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09 mars 2017

Fines Lames – Duo Renaud Detruit & Florent Sepchat

Tous les deux passés par le Conservatoire à Rayonnement Régional de Tours, le vibraphoniste Renaud Detruit et l’accordéoniste Florent Sepchat ont monté DUO au sein de La Saugrenue, collectif de musiciens tourangeaux, créé il y a près de quinze ans. Leur premier disque, le bien nommé Fines Lames, sort en mars 2017 chez Cristal Records.

Yves Verne, musicien lyonnais, a composé quelques pièces pour vibraphone et accordéon, Sofia Ahjoniemi et Julien Mégroz marient également ces deux instruments… mais dans les deux cas, il s’agit de musique contemporaine. En jazz, ce type de duo reste une association exceptionnelle, alors que le vibraphone et le marimba ont déjà croisé leurs notes avec d’autres instruments en duo : il y a évidemment le piano, à l’instar du célébrissime duo Gary BurtonChick Corea, mais aussi Milt JacksonOscar Peterson, Bobby HutchersonMcCoy Tyner, Stefon HarrisKenny Barron ou Jacky Terrasson, voire Vassilena SerafimovaThomas Enhco… A relever également des dialogues avec guitare (Tom BeckhamBrad Shepik), contrebasse (Tamas TeszaryNick Webster) ou saxophone baryton (Franck TortillerFrançois Corneloup). Sinon, Joe Locke est l’un des vibraphonistes  qui a le plus expérimenté la formule du duo : avec le piano, évidemment (Warren Wolf ou Geofrey Keezer), la harpe (Edmar Castanada), le marimba (Christos Rafalides)… Mais toujours pas de trace du piano à bretelles ! Pourtant les accordéonistes semblent férus de duos : à commencer par Richard Galliano qui dialogue avec la contrebasse de Ron Carter, l’orgue d’Eddy Louiss, la clarinette de Michel Portal ou la guitare de Sylvain Luc. Didier Ithursarry n’est pas en reste non plus : il passe du piano de Jean-Marie Machado ou de Jean-Luc Fillon au trombone de Sébastien Llado, puis au saxophone de Christophe Monniot. Vincent Peirani, lui, joue avec le piano de Michael Wollny, le saxophone d’Emile Parisien ou de Vincent Lê Quang et la clarinette de Michel Portal. Lionel Suarez a mis ses soufflets au service de la voix d’André Minvielle, du violoncelle de Pierre François Dufour… La liste n’est pas exhaustive, mais il n’y a pas le moindre vibraphone à l’horizon… Fines Lames est donc peut-être une première en jazz !

Detruit et Sepchat interprètent quatre compositions du vibraphoniste, « Vasco », écrite par Pablo Pico pour le duo, « Pouki Pouki » d’Airelle Besson, « Very Early » de Bill Evans, « Sang Mêlé » d’Eddy Louiss et deux pièces tirés des Mikrokosmos de Béla Bartók (les numéros 116 et 153). 

Le vibraphone, cristallin, le marimba, boisé, et l’accordéon, vibrant, se partagent des mélodies nostalgiques (« Vasco », « Nuit rouge »), mystérieuses (« Reflets d’influences »), chantantes (« Pouki Pouki »), dansantes (« Very Early »)... Ils alternent unissons (« Mikrokosmos n°116 ») et contrechants (« Avec un peu de ça »). Detruit et Sepchat jouent avec les rythmes et échangent constamment leur rôle : les morceaux zigzaguent entre pédales (« Reflet d’influence »), ostinatos (« Vasco »), boucles évolutives (« Mikrokosmos n°153 »), riffs (« Pouki Pouki ») et autres motifs entraînants (« Sang mêlé »). Si Detruit et Sepchat restent essentiellement sur un terrain jazz, ils intègrent également des éléments de musique répétitive (« Vasco ») et contemporaine (« Mikrokosmos n°153 »), mais aussi de musique du monde (« Avec un peu de ça »).

Detruit et Sepchat forment un duo inouï et les Fines Lames font mouche grâce à leur approche, élégante et spontanée.

10 avril 2021

A la découverte des Fines Lames...

Sorti en 2017, Fines Lames est un disque à l’instrumentation inhabituelle : accordéon et claviers à percussions. Derrière ce duo se cachent Renaud Detruit et Florent Sepchat. Les deux musiciens, membres du collectif tourangeaux La Saugrenue, récidivent en 2021 avec InTime Brubeck. Que de bonnes raisons pour partir à la découverte d’une paire de lames originale...


La musique

Florent : Mon père jouait dans un orchestre de bal. Un jour ils ont changé d'accordéoniste et j'ai vraiment flashé sur le nouveau : il jouait avec une grande finesse et beaucoup de malice. A dix ans, j’ai donc commencé l’accordéon et fait mes premiers bals autour de quinze ans. Par la suite, j’ai suivi des cours de musicologie, découvert la musique savante, le jazz, l’écriture, l’harmonie, le contrepoint, Jazz à Tours... joué dans différents groupes et fait de nombreuses rencontres.

