27 septembre 2015
Daybreak - Anne Quillier 6Tet
27 janvier 2024
Fables – Watchdog
Au programme, sept compositions du duo aux titres souvent évocateurs : la vitalité en danois (sic ! « Livskraft »), la sagesse (« Vieille âme »), Wallace et Gromit (« L’invasion des lapins gloutons »), les systèmes planétaires extra-terrestres (« Tau ceti »), Gilles Deleuze (« Le rêve de l’autre »), Alice au pays des merveilles et la biologie évolutive (« La course de la reine Rouge ») et le paradoxe de l’humanité 😉 (« On chute en gardant les pieds sur terre »). La pochette rougeoyante du disque est signée du dessinateur, graphiste, auteur de bandes dessinées, Benjamin Flao, et représente une usine désaffectée en proie aux flammes, devant laquelle est couché un Watchdog énigmatique…
Watchdog livre un nouvel opus de haut
vol. Dans
Fables, Quillier et Horckmans réussissent à marier musiques populaires et
jazz, le tout saupoudré d'effets électro, qui apportent une touche sonore unique et captivante.
Le disque
Fables
Watchdog
Anne Quillier (piano, Fender Rhodes, Moog) et Pierre Horckmans (cl, acl, bcl, électro).
Label Pince-Oreilles – 018/1
Sortie le 2 février 2024
Liste des morceaux
01. « Livskraft » (3:56).
02. « Vieille âme » (3:45).
03. « L’invasion des lapins gloutons » (5:46).
04. « Tau ceti » (2:59).
05. « Le rêve de l’autre » (5:08).
06. « La course de la reine rouge » (5:07).
07. « On chute en gardant les pieds sur terre » (3:44).
Toutes les compositions sont signées Quillier et Horckmans.
27 février 2026
Argot lunaire
Quillier a composé les neufs morceaux d'Argot lunaire, qui a été enregistré par Pascal Coquard au studio Les Tontons Flingueurs, comme Fables de Watchdog. Quant aux peintures abstraites et oniriques de la pochette du disque, elles sont signées Pauline Souchaud, déjà à l'œuvre pour Les Géants Terrestres. Argot lunaire s'aventure aux confins du jazz de chambre d'avant-garde et de la musique contemporaine, voire du rock progressif et des musiques du monde... Tout un programme mené avec une intelligence (« faculté de penser, de connaître et de comprendre ») rare !
D'une fanfare de cirque (« Pantomine ») que Carla Bley n'aurait pas renié à une marche majestueuse (« Avant le silence ») qui aurait bien amusé Jean-Philippe Rameau, en passant par du rock progressif plein d'humour (« Punk Licorne ») que Robert Wyatt apprécierait, l'ambiance des morceaux est pour le moins éclectique, même si elle reste le plus souvent imprégnée de musique contemporaine : des boucles évolutives comme dans la musique minimaliste (« La druide de Schubert »), des duos (« Argot ») et trios (« Echo ») chambristes et de nombreux passages percussifs (« Avant le silence ») qui auraient plu à Jean Batigne...
Les thèmes, plutôt des esquisses mélodiques, rivalisent d'élégances (« Le vice du sujet »), comme l'échange aux allures de sonate entre la clarinette et le basson dans « La tête dans le sable », les phrases en zigzag du piano, titillées par les pépiements du violon en pizzicato, dans « Avant le silence », l'ébauche de fugue dans « Faire tomber les satellites », la valse décalée d'« Echo » ou encore les roulements de la contrebasse dans « Le vice du sujet ».
Argot lunaire met l'accent sur les mouvements d'ensemble plutôt que sur les solistes. L'architecture sophistiquée des morceaux repose sur des décors entêtants (« La druide de Schubert »), des foisonnements de notes (« Argot »), des déroulés de pédales et de boucles enchevêtrées (« Punk Licorne »), des successions d'unissons et de superpositions de voix (« La tête dans le sable »), des alternances de chœurs et d'entrelacs de lignes (« Avant le silence »), des déluges de notes piquées (« Faire tomber les satellites »)... qui montent en tension irrémédiablement (« Le vice du sujet »).
