9 juillet 2016

Funambules – Vassilena Serafimova & Thomas Enhco

Voilà déjà sept ans que la percussionniste Vassilena Serafimova et le pianiste Thomas Enhco se produisent en duo. Leur premier disque, Funambules, sort en avril chez DeutscheGrammophon. Certes, le label de Hanovre (fondé en 1898…) est surtout connu pour son catalogue de musique classique, mais Funambules est à la croisée des chemins, et Serafimova et Enhco ont une solide formation classique, parfaite au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

Le programme de Funambules est particulièrement éclectique : Serafimova et Enhco signent quatre morceaux, le duo joue également « Blood Pressure » de la suite Signs of Life du compositeur contemporain américain Patrick Zimmerli, la sonate en ré majeur pour deux pianos (K 448) de Wolfgang Amadeus Mozart, la Pavane (opus 50) de Gabriel Fauré, la sonate numéro un en sol mineur (BWV 1001) de Johann Sebastian Bach, « Aquarium » du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns et « Bitter Sweet Symphony » du groupe de rock The Verve.

La sonorité douce et boisée du marimba se marie bien au son plus cristallin du piano et son phrasé percussif vient compléter les atouts harmoniques et mélodiques du piano. Complémentarité particulièrement flagrante dans « Blood Pressure », écrit… pour marimba et piano. Les ambiances de Funambules passent d’une comptine mélodieuse (« Eclipse ») à une pièce aux accents folks (« Bitter Sweet Symphony »), en faisant un stop par les Balkans (superbe « Dilmano Dilbero » !) et la musique contemporaine (« Palimpseste », « Mare a Mare »), sans oublier les arrangements cross-over des compositions de Mozart, Fauré (plutôt joué dans le texte), Bach et Saint-Saëns. Deutsche Grammophon oblige, ces arrangements penchent clairement vers la musique classique : le piano joue « mainstream » classique, tandis que les contrepoints du marimba insufflent légèreté mélodique et vivacité rythmique (« Aquarium »).  

Funambules est certes construit, marqué par la musique classique, sans beaucoup d’espaces pour des improvisations débridées (« Dilmano Dilbero » est l’exception qui confirme la règle), mais Serafimova et Enhco réussissent à captiver les auditeurs grâce aux textures, inhabituelles et captivantes.