Affichage des articles triés par pertinence pour la requête InTime Brubeck. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête InTime Brubeck. Trier par date Afficher tous les articles

23 mars 2021

InTime Brubeck – Duo Fines Lames

Quatre an après un premier disque éponyme très réussi, le Duo Fines Lames est de retour dans les bacs avec InTime Brubeck, qui sort le 2 avril 2021, toujours produit par le collectif tourangeau La Saugrenue.

Les fines lames, c’est Renaud Detruit, au vibraphone et marimba, et Florent Sepchat, à l’accordéon. Pour ce nouvel opus, le duo joue en trio sur quatre titres, avec Yoann Loustalot au bugle et Jean-Baptiste Réhault au saxophone alto.

Sans surprise, au programme d’InTime Brubeck figurent six compositions de Dave Brubeck : « Tritonis », tiré de l’album éponyme, publié en 1980, avec Jerry Bergonzy, Chris Brubeck et Randy Jones, et cinq morceaux enregistrés avec Paul Desmond, Eugene Wright et Joe Morello, le quartet qui a sorti en 1959 l’un des disques les plus vendus dans l’histoire du jazz : Time Out. « Bluette » figure sur Time Further Out, disque de 1961, « Fast Life » est au répertoire de Countdown: Time In Outer Space, 1962, et les trois derniers – « Koto Song », « Tokyo Traffic » et « Fujiyama » – proviennent de Jazz Impressions of Japan, édité en 1964. Detruit propose « Fairy Blades », peut-être inspiré du « Fairy Day » de Brubeck (Live Together – 1955), et « Ibericana », lointain parent d’« Iberia » (Time Changes – 1959). Dans « Take Eleven », Sepchat s’amuse avec le célèbre « Take Five » de Desmond (Time Out) et « Eleven Four » (Countdown : Time In Outer Space), valse à onze temps… Quant à « Rondo », écrit par le compositeur de musiques de films, Pablo Pico, il renvoie à « Blue Rondo a la Turk » (Take Five) et « Rondo » (Dave Brubeck Octet – 1956).

Des morceaux concis (moins de quatre minutes) et denses qui laissent la part belle aux dialogues et aux monologues (« Fast Life »). Les envolées virtuoses qui ne négligent pas la musicalité (« Fairy Blades »), entrecoupés d’échanges croisés entraînants (« Tokyo Traffic »), de décalages et contrepoints habiles (« Rondo »), d’unissons déliés (« Take Eleven »), de questions-réponses ingénieuses (« Ibericana »), d’échanges délicats (« Koto Song ») et autres boucles astucieuses (« Tritonis »), servent d’autant mieux la complexité de la musique de Brubeck (« Fast Life ») que la mise en place rythmique du duo est soignée (« Bluette ») et swingue efficacement (« Koto Song »). Les deux musiciens se soutiennent avec vigueur (« Take Eleven »), à force d’ostinatos (« Rondo »), de motifs heurtés (« Ibericana »), de riffs (« Elm ») et motifs répétitifs (« Tritonis »). Le duo parsème également son discours de touches « multi-culturelles » subtiles : valse (« Fairy Blades »), moyen-orientale (« Take Eleven »), andalouse (« Ibericana »), orientale (« Koto Song »), bruitiste (« Tritonis »), bluesy (« Fujiyama »)… Décidément, les facilités harmonico-mélodiques de l’accordéon et l’expressivité mélodico-rythmique du vibraphone se marient à merveille ! Et la sonorité velouté et les lignes sinueuses du bugle (« Rondo ») ou les phrases ondulantes du saxophone alto (« Bluette ») apportent une chaleur supplémentaire aux morceaux.

Le titre clin d’œil de l’album InTime Brubeck joue évidemment avec Time Out… et les autres référence à Time, souvent utilisé par le pianiste pour le nom de ses albums, mais il évoque aussi Time Magazine, dont Brubeck a fait la une en 1954, et, bien sûr, c’est également un très bel hommage intime à la musique de cet humaniste du jazz.

Le disque

InTime Brubeck
Duo Fines Lames
Renaud Detruit (vib, marimba) et Florent Sepchat (acc), avec Jean-Baptiste Réhaut (as) et Yoann Loustalot (bugle).
La Saugrenue - LC85720
Sortie le 2 avril 2021

Liste des morceaux

01. « Fairy Blades », Detruit (5:06).
02. « Fast Life » (3:27).
03. « Take Eleven », Sepchat (3:04).
04. « Rondo », Pico (3:19).
05. « Ibericana », Detruit (4:13).
06. « Bluette » (3:21).
07. « Elm », Detruit (5:05).
08. « Tritonis » (4:42).
09. « Koto Song » (4:52).
10. « Tokyo Traffic » (3:01).
11. « Fujiyama » (2:54).

Tous les morceaux sont signés Bubeck, sauf indication contraire.

10 avril 2021

A la découverte des Fines Lames...

Sorti en 2017, Fines Lames est un disque à l’instrumentation inhabituelle : accordéon et claviers à percussions. Derrière ce duo se cachent Renaud Detruit et Florent Sepchat. Les deux musiciens, membres du collectif tourangeaux La Saugrenue, récidivent en 2021 avec InTime Brubeck. Que de bonnes raisons pour partir à la découverte d’une paire de lames originale...