Les rythmes jouent aussi un rôle primordial dans Argot lunaire. En plus de la batterie exubérante de Meier, de la contrebasse robuste de Molines et du piano énergique de Quillier, tous les instruments contribuent aux poly-rythmes luxuriants (« Faire tomber les satellites »), à grand renfort de riffs heurtés (« Echo ») funky (« Pantomine »), de crépitements touffus (« La druide de Schubert »), de motifs hachés (« Echo ») entraînants (« Pantomine »), de tintinnabulements de gamelan (« Avant le silence ») et d'interactions explosives (« Avant le silence »), voire déchaînées (« Punk Licorne »).
Argot lunaire porte bien son titre : loin de tout jargon hermétique, le vocabulaire de Quillier et de son sextet est peut-être astral, mais surtout tourmenté, imaginatif, romanesque... et exaltant.
Le disque
Argot lunaire
Pierre Horckmans
(cl), Nicolas Mary (basson), Fany Fresard (vl), Anne Quillier (p,
kbd), Michel Molines (b) et Guilhem Meier (d).
Label Pince-Oreilles
Sortie le 6 mars
2026
Liste des morceaux
01. «
La druide de Schubert »
(3:52).
02. «
Argot » (7:15).
03. «
Pantomine »
(5:09).
04. «
Punk Licorne »
(02:45).
05. «
La tête dans le sable »
(4:11).
06. «
Le vice du sujet »
(4:06).
07. «
Avant le silence »
(9:33).
08. «
Faire tomber les satellites (en veillant à ne pas abîmer la
terre) » (5:16).
09. «
Echo » (5:28).
Tous les morceaux sont signés Quillier.
13 novembre 2022
Miniatures du dedans – Hirsute
02 décembre 2023
A la découverte d’Anne Quillier
27 décembre 2022
Jazz Migration souffle ses vingt bougies…
Née en 1993, l’Association Jazzé Croisé (AJC et ex-AFIJMA) regroupe près de quatre-vingt-dix diffuseurs, dont la programmation tourne essentiellement autour d’un jazz contemporain novateur. Les actions de l’AJC visent à développer les échanges entre des musiciens étrangers et français : Una striscia di terra feconda est un festival italo-français, The Bridge rapproche des artistes nord-américains et français, c’est la Scandinavie qui est à l’honneur du French Nordic Jazz Transit, Jazzdor se partage entre Strasbourg et Berlin...
Jazz Migration a été créée en 2002 pour proposer un accompagnement professionnel (formations autour des métiers de la diffusion musicale, atelier avec des professionnels européens de la diffusion…) et artistique (résidence, concerts, festivals…) de deux ans aux groupes lauréats du concours. Depuis sa création, plus de deux cent trente musiciens sont passés par Jazz Migration et plus de mille concerts ont été organisés…
Pour fêter ses vingt ans, Jazz Migration organise deux soirées à la Dynamo, à Pantin. Les lauréats de Jazz Migration #8 se produisent le mardi 29 novembre et vingt musiciens passés par Jazz Migration se donnent rendez-vous sur scène le mercredi 30 novembre pour un grand concert gratuit, précédé d’un cocktail. La Dynamo, convertie en fosse sans sièges, a quasiment fait le plein. Jazz Migration célèbre son anniversaire avec panache : une bière artisanale brassée en Seine-Saint-Denis et un sous-verre à l’effigie des vingt musiciens sont offerts aux spectateurs dans le sac des vingt ans ! Le concert est également retransmis le 3 décembre sur France Musique, dans le Jazz Club d’Yvan Amar.
| Philippe Ochem - 30 novembre 2022 - La Dynamo (c) PLM |
La première partie dure environ une heure, avec sept morceaux au programme. Philippe Ochem introduit le concert et en profite pour remercier tous les partenaires. Benjamin Flament coordonne cette soirée exceptionnelle avec Leïla Martial à la voix, Théo Ceccaldi et Clément Janinet au violon, Maëlle Desbrosses à l’alto, Bruno Ducret au violoncelle, Hélène Duret à la clarinette, Emile Parisien au saxophone soprano, Raphaël Quenehen au saxophone alto, Laurent Bardainne au saxophone ténor, Morgane Carnet au saxophone baryton, Aymeric Avice à la trompette, Fidel Fourneyron au trombone, Christophe Girard à l’accordéon, Paul Jarret à la guitare, Anne Quillier au Fender Rhodes, Sébastien Palis au piano, Christophe Hache à la contrebasse, Jean-François Riffaud à la basse, Héloïse Divilly et Antonin Leymarie à la batterie.
