le jazz norvégien gagne ses lettres de noblesse grâce au saxophoniste Jan Garbarek, à la chanteuse Karin Krog, au batteur Jon Christensen, au guitariste Terje Rypdal, au contrebassiste Arild Andersen


En 1980, le Conservatoire de Musique de Trondheim ouvre une classe de jazz qui va former la plupart des musiciens de jazz contemporains. Aujourd’hui, les musiciens de jazz norvégiens écument clubs et festivals, à l’instar de Bugge Wesseltoft, Nils Petter Molvaer, Christian Wallumrod, Tord Gustavsen, Mathias Eick, Eivind Aarset, Jacob Young sans oublier des formations telles que Jaga Jazzist, Wibutee, Atomic...

Créé en 1953, le Norsk Jazzforum a pour vocation de soutenir et faire connaître le jazz norvégien. L’institution est non seulement présente à Oslo, mais aussi dans cinq régions, et soutient une vingtaine de festivals, autour de soixante-quinze clubs de jazz, quelques cent vingt orchestres, près de six cent musiciens professionnels et plus de cent trente étudiants… Le Norsk Jazzforum a également créé le Victoria Nasjonal Jazzscene en 2006, un club de trois cent places, à Olso. Depuis 2012, le Norsk Jazzforum publie chaque année une compilation qui dresse un état des lieux du jazz norvégien. En 2022, le double-disque sort le 28 avril, avec trente morceaux extraits d’albums enregistrés entre 2020 et 2022.


PianoKjetil Mulelid

Kjetil Mulelid a imaginé le répertoire de Piano (Rune Grammofon – 2021) pendant le confinement. Cet album solo a été enregistré sur un Bösendorfer de 1919, à quelques cent vingt kilomètres d’Oslo, dans le mythique studio Athletic Sound, fondé à Halden en 1983 par Kai Andersen. Comme le souligne Mulelid, il est « constamment à la recherche d’une belle mélodie, d’un rythme fascinant ou d’un son intéressant ». Avec ses ligne mélodiques élégantes, au parfum romantique et aux développements sophistiqués, « Beginning » en est la confirmation !


Human Samling – Harald Lassen

Harald Lassen sort Human Samling en 2020 chez Jazzland Recordings avec son quintet, constitué de Sander Eriksen Nordhal aux guitares, Bram De Looze au synthétiseur et piano, Stian Andersen à la contrebasse et Tore Flatjord à la batterie. Le saxophoniste veut que ses albums raconte une histoire. « How It Feels Pt. 2 » juxtapose plusieurs tableaux : d’abord baroque, avec des contrepoints amusants, ensuite un piano cristallin, plutôt contemporain, sur une rythmique douce et des effets d’arrière-plan, puis une tournerie dansante du ténor, accompagnée de poly-rythmes et du piano en contre-chant… Un foisonnement sonore vivant et très cinégénique !


Asura – Marthe Lea Band

Marthe Lea
a monté son quintet en 2018 avec Hans P. Kjorstad au violon, Andreas Røysum à la clarinette, Egil Kalman à la contrebasse et Hans Hulbœkmo à la batterie. « Sakina » fait partie de Asura, sorti en 2021 chez Motvind Records. Un unisson abrupt expose un thème-riff ardent sur une batterie dense et un motif de contrebasse entraînant. Le développement s’articule autour de lignes dynamiques superposées, qui évoquent une fanfare free, puis une transe, basée sur des boucles vocales incantatoires. Marthe Lea Band s’amuse et fait danser les notes dans une ambiance jubilatoire.


Being – Eyolf Dale

Dans la lignée des trios piano – contrebasse – batterie, Eyolf Dale convoque Per Zanussi et Audun Kleive pour Being, enregistré au Oslo Concert Hall et publié en 2021 chez Edition Records. « Northern Brewer » s’appuie sur une section rythmique vive, légère et entraînante, avec les lignes mélodieuses de la contrebasse et les frappes serrées de la batterie. Le piano alterne énergie et délicatesse. La main gauche se joint aux motifs entraînants de ses deux compères, pendant que la main droite déroule des phrases fluides. Un morceau néo-bop malin.


