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06 octobre 2019

Dichotomie’s - Daniel Zimmermann


Daniel Zimmermann continue de publier un disque tous les trois ans : après Bone Machine en 2013 et Montagnes russes en 2016, Dichotomie’s poursuit la série et sort en novembre 2019 chez Label Bleu. Le tromboniste reste sur une formule en quartet, mais change de section rythmique : la guitare (Maxime Fougère et Pierre Durand) laisse sa place au piano et synthétiseur de Benoît Delbecq, et la paire Jérôme Regard Julien Charlet est remplacée par la saxophone basse de Rémi Sciuto et la batterie de Franck Vaillant. Côté répertoire, Zimmermann signe les neufs morceaux et, à son habitude, s’amuse avec les titres des morceaux : des vacances dans un petit village des Hautes-Pyrénées, le beurre et son argent, la danse d’un crapaud buffle…

Zimmermann soigne ses mélodies comme des standards (« Little Sun »), plutôt énergiques (« Le Monde d'après »), pleines d’humour (« Summer in Barrancoueu »), voire burlesques (« Les Moutons de Panurge »), mais parfois aussi empreintes de gravité (« Eclipse »). Dans les développements, le trombone met en place des ambiances très variées, qui vont de l’atmosphère nonchalante de la West Coast (« Little Sun ») à des jeux expressifs de techniques étendues (« Vieux robot »), en passant par une danse vintage (« Summer in Barrancoueu »), un climat funky (« Toad Buffalo Courtship Dance »), avec des touches latino (« Eclipse »), contemporaines (« Volatiles ») et, bien sûr, rock (« The Butter & the Money ») . L’instrumentation inhabituelle de la section rythmique, avec un saxophone basse au lieu de la traditionnelle contrebasse, ne lui enlève pas une once de force ni de souplesse. Les lignes économes (« The Butter & the Money »), les walkings (« Les Moutons de Panurge ») ou les riffs entraînants (« Vieux robot ») de Sciuto assurent une carrure solide et sa maîtrise du mastodonte de la famille des saxophones lui permet de dialoguer en contre-chant avec le trombone (« Eclipse ») et de prendre des solos fluides (« Volatiles »). Le drumming impulsif et foisonnant de Vaillant apporte une impulsion rock (« The Butter & the Money ») et dansante (« Summer in Barrancoueu ») au quartet. Son jeu charnel (« Eclipse ») et puissant (« Toad Buffalo Courtship Dance ») maintient une tension de tous les instants. Delbecq alterne un jeu dans un style contemporain (« Volatiles ») avec des questions – réponses malicieuses (« The Butter & the Money »), des accompagnements plus subtils les uns que les autres, tantôt chaloupés (« Toad Buffalo Courtship Dance »), tantôt sobres (« Little Sun »), ou wawa, au synthétiseur (« Les Moutons de Panurge »).

« Division de concept en deux concepts contraires couvrant l'étendue du concept » . Cette définition (Reverso) de la Dichotomie’s va comme un gant à l’approche de Zimmermann et de ses compères : leur musique rassemble musiques savantes et populaires dans un creuset jouissif.

Le disque

Dichotomie’s
Daniel Zimmermann
Daniel Zimmermann (tb), Rémi Sciuto (bs), Benoit Delbecq (p, syn) et Franck Vaillant (d).
Label Bleu – LBLC6732
Sortie le 15 novembre 2019

Liste des morceaux

01. « The Butter & the Money » (07:28).
03. « Les Moutons de Panurge » (02:45).
04. « Vieux robot » (05:58).
05. « Eclipse » (06:33).
06. « Summer in Barrancoueu » (07:09).
07. « Volatiles » (05:57).
08. « Toad Buffalo Courtship Dance » (06:52).
09. « Le Monde d'après » (07:25).

Tous les morceaux sont signés Zimmermann.

31 décembre 2019

Dichotomie au Studio de l’Ermitage

Dichotomie’s est sorti le 15 novembre 2019 chez Label Bleu. C’est au Studio de l’Ermitage, le 3 décembre, que Daniel Zimmermann célèbre ce troisième album sous son nom, après Bone Machine en 2013 et Montagnes russes en 2016.

