2 décembre 2018

Omri Mor en trio au Café de la Danse…


Depuis quelques années, sur les traces d’Avishai Cohen (le contrebassiste), une vague de musiciens israéliens déferle sur la scène du jazz. Et, parmi ces musiciens, nombreux sont les pianistes : Yonathan Avishai, Jeremy Hababou, Yaron Herman, Omer Klein, Gadi Lehavi, Shai Maestro… et Omri Mor. Ce dernier se produit le 29 novembre 2018 en trio au Café de la Danse, dans le cadre du festival Jazz’n’Klezmer et pour la sortie de It’s About Time, paru chez Naïve en mars 2018.

It’s About Time! propose sept morceaux de Mor, « Marrakech » d’Hamid Zachir et « You and The Night and The Music » d’Arthur Schwartz et Howard Dietz. Dans le disque, Cohen tient la contrebasse, sauf sur deux titres, confiés à la basse de Michel Alibo, Karim Ziad est à la batterie sur quatre morceaux et Donald Kontomanou sur un, quant à M’aalem Abdelkbir Merchan, il chante « Marrakech ».


Le soir du concert, Mor est accompagné de Ziad et Romain Labaye à la basse. Après un parcours autodidacte, Labaye rejoint le Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris puis intègre les groupes de Céline BonacinaNguyên LêScott Henderson… De son côté, Mor étudie le piano classique, suit en parallèle des cours de jazz et s’intéresse simultanément à la musique arabo-andalouse, dont le Chaâbi algérien. Aujourd’hui, il joue aussi bien dans le trio de Cohen (le contrebassiste), qu’avec des orchestres symphoniques, des groupes de rock et des formations Chaâbi ou Gnaoua. De Cheb Mami à Joe Zawinul, en passant par Lê, Ifrikya, le Festival Gnaoua d’Essaouira… Ziad n’est plus à présenter !

Comme sur It’s About Time!, le trio démarre le concert avec « Ramel Maya ». Après une introduction de Mor, mélodieuse et parsemée d’arabesques, la rythmique s’emballe et le morceau part dans des variations chaloupées. Même énergie entraînante dans « Atlas », avec une batterie heurtée et musclée, une basse souple et un piano virtuose. « Jerusalem », qui ne figure pas au répertoire d’It’s about Time!, commence comme une comptine et tourne à la ballade orientale. Toujours puissante, la batterie foisonne dans « Sica », tandis que la basse s’unie au piano pour exposer le thème et souligner le développement de Mor, fusion d’influences classiques et moyen-orientales. Le pianiste se montre particulièrement lyrique dans « Dawn », soutenu par une basse chantante. Dans « Marrakech », le trio renoue avec une pièce typiquement orientale, rythmique, dynamique et touffue. En bis, la batterie vrombit, la basse gronde et le piano enchaîne traits véloces et volutes dissonantes.

La musique de Mor s’inscrit dans la lignée d’un jazz aux couleurs moyen-orientales : It’s About Time! est brillant et festif !