Ambush – A Tonic For The Troops

A Tonic For The Troops est un quartet animé par la contrebassiste Ellen Brekken. Le saxophoniste Magnus Bakken, le pianiste Espen Berg et le batteur Magnus Sefaniassen Eide complètent le combo. « The Capitulation of Alexandria » ouvre Ambush, édité en 2021 chez Odin Records. Des poly-rythmes dansants, des riffs puissants du piano, des accents moyen-orientaux, des lignes de basse sourdes et carrées et des mélodies lointaines du soprano, parsemées de modulations, pour un morceau qui s’emballe dans une course effrénée... Un jazz moderne énervé !


The Earth is # – Friends & Neighbors

Friends & Neighbors est un quintet norvégien-suédois. André Roligheten (saxophones, clarinettes et flûte), Thomas Johansson (trompette), Oscar Grŏnberg (piano), Jon Rune Strøm (contrebasse) et Tollef Østvang (batterie) se sont rencontrés à Trondheim en 2008. The Earth Is #, leur cinquième disque, sort en 2021 chez Clean Feed Records. Après un démarrage dans un esprit hard-bop, avec des questions-réponses entre le piano et le reste de l’orchestre à l’unisson, « Untitled » démarre sur un chorus du piano, au swing solide, porté par une walking et un chabada. Quand les soufflants entrent dans la danse, le morceau vire free, avec des solos tendus et le soutien d’un riff puissant de la contrebasse et d’une batterie touffue. Le quintet mélange les genres – bop et free – et les musiciens jouent au chat et à la souris...


Bricoleur – Jakop Janssønn

Le percussionniste Jakop Janssønn a réuni le tubiste Daniel Herskedal, le violoniste Håkon Aase et l’orchestre Arktisk Filharmoni pour Bricoleur, album sorti en 2020 chez Finito Bacalao Records. Bricoleur est marqué par la musique Sami, culture dont est issue Janssønn. « Jámežiid heajat » en donne un bon exemple : percussions omniprésentes, complexes et en interaction constante avec le tuba et le violon, thème majestueux au tuba, nappes de cordes discrètes, riff et mélodie aux allures jazz-folk, accentuée par le jeu du violon… Un morceau vivant dans un univers tout à fait personnel.


House On A Hill – Terje Gewelt

House on A Hill – évocation du confinement –, sorti en 2020 chez Resonant Music, est le treizième disque de Terje Gewelt. Pour l’occasion le contrebassiste est entouré de Bjørn Klakegg à la guitare, Erlend Slettevoll au piano et claviers, et Terje Evensen à la batterie. Les cliquetis de la batterie et le motif sur deux notes de la contrebasse impriment un rythme dansant, sur lequel la guitare joue « House on A Hill », un air mélodieux, repris dans un chorus musical de la contrebasse. Le morceau s’inscrit dans une veine jazz aux accents pop rock.



Velkommen håp - Flukten

Flukten est né en 2020 : un an après, le quartet sort Velkommen håp chez Odin Records. Flukten, c’est Hanna Paulsberg au saxophone ténor, Marius Hirth Klovning à la guitare, Bárŏur Reinert Poulsen à la contrebasse et Hans Hulbœkmo à la batterie. Au titre des influences, le quartet cite pêle-mêle John Coltrane, Bill Frisell, Carla Bley, Annette Peacock, Paul Bley… Le ton est donné ! Le morceau éponyme, « Velkommen håp », fait des va-et-vient autour d’un thème-riff. Une batterie brutale, une contrebasse supersonique, une guitare et un ténor furibonds, qui poussent des cris à la Albert Ayler et se livrent des joutes sonores déchaînées… Flukten navigue dans les eaux free noise.


Dust Breathing – Møster!