En fait, je suis venu au jazz à travers Claude Nougaro et, plus largement, la chanson française car c'est ce que nous écoutions à la maison. A quatorze ans, c’est Richard Galliano qui a été ma première révélation pour l’accordéon. Partant de là, beaucoup de musiciens m’ont influencé, dont, en vrac, Bill Evans, Hermeto Pascoal, Django Reinhardt, Duke Ellington...

Renaud : J’ai commencé la batterie et les percussions à l’âge de sept ou huit ans, puis je suis rentré au conservatoire. J'ai découvert le jazz en écoutant les disques de mon père à la maison et à l’école de musique où je suivais des cours. Dès le début, j’ai été passionné par la batterie et comme l’école de musique proposait également des cours de percussions, petit à petit je me suis mis aux claviers à percussions... Mes premières expériences musicales avec les ensembles de percussions, l’orchestre d’harmonie, le chœur d’enfants à l’opéra, les ateliers de jazz… ont été décisives. Elles m’ont motivé à travailler mon instrument et attisé mon envie de monter sur scène.

J’ai donc poursuivi mes études musicales classiques, contemporaines et jazz à Paris, avant de devenir musicien d’orchestre, professeur de percussions et musicien freelance passionné... toujours à la recherche de rencontres musicales ! Au long de mon parcours, j’ai été influencé par, dans le désordre, Milt Jackson, Thelonious Monk, Gary Burton, Astor Piazzolla, Julien Loureau Groove Gang, André Minvielle, Chick Corea, Dave Holland, Sixun, Franck Tortiller, Richard Galliano...




Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ?

Florent : C'est une manière de s'approprier les choses. C'est mettre de la vocalité, de la danse et de la personnalité dans la musique. C'est vivre le temps présent avec intensité…

Renaud : C’est un langage qui permet de se définir soi-même.

Pourquoi la passion du jazz ?

Florent : La liberté, la complexité, le côté savant et dansant, l'expérimentation, l'interaction et les rencontres que permet cette musique.

Renaud : Le jazz permet d’exister soi-même grâce à la liberté d’expression qu’il procure. La complexité de ses codes permet l’improvisation et l'interaction avec les autres.

Où écouter du jazz ?

Florent & Renaud : Dans son canapé avec un bon whisky ! Et en concert, bien sur, pour cette intensité du temps présent !

Comment découvrir le jazz ?

Florent & Renaud : Par hasard... Il suffit d'une émotion.


Le portrait chinois de Florent

Si j’étais un animal, je serais un lion
Si j’étais une fleur, je serais un tournesol
Si j’étais un fruit, je serais une orange
Si j’étais une boisson, je serais un Whisky
Si j’étais un plat, je serais du couscous
Si j’étais une lettre, je serais L
Si j’étais un mot, je serais intense
Si j’étais un chiffre, je serais 7
Si j’étais une couleur, je serais bleu
Si j’étais une note, je serais sol


Les bonheurs et regrets musicaux

Ce n'est pas à nous de dire quel est notre plus belle réussite musicale !… Et nous n’avons pas encore de regrets !



Sur l’île déserte…

Quels disques ?

Florent : New York Tango de Galliano, le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart, Festa dos Deuses de Pascoal, Pithecanthropus Erectus de Charles Mingus et Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky.

Renaud : New Vibe Man In Town de Burton, Two of The Few de Jackson et Oscar Peterson, l’intégrale des symphonies de Gustav Malher, l’intégrale des opéras de Giacomo Puccini, beaucoup de Claude Debussy, Maurice Ravel, Belá Bartók, Sergueï Prokofiev

Quels livres ?

Florent : La Horde du Contrevent d’Alain Damasio et tout Philip K. Dick.

Quels films ?

Florent : Les films de Charlie Chaplin et Melancholia de Lars von Trier.

Renaud : Le Dîner de cons.

Quelles peintures ?

Florent : Jackson Pollock.

Renaud : Joan Miró.

Quels loisirs ?

Renaud : Le tennis.


Les projets

Florent : J’ai un projet folk qui me tient beaucoup à cœur, avec des influences de musique ancienne. Sinon, j’écris beaucoup et j’ai envie d’une grande formation avec le Collectif La Saugrenue, qui va avoir vingt ans en 2022…

Renaud : Je travaille sur un projet en trio, contrebasse – trompette – vibraphone, pour lequel j’ai écrit un répertoire influencé par la musique contemporaine que j’ai jouée ces dernières années. J’écris aussi la musique d’un spectacle avec deux comédiens et deux musiciens qui porte un regard sur notre société et la pensée unique. Par ailleurs, je continue de transmettre et développer l’enseignement de l’improvisation sur les claviers à percussions.


Les trois vœux de Florent

1. Entendre et voir jouer le Sacre du Printemps à plusieurs accordéons...
2. Renouer avec le public, partager le temps présent avec intensité.
3. Faire de belle rencontres musicales...


Les trois vœux de Renaud…

1. Retrouver la scène, le public.
2. Refaire des voyages.
3. Faire de belle rencontres musicales...