Le quartet est évidemment le même que celui du disque : Benoît Delbecq au piano et autres claviers, Rémi Sciuto au saxophone basse (quel instrument : une bestiole de quelques huit kilos et près de trois mètres de tuyauterie !) et Franck Vaillant derrière les fûts et cymbales.

Zimmermann anime le concert avec son humour pince-sans-rire et décalé : « on va commencer ce concert sous le signe de l’amour… d’abord parce que c’est cool, ensuite parce que le morceau, c’est une parade nuptiale de crapaud buffle »… La « Toad Buffalo Courtship Dance » démarre dans une ambiance de marche funky, avec les cliquetis entraînants de la batterie, le riff sourd du saxophone et les accords minimalistes du piano. La mélodie nuptiale, les passages calmes (le crapaud se pavane…) et les nappes aériennes du synthétiseur sont particulièrement expressives, tout comme le chorus de Delbecq, aux consonnances contemporaines, et celui de Zimmermann, avec ses accents bluesy, portés par les lignes enlevées de Sciuto et le drumming foisonnant de Vaillant…


« On va en finir avec le thème des animaux sauvages, parce que ça ne sert à rien : ça ne rapporte pas d’argent… ou très peu… On va aller sur toute autre chose, à savoir la fin du monde… ». Sur un bourdonnement continu, « Le monde d’après » commence par une introduction nostalgique, au piano préparé qui sonne un peu comme une sanza, soutenue par un ostinato lancinant de quatre notes, repris par le saxophone. Le trombone joue un thème-riff aux accents africains, porté par la batterie luxuriante, puis se lance dans un chorus effréné. Quand le saxophone prend la relève, sur le grouillement de la batterie, du piano et du trombone, c’est plutôt le charivari de la Nouvelle-Orléans qui s’invite dans la partie.

Suit « un morceau pour s’allonger dans l’herbe et regarder les oiseaux dans le ciel » : sur les cymbales frémissantes de Vaillant et les accords subtils de Delbecq, Sciuto expose « Volatiles » avec nonchalance, comme un boléro, relayé par Zimmermann dans le même esprit. Sans les frappes exubérantes de la batterie, les chorus resteraient dans une ambiance d’autant plus oisive que le trombone a mis la sourdine.

« The Butter & the Money », « pour ceux qui n’arrivent pas à faire des choix et qui veulent tout ! », débute par les coups secs et mats de Vaillant et un riff en suspension de Sciuto. Zimmermann et Delbecq jouent à l’unisson ou en léger décalage des phrases débridées, tandis que la rythmique reste charnelle. Malgré les échanges dans tous les sens : barrissements, bruissements, cliquettements, accords plaqués… et le riff inébranlable du saxophone, le deuxième tableau est plutôt calme, presque en suspension. Mais Zimmermann repart ensuite sur les chapeaux de roue, expressionniste et dansant, porté par Vaillant, plus énergique que jamais, le riff vigoureux de Sciuto et les répliques ingénieuses de Delbecq. Le morceau décoiffe !

Il en va de même pour « My Little Suite New Zealand Bunker », inspiré par ces milliardaires qui se font construire des ranchs en Nouvelle Zélande pour s’y réfugier à l’heure de la fin du monde… Les mouvements rapides du trombone à la sourdine, doublé aux claviers, sur une section rythmique plus vive que jamais, évoquent la bande originale d’un dessin animé de Tex Avery. Des passages bouffons côtoient des passages rock’n roll... Ainsi s’achève un premier set haut en couleur !

Lapalissade oblige : la musique de Zimmermann est encore plus vivante en concert que sur disque…  Condensé d’ironie, d’humour et de gouaille, Dichotomie’s respire la joie de vivre et met du baume aux oreilles !


Le disque

Dichotomie’s
Daniel Zimmermann
Daniel Zimmermann (tb), Rémi Sciuto (bs), Benoît Delbecq (p, syn) et Franck Vaillant (d).
Label Bleu – LBLC6732
Sortie le 15 novembre 2019





Liste des morceaux

01. « The Butter & the Money » (07:28).
03. « Les Moutons de Panurge » (02:45).
04. « Vieux robot » (05:58).
05. « Eclipse » (06:33).
06. « Summer in Barrancoueu » (07:09).
07. « Volatiles » (05:57).
08. « Toad Buffalo Courtship Dance » (06:52).
09. « Le Monde d'après » (07:25).

Tous les morceaux sont signés Zimmermann.