Møster! est un quartet formé par le saxophoniste et multi-instrumentiste Kjetil Møster avec Hans Magnus Ryan à la guitare, Nikolai Haengsle à la basse et Kenneth Kapstad à la batterie. «  The Bonfire, The Sun » est tiré de Dust Breathing, sorti en 2020 chez Hubro. Ostinatos de la guitare, et rythmique régulière et entraînante, avec des couleurs folk, servent d’écrin à la clarinette basse qui décline un thème élégant. Le groupe monte en puissance, porté par des effets lointains, une rythmique hypnotique et les phrases électrifiées du saxophone. La musique de Møster! est puissante, marquée par le folk et l’électro.


Gold – Elin Rosseland and Johannes Eick

Elin Rosseland
et Johannes Eick jouent ensemble depuis près de quarante ans… « Silence Wind and Water », extrait de l’album Gold, sorti en 2020 chez Curling Legs, a été conçu comme « un cadre pour improviser ». La voix claire, le timbre soyeux et le phrasé distinct de Rosseland se marient aux lignes élégantes et déliées de la contrebasse. L’improvisation en duo, avec les vocalises qui dialoguent avec la contrebasse, est particulièrement élégante.




Subaqueous Silence – Ayumi Tanaka Trio

Débarquée du Japon il y a une dizaine d’année, la pianiste Ayumi Tanaka s’est entourée de Christian Meaas Svendsen à la contrebasse et Per Oddvar Johansen à la batterie. Après un premier disque, Memento, le trio publie Subaqueous Silence chez ECM en 2021. Fidèle à la ligne éditorial du label munichois, « Ruins II » confirme que le moins n’est pas l’ennemi du mieux. Le minimalisme est de rigueur : une ligne de piano clairsemée qui suggère la mélodie, une contrebasse qui évolue en contre-chant et une batterie toute en retenue, le tout parsemé de silences… « Ruins II » est ultra-méditatif.



Ungdomskilden – Wendra Hill

Le duo Wendra HillJo David Meyer Lysne au synthétiseur et Joel Ring à la basse – invite le batteur Øyvind Hegg-Lunde pour Ungdomskilden, sorti en 2021 chez Playdate Records. « Slanger Og Nattergaler » démarre sur une voix off. La suite est un collage d’effets électro, bruitages lointains, vagues de sons, jeux de percussions et motifs courts du piano. La musique de Wendra Hill est un véritable paysage sonore...






Nature Hath Painted The Body – Jonas Cambien trio

Jonas Cambien est né en Belgique, mais installé à Oslo. Le pianiste a enregistré Nature Hath Painted The Body en 2021 pour Clean Feed Records en compagnie d’André Roligheten aux saxophones soprano et ténor, et d’Andreas Wildhagen à la batterie. « Mantis » est conçu autour d’une tournerie aux couleurs des Balkans, qui évolue en boucle dans l’esprit de la musique répétitive, sur une rythmique hypnotique et les saillies débridées du ténor. Un free folk captivant.




Unheimlich Manoeuvre - Jo Berger Myhre

Unheimlich Manoeuvre
sort en 2021 chez RareNoiseRecords. Le bassiste et multi-instrumentiste Jo Berger Myrhe y joue en quartet, avec Jo David Meyer Lysne à la guitare, Jana Anisimova au piano et Morten Qvenild au synthétiseur. Unheimlich Manoeuvre combine improvisation et montage post production. « Aviary » est exposé à l’unisson par le piano et le synthé, soutenus par une pédale de la basse, accompagnée de claquements électriques. Le thème, entre romantisme et Lounge, est ensuite répété et souligné par des effets électro abondants. « Aviary » pourrait s’apparenter à de l’Ambient.



The Land In-Between – Shannon Mowday & Lila

In 2019, la clarinettiste contre-alto Shannon Mowday forme un quartet avec Helge Lien au piano, Johannes Eick à la contrebasse (à six cordes) et Erik Nylander à la batterie. The Land In-Between, hommage à Courtney Pieters, est sorti en 2020 chez OKWorld Records. « Supposing », composé d’après le poème éponyme d’Alan Alexander Milne, repose sur des jeux rythmiques dansants, des questions – réponses élégantes entre le piano et la clarinette, des chorus intenses, des séries de contrepoints… Le quatuor a une belle sonorité naturelle, les interactions sont piquantes et l’ensemble évoque un jazz de chambre.


