5 mars 2018

Peemaï


Le saxophoniste Hugues Mayot, le guitariste David Vilayleck, son frère, le bassiste Alfred Vilayleck et le batteur Franck Vaillant ont formé le quartet Peemaï en 2016 au sein du Collectif Koa. La musique Peemaï (« bonne année » en thaïlandais…) puise son inspiration dans les musiques traditionnelles de l’Asie du sud-est et le premier disque éponyme sort en décembre 2017 chez Shreds Records.

Côté instrumentation, le quartet invite des musiciens asiatiques pour enrichir la palette sonore : orgue à bouche (khêne), hautbois (pi phouthaiy), vièle (sor), xylophone (lanat), gongs (khong vong)… sans oublier les chants. Les dix morceaux de Peemaï, composés, improvisés et arrangés par le quartet, combinent donc les approches musicales occidentales tonales et les traditions asiatiques pantonales.

Peemaï table sur des mélodies séduisantes (« Piyo Piyo »), aux accents nostalgiques (« Chin Sae »), solennels (« Anthape Inthip, Pt. 1 »), folkloriques (« Fou Thaï ») voire pop (« Peemaï Laï Laï »). Les timbres des instruments traditionnels (« Anthape Inthip, Pt. 1 ») et des voix – souvent aigües et légèrement nasillardes (« Piyo Piyo ») – alliées aux ritournelles jouées par la guitare électrique et le saxophone ténor assurent l’ambiance asiatique (« Pao Bong »), tout comme les collages sonores qui parsèment les morceaux : brouhahas d’une rue (« Pao Bong »), grésillements d’un poste TSF (« Chin Sae »), bruits d’insectes et discours lointain (« Lam Louang Namtha »)… Le quartet met également une bonne dose d’humour dans sa musique : le chœur final enfantin de « Piyo Piyo », la citation de « Stolen Moments » dans « Lam Louang Namtha », l’incursion punk dans « Anthape Inthip 2 »… La caractéristique la plus marquante de Peemaï, c’est sans doute le traitement du rythme. Evidemment, les gongs, clochettes, xylophones, tambours et autres percussions diverses foisonnent du début à la fin dans des structures complexes (« Fou Thaï »), mais les riffs sourds de la basse (« Lam Louang Namtha »), les lignes heurtées du ténor (« Quatre mille îles »), les boucles de la guitare (« Quatre mille îles ») et, bien entendu, le jeu touffu (« Saravan »), puissant (« Pao Bong »), voire violent (« Anthape Inthip, Pt. 2 ») de la batterie mettent quasiment les mélodies au second plan.

Tour à tour jazz, funky, punk, rock, pop asiatique, folklorique… Peemaï met en musique des ambiances d’aujourd’hui dans des décors d’hier, avec un parfum asiatique, une sorte d’ethno-jazz qui appelle aux voyages…

Le disque

Peemaï
Hugues Mayot [ts, kbd), David Vilayleck (g), Alfred Vilayleck (b) et Franck Vaillant (perc), avec Odai Sengdavong (khêne, vode, sor, pi phouthaiy), Sisengchan « Seng » Thipphavong (voc), Vilasay Laisoulivong (sor, lanade, khongvong) et Vongdeuan Soundala (voc).
Shreds Records – 0300027
Sortie en décembre 2017

Liste des morceaux

01. « Piyo Piyo » (4:54).
02. « Peemaï Laï Laï » (3:14).
03. « Fou Thaï » (4:42).
04. « Pao Bong » (5:13).
05. « Anthape Inthip, Pt. 1 » (3:00).
06. « Anthape Inthip, Pt. 2 » (2:52).
07. « Saravan » (6:52).
08.   « Chin Sae » (2:32).
09. « Quatre mille îles » (6:22).
10. « Lam Louang Namtha » (7:26).

Tous les arrangements et compositions sont signés Peemaï