La musique

Florent : Mon père jouait dans un orchestre de bal. Un jour ils ont changé d'accordéoniste et j'ai vraiment flashé sur le nouveau : il jouait avec une grande finesse et beaucoup de malice. A dix ans, j’ai donc commencé l’accordéon et fait mes premiers bals autour de quinze ans. Par la suite, j’ai suivi des cours de musicologie, découvert la musique savante, le jazz, l’écriture, l’harmonie, le contrepoint, Jazz à Tours... joué dans différents groupes et fait de nombreuses rencontres.

En fait, je suis venu au jazz à travers Claude Nougaro et, plus largement, la chanson française car c'est ce que nous écoutions à la maison. A quatorze ans, c’est Richard Galliano qui a été ma première révélation pour l’accordéon. Partant de là, beaucoup de musiciens m’ont influencé, dont, en vrac, Bill Evans, Hermeto Pascoal, Django Reinhardt, Duke Ellington...

Renaud : J’ai commencé la batterie et les percussions à l’âge de sept ou huit ans, puis je suis rentré au conservatoire. J'ai découvert le jazz en écoutant les disques de mon père à la maison et à l’école de musique où je suivais des cours. Dès le début, j’ai été passionné par la batterie et comme l’école de musique proposait également des cours de percussions, petit à petit je me suis mis aux claviers à percussions... Mes premières expériences musicales avec les ensembles de percussions, l’orchestre d’harmonie, le chœur d’enfants à l’opéra, les ateliers de jazz… ont été décisives. Elles m’ont motivé à travailler mon instrument et attisé mon envie de monter sur scène.

J’ai donc poursuivi mes études musicales classiques, contemporaines et jazz à Paris, avant de devenir musicien d’orchestre, professeur de percussions et musicien freelance passionné... toujours à la recherche de rencontres musicales ! Au long de mon parcours, j’ai été influencé par, dans le désordre, Milt Jackson, Thelonious Monk, Gary Burton, Astor Piazzolla, Julien Loureau Groove Gang, André Minvielle, Chick Corea, Dave Holland, Sixun, Franck Tortiller, Richard Galliano...




Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ?

Florent : C'est une manière de s'approprier les choses. C'est mettre de la vocalité, de la danse et de la personnalité dans la musique. C'est vivre le temps présent avec intensité…

Renaud : C’est un langage qui permet de se définir soi-même.

Pourquoi la passion du jazz ?

Florent : La liberté, la complexité, le côté savant et dansant, l'expérimentation, l'interaction et les rencontres que permet cette musique.

Renaud : Le jazz permet d’exister soi-même grâce à la liberté d’expression qu’il procure. La complexité de ses codes permet l’improvisation et l'interaction avec les autres.

Où écouter du jazz ?

Florent & Renaud : Dans son canapé avec un bon whisky ! Et en concert, bien sur, pour cette intensité du temps présent !

Comment découvrir le jazz ?

Florent & Renaud : Par hasard... Il suffit d'une émotion.


Le portrait chinois de Florent

Si j’étais un animal, je serais un lion
Si j’étais une fleur, je serais un tournesol
Si j’étais un fruit, je serais une orange
Si j’étais une boisson, je serais un Whisky
Si j’étais un plat, je serais du couscous
Si j’étais une lettre, je serais L
Si j’étais un mot, je serais intense
Si j’étais un chiffre, je serais 7
Si j’étais une couleur, je serais bleu
Si j’étais une note, je serais sol


Les bonheurs et regrets musicaux

Ce n'est pas à nous de dire quel est notre plus belle réussite musicale !… Et nous n’avons pas encore de regrets !



Sur l’île déserte…

Quels disques ?

Florent : New York Tango de Galliano, le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart, Festa dos Deuses de Pascoal, Pithecanthropus Erectus de Charles Mingus et Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky.

Renaud : New Vibe Man In Town de Burton, Two of The Few de Jackson et Oscar Peterson, l’intégrale des symphonies de Gustav Malher, l’intégrale des opéras de Giacomo Puccini, beaucoup de Claude Debussy, Maurice Ravel, Belá Bartók, Sergueï Prokofiev

Quels livres ?

Florent : La Horde du Contrevent d’Alain Damasio et tout Philip K. Dick.

Quels films ?

Florent : Les films de Charlie Chaplin et Melancholia de Lars von Trier.

Renaud : Le Dîner de cons.

Quelles peintures ?

Florent : Jackson Pollock.

Renaud : Joan Miró.

Quels loisirs ?

Renaud : Le tennis.


Les projets

Florent : J’ai un projet folk qui me tient beaucoup à cœur, avec des influences de musique ancienne. Sinon, j’écris beaucoup et j’ai envie d’une grande formation avec le Collectif La Saugrenue, qui va avoir vingt ans en 2022…

Renaud : Je travaille sur un projet en trio, contrebasse – trompette – vibraphone, pour lequel j’ai écrit un répertoire influencé par la musique contemporaine que j’ai jouée ces dernières années. J’écris aussi la musique d’un spectacle avec deux comédiens et deux musiciens qui porte un regard sur notre société et la pensée unique. Par ailleurs, je continue de transmettre et développer l’enseignement de l’improvisation sur les claviers à percussions.


Les trois vœux de Florent

1. Entendre et voir jouer le Sacre du Printemps à plusieurs accordéons...
2. Renouer avec le public, partager le temps présent avec intensité.
3. Faire de belle rencontres musicales...


Les trois vœux de Renaud…

1. Retrouver la scène, le public.
2. Refaire des voyages.
3. Faire de belle rencontres musicales...