(Exit) Knarr – Ingebrigt Håker Flaten

Ingebrigt Håker Flaten
est le contrebassiste fondateur des groupes Atomic et The Thing. Mais pour (Exit) Knarr (Odin Records – 2021), il a monté un octet avec Mette Rasmussen au saxophone alto, Atle Nymo au saxophone ténor et aux clarinettes, Eivind Lønning à la trompette, Oddrun Liljaj Onsdottir à la voix et à la guitare, Oscar Grönberg au piano et aux claviers, Veslemøy Narvesen et Olaf Olsen à la batterie et aux percussions. « Miles Ave – For Austin » n’est lié ni à Miles Davis, ni à une demoiselle Austin, mais au nom d’une rue de la ville texane où le contrebassiste « s’est marié et a divorcé » ! Frappes de mains, cliquetis, coups épars... lancent le morceau. Sur des percussions rapides et régulières, et des riffs profonds et groovy de la contrebasse, le piano reste minimaliste, tandis que les soufflants lâchent des stridences, jets de sons, bruitages et autres cris. Ce foisonnement monte en puissance pour déboucher sur un thème-riff claironnant, joué à l’unisson, puis, dans un décor de sons luxuriants et une rythmique entêtante, le chorus de la trompette s’aventure dans un terrain free… La fanfare d’IHF est clairement expressionniste !


Fredsfanatisme – Andreas Røysum Ensemble

En 2019, le clarinettiste Andreas Røysum crée son ensemble avec huit amis musiciens : Henriette Eilertsen à la flûte, Signe Emmeluth au saxophone alto, Marthe Lea au saxophone ténor, Hans P. Kjorstad au violon, Joel Ring au violoncelle, John Andrew Wilhite et Christian Meaas Svendsen à la contrebasse, et Andreas Wildhagen et Ivar Myrset Asheim à la batterie. Après un premier album éponyme sorti en 2020, le nonette récidive avec Fredsfanatisme, sorti en 2021 chez Motvind Records. Dans « Hina, Hina », la rythmique est véloce, nerveuse et incantatoire, le thème est un riff joyeux avec des accents de musique du monde, voire folk quand la flûte et le violon s’en mêlent, la pâte sonore est dense et colorée, et les développements s’appuient sur une superposition de lignes et des échanges croisés dans tous les sens… Voilà une fanfare fébrile et radieuse !


Hymn For My Brother – Olga Konkova Trio

Olga Konkova
a enregistré Hymn For My Brother avec son trio, constitué de Per Mathisen à la contrebasse et Gary Husband à la batterie. Le disque est sorti en 2021 chez Losen Recrords. « Open Secret » part d’une mélodie mélancolique au piano, soulignée par la contrebasse, sobre et profonde, et la batterie, légère aux balais. Le développement reste dans une veine solennelle qui sied parfaitement au message intime que fait passer le trio.





Voice & Strings & Timpani – Strings & Timpani

Le guitariste et bassiste Stephan Meidell et le batteur Øyvind Hegg-Lunde ont monté le duo Strings & Timpani il y a une vingtaine d’années. En 2016, à l’occasion du Nattjazz Festival de Bergen, ils élargissent leur horizon avec Mari Kvien Brunvoll et Eva Pfitzenmaier aux voix, Stein Urheim aux guitares et Kim Åge Furuhaug à la batterie. Tous les musiciens manipulent également des synthétiseurs et autres machines électroniques. Le disque Voice & Strings & Timpani sort en 2020 sur le label Hubro. « Cashmere », qui a été interprété lors du festival à Bergen, met en scène des effets électro et nappes sonores lointaines, crépitements sourds, ostinatos cristallins, boucles minimalistes… dans une ambiance éthérée. La rythmique binaire, les vocalises rythmiques, les guitares aériennes, avec des phrases modulées comme un sitar… tout évoque une atmosphère électro smooth méditative.