Quillier et Palis improvisent d’abord dans une ambiance de science-fiction, avec des nappes de sons électro minimalistes et des bruitages spatiaux. Le dialogue s’emballe et les crépitements de notes au milieu des grésillements, bourdonnements, déflagrations, vrombissements et autres claquements, penchent vers la musique contemporaine. « Tân Sơn Nhất » – en référence à l’aéroport international d’Hô Chi Minh-Ville – est une composition signée Hache pour le Circum Grand Orchestra. Le morceau, touffu, est construit en plusieurs parties. Dans un décor toujours très électro, Martial déclame un texte en yaourt, sa diction rappelle parfois celle des Muezzins. L’orchestre joue ensuite une longue phrase rubato, lente et lancinante, comme une transition, avant le duo pétillant d’Avice et de Fourneyron. Dans le mouvement suivant, l’orchestre part à l’unisson sur une rythmique musclée, avec quelques voix qui se décalent de temps en temps, un peu dans l’esprit M’Base. Hache prend ensuite un chorus a capella, véloce mélodieux et profond. La conclusion est une sorte de lamentation…
| Leïla Martial - 30 novembre 2022 - La Dynamo (c) PLM |
Un sextet – Martial, Desbrosses, Ceccaldi, Janinet, Ducret et Parisien – s’installe sur une coursive latérale pour jouer « Spam d’oie future II », une compilation de morceaux. Sur une pédale lancinante en pizzicato, les vocalises incantatoires soulignées par les traits de l’alto évoquent ça-et-là la musique moyen-orientale, mais aussi la musique folk, notamment lors des passages en scat ou en yaourt. Ce tour de chant débouche sur une envolée manouche, avec une pompe, un discours virtuose du soprano et des vocalises rythmiques. Après des échanges entre free et musique contemporaine, le soprano joue une mélodie nostalgique sur fond de cordes, puis Martial oriente le morceau dans une direction quasiment arabo-andalouse, avec une montée en tension renforcée par les pompes, la voix, tendue et la ligne ardente du soprano. Changement de décor avec le « Hula Vamp » de Jean-François Riffaud : après une introduction mécaniste – grincements, sifflements, grondements, sirènes… dignes d’une usine – l’auditoire est propulsé à Hawaï ! Chœur des soufflants nonchalant, guitare slide, batterie régulière et froufroutante, couleurs bluesy… le climat est nostalgique et vaporeux. Retour sur la coursive, où Martial, Girard et Divilly (au frottoir) interprètent « Valse à vingt temps », chanson-anniversaire composée par la chanteuse et l’accordéoniste pour l’occasion. Sur un air de musette entraînant, Martial chante une chanson à texte sur Jazz Migration, pleine de verve et de clins d’yeux. Duret, Carnet, Fourneyron et Quenehen reprennent le « Gloria » de la Messe de Nostre Dame de Guillaume de Machaut, sur une adaptation de l’arrangement de Quentin Biardeau pour les quatre saxophones du Quatuor Machaut. La ligne élégante de la clarinette flotte sur l’alto, le baryton et le trombone, qui jouent un unisson majestueux. Fort de ses contrepoints mélodieux et de ses croisements de voix gracieux, le développement plonge l’auditoire dans la Renaissance et le Baroque. Le premier set s’achève sur « Lila », un thème de Bardainne, écrit pour le quartet Limousine. Après une courte introduction mélodique au saxophone ténor, Bardainne se met derrière un clavier et fait place à un jazz qui navigue entre pop et musique de film. Ostinato du quatuor à cordes, basse grondante, batterie puissante et régulière, phrases minimalistes de la guitare et motifs mélodiques en boucle du clavier montent en puissance tout au long du morceau jusqu’au final qui éclate en effets électro.
Un concert éclectique, audacieux,
foisonnant et intense, parfaite image de l’Association Jazzé Croisé et superbe cadeau
pour les vingt ans de Jazz Migration !
30 mars 2023
Chimères
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| Chimères © PLM, sauf l'éléphon et le marmoquin © Rama Taupia |










