3 octobre 2017

A la découverte de Francis Larue

En juin 2017, Cissy Street, un quintet au nom évocateur, sort son premier disque. L’occasion de partir à la découverte de son leader, Francis Larue.


La musique

Pour autant que je m’en souvienne, j’ai découvert le jazz quand j’avais quinze ou seize ans : c’est un professeur de guitare qui m’a mis sur ce chemin. A l’époque, comme beaucoup d’ados, j’écoutais beaucoup de rock, dans le sens large du terme. Ce prof a su m’ouvrir progressivement à d’autres univers, sans jamais dénigrer ce que j’écoutais. Et je lui en suis vraiment très reconnaissant. Un jour je suis tombé sur une K7 de Be-bop : je n’y comprenais rien ! Ca me passait complètement au-dessus de la tête… Ni ma famille, ni mes amis n’écoutaient de Jazz. Mais ce prof a su me faire écouter des choses « progressives » et éduquer mon oreille.

Mon père jouait de la guitare dans un orchestre de bal. Il est fort probable que j’ai choisi l’instrument que j’avais sous la main… Du coup ça n’est peut-être pas vraiment un choix ! J’ai commencé à apprendre en le voyant jouer. Ensuite je suis allé à la Maison des Loisirs et de la Culture dans le village d’Auvergne où vit ma mère. Des bénévoles donnaient des cours de guitare folk, En parallèle Je jouais et chantais dans un groupe de rock et j’ai fait quelques bals musette avec mon oncle, accordéoniste.

Au lycée, je me passionne de funk et tente de monter un groupe. Grâce à lui, je rencontre d’autres musiciens et nous nous « professionnalisons ». C’est comme ça que j’ai pu lâcher mon travail de l’époque – dans l’électronique – pour me consacrer à la musique. Je joue pendant plusieurs années avec la chanteuse Claire Vaillant dans des styles et des formes différents : jazz, musique brésilienne, funk… Duo, trio, quartet… Et ça a été mon école !

Par la suite, je suis allé à Lyon où j’ai passé un Diplôme d’Etudes Musicales de jazz et un diplôme d’état. J’ai eu l’occasion de travailler, entre autres, avec le trompettiste Pierre Drevet, le Big Band Bigre…


Les influences

Côté guitaristes, mes principales influences sont surtout George Benson, Pat Metheny et John Scofield. Quant aux autres musiciens, c’est très large : Stevie Wonder, Jaco Pastorius, Earth, Wind and Fire, Miles Davis, Bill Evans, Michel CamiloMais aussi Nirvana ou Rage Against The Machine.




Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ? Pour moi, le jazz c’est la vie, c’est l’instant, c’est une musique changeante, variable, pleine de contradictions… à l’image de l’humain qui la joue !

Pourquoi la passion du jazz ? C’est une musique pleine d’imprévus. C’est un carrefour au milieu de multiples cultures, un terrain d’expériences pour les mélanges.

Où écouter du jazz ? Je ne sais pas s’il y a un moment plus propice pour écouter du jazz : le matin dans sa voiture, la journée en faisant le ménage, le soir autour d’un verre… N’importe quel moment me paraît bien ! Le découvrir en live, c’est évidemment le mieux, mais pas que ! Une chose peut-être : par moment il faut savoir adopter une vraie écoute, impliquée, concentrée, analytique ou interrogative et sortir du syndrome « musique de fond ».

Comment découvrir le jazz ? Quand on vient d’une famille qui n’écoute pas de jazz, comme moi, et qu’on est curieux de découvrir cette musique, je pense qu’il faut simplement trouver les ponts qui nous correspondent. C’est sûr que pour apprécier certains musiciens, il faut avoir l’oreille éduquée ou habituée à ce langage. Mais les frontières du jazz sont très diffuses et offrent suffisamment de possibilités pour que chacun y trouve son compte et se l’approprie de manière progressive : si on aime le funk, les Headhunters ne dépayseront que partiellement… Tout comme écouter Mike Stern si l’on vient du rock… Dans le jazz, il y en a pour tout le monde, et ce sera de plus en plus le cas !


Le portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais un écureuil,
Si j’étais une fleur, je serais un tournesol,
Si j’étais un fruit, je serais une orange,
Si j’étais une boisson, je serais du thé,
Si j’étais un plat, je serais des aubergines au parmesan,
Si j’étais une lettre, je serais E,
Si j’étais un mot, je serais tolérance,
Si j’étais un chiffre, je serais 6,
Si j’étais une couleur, je serais bleu,
Si j’étais une note, je serais La.


Les bonheurs et regrets musicaux

Je souhaite que mon bonheur musical soit à venir… et je regrette peut-être de ne pas avoir passé plus de temps à composer… pour l’instant !


Sur l’île déserte…

Quels disques ? Allez ! J’en cite cinq : Life on Planet Groove de Maceo Parker, Imaginary Day du Pat Metheny Group, You Must Believe in Spring de Bill Evans, The Florida Concert de Jaco Pastorius et Ya yo me curé de Jerry Gonzalez.

Quels livres ? Quelques romans de science-fiction de Philip K Dick ou d’Orson Scott Card, et quelques polars d’Henning Mankell.

Quels films ? Disons, quelques films de Francis Ford Coppola, Ang Lee, Jeff Nichols, Denis Villeneuve

Quelles peintures ? Je suis un vrai inculte dans ce domaine !

Quels loisirs ? De quoi cuisiner convenablement !


Les projets

En ce moment, j’ai deux projets principaux : Cissy Street, mon quintet, qui vient de sortir son premier album, et pour lequel je commence doucement à écrire un deuxième disque ; et un projet avec Pierre Drevet autour d’une formation avec quatuor à cordes, sur un répertoire bossa nova.