Plastic Wave – Trondheim Jazz Orchestra & Ole Morten Vågan

Depuis le début des années 2000, le Trondheim Jazz Orchestra, communément appelé TJO, est l’une des formations phares norvégiennes. Dans sa discographie, forte de plus de vingt cinq titres, le TJO a toujours des invités : Chick Corea, Marius Neset, Joshua Redman, Christian Wallumrød, Johan Lindvall… Pour Plastic Wave, sorti en 2021 chez Odin Records, c’est le contrebassiste Ole Morten Vågan qui partage l’enthousiasme du TJO. « AterMath Rock » a tout de l’orphéon : chœurs tonitruants, polyphonies éclatantes, interactions débridées, rythmique puissante… Le morceau évolue dans une ambiance nerveuse et musclée, quasiment du noise rock ! Le TJO et Vågan, c’est du free rock !


Slowly, Slowly - Siril Malmedal Hauge

La chanteuse Siril Malmedal Hauge joue notamment avec Alf Hulbækmo, Jacob Young… et son sextet, avec lequel la chanteuse a sorti Slowly, Slowly en mai 2021 sur le label Jazzland Recordings. Le groupe est constitué de Martin Myhre Olsen aux saxophones, Torgeir Hovden Standal aux guitares, Kjetil Mulelid au piano et à l’orgue, Martin Morland à la basse et Henrik Lødøen à la batterie. Sur des poly-rythmes touffus, heurtés et dansants, pimentés d’accents World Music, « Wooden Hotel » joue sur des dialogues entre le saxophone ou le piano, et la voix. Le phrasé clair et le timbre soyeux et léger d’Hauge, donnent au morceau des airs de folk.


Bashing Mushrooms – I.P.A.

I.P.A. fêtera ses quinze ans l’année prochaine ! Ce quintet est composé d’Atle Nymo au saxophone ténor et à la clarinette basse, Magnus Broo à la trompette, Mattias Ståhl au vibraphone, Ingebrigt Håker Flaten à la contrebasse et Håkon Mjåset Johansen à la batterie. « Bashing Mushrooms », le morceau-titre du disque publié en 2020 par Cuneiform Records, commence par un thème-riff exposé à l’unisson, dans l’esprit d’Ornette Coleman. Les dialogues entre le ténor et la trompette, les envolées du saxophone, les lignes en arrière-plan du vibraphone… sur une walking véloce de la contrebasse et un chabada serré de la batterie, inscrivent le morceau dans une lignée néo-bop.


Deliverables – Knut Kvifte Nesheim

Sixième opus du batteur Knut Kvifte Nesheim, Deliverables est sorti en 2020 chez Taragot Sounds. Outre Nesheim, le quartet comprend Adrian Løseth Waade au violon, Karl Hjalmar Nyberg au saxophone ténor et Martin Miguel Almagro Tonne à la guitare. « I Will Circle Back To You » est un mélange de jeux rythmiques et de tourneries, avec un côté comptine, aux couleurs manouches. Un morceau original empreint de teintes folkloriques.





Phantasmagoria, or A Different Kind of Journey - The Eivind Aarset 4-tet

Eivind Aarset
est bien sûr connu pour son rôle aux côtés de Dhafer Youssef, mais sa carrière de leader ne compte pas moins d’une quinzaine d’opus sortis depuis 1998. Phantasmagoria, or A Different Kind of Journey a été publié en 2021 chez Jazzland Recordings. Dans « Outbound », Audun Erlien est à la basse et Welte Holte et Erland Dahlen sont à la batterie et aux percussions. Aarset recherche avant tout une ambiance globale : effets lointains denses, rythmique à tendance rock prog, ostinatos lancinants, traits mélodiques esquissés, phrases éthérées… « Outbound » évoque parfois une atmosphère de dance floor psychédélique.


Mensa Rotunda – OJKOS & Andreas Rotevatn

L’OJKOS (Orchestra of Jazz Composers in Oslo), co-fondé par le tromboniste Andreas Rotevatn en 2018, est un orchestre d’une quinzaine de musiciens, basé à Oslo et membre des Grands Formats. Mensa Rotunda, publié chez Odin Records en 2022, est leur deuxième album, après Alea Iacta Est, sorti en 2020. Dès le démarrage de « Fjordingen II », les percussions vives, légères et chaloupées rappellent les îles… Avec ses chœurs brillants, son thème à l’allure de samba, ses couleurs exotiques, apportées notamment par la flûte et ses chorus dynamiques de la trompette et du trombone, l’orchestre est joyeux. Le morceau sonne comme presque une descarga !


Notre Dame ‎– Meditations And Prayers ‎- Mathilde Groos Viddal

Sixième album de Mathilde Grooss Viddal, Notre Dame ‎– Meditations And Prayers est sorti en 2020 chez Losen Records. Comme son titre l’indique, le disque trouve sa suorce d’inspiration dans des psaumes, chorales, hymnes, prières… La saxophoniste et clarinettiste s’est entourée du trompettiste Hayden Powell, du saxophoniste ténor Børge-Are Halvorsen et du tromboniste Øyvind Brœkke. En l’absence de section rythmique, la musique circule sans cesse : chacun avance son propos et rebondit sur celui des autres. Le quatuor possède une belle sonorité acoustique et les échanges sont particulièrement subtils. « Meditation » est un jazz de chambre contemporain.


Zvony - Michaela Antalová & Adrian Myhr

En plein covid, Michaela Antalová et Adrian Myhr décident de jouer tous les jours en duo. Les dialogues entre la fujara (flûte basse slovaque) et la contrebasse aboutissent à Zvony, qui sort en 2021 chez Hevhetia. La sonorité inhabituelle de la fujara – peut-être proche du son qu’aurait une grande flûte en bambou – et la contrebasse jouée à l’archet, profonde et grave, donnent au morceau éponyme un air de mélodie folklorique.






Fengselsfugl - Trond Kallevåg

Troisième disque de Trond Kallevåg, Fengselsfugl a été publié en 2021 chez Hubro. Le guitariste adopte la formule du sextet avec Adrian Løseth Waade au violon, Geir Sundstøl aux guitares, David Wallumrød aux claviers, Alexander Hoholm à la contrebasse et Ivar Myrset Asheim à la batterie. L’album a été conçu pendant le confinement, en partie dans la prison d’Oslo où Kallevåg œuvre à la réinsertion des détenus. Un son tenu en arrière-plan, une mélodie d’abord étrange, égrenée par la guitare et le piano, qui devient dansante, avec des accents country, sur une ligne de basse calme et des percussions subtiles... « Amerikabåten » (également le nom d’un quintet du guitariste) évoque ça-et-là une ronde folk.


.​.​. But Swinging Doesn't Bend Them Down - The Source

En 1993, Øyvind Brœkke réunit trois compagnons du Trondheim Music Conservatory pour former The Source : Trygve Seim aux saxophones, Mats Eilertsen à la contrebasse et Per Oddvar Johansen à la batterie. .​.​. But Swinging Doesn't Bend Them Down est sorti en 2021 chez Odin Records, mais « Dawn » a été composé en 2019, inconsciemment inspiré par l’aria « Lascia ch’io pianga » de Georg Friedrich Haendel. « Dawn » est un morceau élégant, à l’image de l’introduction en duo entre la contrebasse et les cymbales de la batterie, des lignes mélodiques décalées ou des chorus du saxophone et du trombone, du thème exposé à l’unisson qui sonne à la Ornette Coleman… Une musique ingénieuse !


Les trente morceaux et quelques cent cinquante musiciens sélectionnés dans la playlist Jazz Out Of Norway ne reflètent sans doute pas l’exhaustivité du jazz norvégien, mais en donnent un aperçu instructif, varié et captivant. Le Viking Jazz vaut incontestablement le voyage !

25 mai 2022

Live à l’Espace des Arts – Space, Time and Mirror

De formation classique et soliste reconnu,
Christophe Girard s‘est également investi dans le jazz et formé plusieurs groupes : le trio Exultet en 2009, le duo Smoking Mouse, avec Anthony Caillet, en 2012, et le quintet Melusine, en 2013. Par ailleurs, l’accordéoniste fait partie de la Campagnie des Musiques à Ouïr de Denis Charolles, et la compagnie de danse Camargo, avec Claude Barthélémy. Girard est aussi le cofondateur du collectif Babil et du label éponyme.

En 2021, Girard démarre un nouveau projet, Space, Time and Mirror, avec Amaryllis Billet au violon, Elodie Pasquier à la clarinette, Caillet à l’euphonium, Claude Tchamitchian à la contrebasse et François Merville à la batterie. Le 3 décembre 2021, le sextet se produit à l’Espace des Arts de Chalon sur Saône autour d’un triptyque composé par Girard pour l’occasion. Le concert est enregistré et sort en disque le 13 juin 2022 chez Warning! L’illustration de la pochette, très BD de science fiction dans un style entre Valérian et Nikopol, est signée Clément Vallery.

Cette suite en trois tableaux ressemble davantage à une exposition ! En effet, chaque tableau est lui-même composé d’une mosaïque de mouvements. Leur articulation est complexe, dans un esprit toujours proche de la musique de chambre (« Tableau 1 »). Le sextet évolue le plus souvent dans une veine contemporaine (« Tableau 3 »), avec des réminiscences minimalistes (les boucles décalées dans le troisième tableau), des passages expressionnistes (les vocalises dans le premier tableau), voire même, parfois, une solennité quasi-baroque (le final du premier tableau), mais aussi, bien sûr, des teintes jazzy (« Tableau 2 »). Les lignes mélodiques sophistiquées (la complainte éthérée de l’accordéon dans l’« Introduction »), délicates (le violon dans le « Tableau 1 »), langoureuses (le duo euphonium – contrebasse dans le « Tableau 2 ») ou mélancoliques (le chorus de la contrebasse à l’archet dans le troisième tableau) côtoient des tourneries (dans les deuxième et troisième tableaux), des mélodies heurtées (« Tableau 2 ») ou des motifs virevoltants (aux accents klezmer de la clarinette dans le « Tableau 3 »). Les constructions musicales reposent sur des superpositions de voix, avec des arrière-plans aériens (« Tableau 1 ») et lointains (l’euphonium dans le deuxième tableau), des chœurs (accordéon, violon et clarinette dans le deuxième tableau), des contre-chants (« Tableau 3 »), des unissons (clarinette et violon dans les deux premiers tableaux)… sur lesquels se déroulent des questions-réponses amusantes, des courses-poursuites et des dialogues débridés, qui finissent par se rejoindre dans des mouvements d’ensemble foisonnants (« Tableau 1 et 2 ») ou amples (« Tableau 3 »), mais toujours tendus. Le sextet joue également avec les sons en utilisant les techniques étendues (euphonium dans le « Tableau 2 », la voix dans le « Tableau 1 »), des envolées stridentes et spatiales (« Tableau 3 »), des bruitages (la clarinette dans le troisième tableau), des glissandos (l’accordéon dans le deuxième tableau)… Côté rythmique, Space, Time and Mirror s’appuie sur un couple contrebasse – batterie particulièrement subtil et entraînant (« Tableau 3 ») : à une pédale entêtante répondent des frappes sourdes et profondes (« Tableau 1 »), une walking véloce s’échappe à des coups vifs et légers (« Tableau 2 »), l’accordéon, la contrebasse et la batterie impriment un groove dense (« Tableau 2 »)… A force d’ostinato et de pédales, les autres instruments ne sont pas en reste et se mêlent également à la danse (« Tableau 1 et 3 »).

« Space, Time and Mirror » synthétise assez bien la musique du sextet : un espace multidimensionnel de couches musicales, du temps pour développer les idées et des interactions mouvantes, comme autant de reflets des images que se renvoient les musiciens...

Le disque

Live à l’Espace des Arts
Space, Time and Mirror
Christophe Girard (acc), Amaryllis Billet (vl), Elodie Pasquier (cl), Anthony Caillet (eu), Claude Tchamitchian (b) et François Merville (d).
Warning! - warning002
Sortie le 13 juin 2022

Liste des morceaux

01. « Introduction » (03:15).
02. « Tableau 1 » (13:45).
03. « Tableau 2 » (21:15).
04. « Tableau 3 » (18:12).

Tous les morceaux sont signés Girard. 

10 mai 2022

Lightmares – Harvest Group

Guillaume Vierset
publie des disques chez Igloo Records à un rythme régulier : New Feel (2015) et Strange Deal (2018) avec le septet LG Jazz Collective, The End Of The F***ing World First Round avec le quartet Edges, Songwriter (2016) et Nacimiento Road (2019) avec le quintet Harvest Group.

Sixième opus du guitariste et troisième avec Harvest Group, Lightmares sort chez Igloo Records le 11 mars 2022. Les musiciens d’Harvest Group sont les mêmes depuis le début : Mathieu Robert au saxophone soprano, Marine Horbaczewski au violoncelle, Yannick Peeters à la contrebasse et Yves Peeters à la batterie.

Les dix morceaux du répertoire sont signés Vierset et leurs titres évoquent la nuit de près ou de loin. La pochette du disque, œuvre réalisée par Simon Defosse et Valérie Lenders, représente un espace onirique autour du soleil, de la lune et d’un phare, Lightmare en anglais, qui est également un clin d’œil à Nightmare, le cauchemar...

De la musique minimaliste et ses boucles évolutives (« Sleep - Wake up ») au rock progressif et sa rythmique puissante et mate (« Wake up - Sleep »), les morceaux s’enchaînent, souvent sans transition, et s’inscrivent dans une continuité marquée par une ambiance très spatiale (« Sunset »). Absence de piano et sonorité acoustique aidant, Vierset utilise le quartet comme une formation classique : violoncelle en contre-chant (« Sleep - Wake up » - « Lightmares ») ou en soutien mélodique (« I Wish »), superposition des lignes (« Day One »), dialogues piquants (caquetages du soprano et vibrato de la guitare dans « Open Your Eyes » - « Wake up - Sleep »), chœurs et nappes de sons continus (« End of the Day - Night »), entrée progressive des voix (« Sunrise »)… Les mélodies, rapidement happées par les développements, sont exposées par des unissons délicats (« I Wish »), des notes égrenées (« I Hope ») ou isolées (« Sunrise »), des riffs aériens (« Sunset ») et elles possèdent toutes une certaine dose de lyrisme (aux accents africains pour « End of the Day - Night »). A l’envolée de guitar hero de « Wake up - Sleep », au foisonnement tendu de « Day One » ou à l’intensité de « Sunset », succèdent des chorus élégants (« Lightmares »), des atmosphères apaisées (« I Wish »), voire intimistes (« Sunrise »), mélancoliques (« I Hope ») , mystérieuses (« Day One »), avec un sens dramatique évident (« Sunset »). De leur côté, la contrebasse et la batterie assurent des pulsations entraînantes (« I Wish »), à force de walking rapides (« Open Your Eyes » - « Wake up - Sleep ») et de frappes profondes (« Day One »), quasiment emphatiques (« Sunset »), mais aussi de motifs sourds (« Lightmares ») ou dansants (« End of the Day - Night »).

Harvest Group propose un disque particulièrement cohérent, dans lequel l’espace et le rêve ne demandent pas mieux que d’emporter l’auditeur dans un voyage plein de péripéties...

Le disque

Lightmares
Harvest Group
Guillaume Vierset (g), Mathieu Robert (ss), Marine Horbaczewski (cello), Yannick Peeters (b) et Yves Peeters (d).
Igloo Records – IGL337
Sortie le 11 mars 2022

Liste des morceaux

01. « Sleep - Wake up » (1:58).
02. « Lightmares » (5:04).
03. « I Wish » (3:34).
04. « I Hope » (3:08).
05. « Day One » (4:10).
06. « Open Your Eyes » (1:32).
07. « Wake Up - Sleep » (2:49).
08. « Sunrise » (2:41).
09. « Sunset » (4:35).
10. « End of the Day - Night » (2:16).

Tous les morceaux sont signés Vierset.