L'oiseau
ravage est le
duo de la
saxophoniste, percussionniste, chanteuse et actrice Charlène
Moura (Uzeste
Musical,
Love Zone, Cie La Muse, Anticyclone Trio...)
et du
pianiste, chanteur et acteur Marek
Kastelnik (Théâtre du
jour, Conservatoire de Bordeaux, Méchant Machin, Anticyclone
Trio...). Après Déplumé
publié en 2022, L'oiseau ravage sort Vertiges de la mue
le 20 février 2026 sur leur label, Le bruit du vent dans les arbres.
Les
neufs morceaux du disque ont été composés par le duo
et c'est L'aigle blessé
de Rosa Bonheur
qui illustre les Vertiges de la mue.
Après
un carillon cristallin et des crissements, «
La cérémonie
»
démarre
entre lyrisme et musique contemporaine. Les notes éparses et une
pédale ample du
piano esquissent
une phrase mélodique que le saxophone alto reprend sur un ostinato
obsédant de
Kastelnik.
A l'image de la musique minimaliste, les boucles du piano se
resserrent lentement tandis que Moura se déchaîne peu à peu dans
des envolées free. Le deuxième mouvement commence avec des
pépiements d'oiseaux, les cordes du piano qui résonnent comme
celles d'une harpe et le souffle de la saxophoniste qui siffle comme
le vent. Dans ce décor de volière le piano brode une mélodie sur
un ostinato implacable
et
une batterie sourde
et régulière. Le duo monte le volume et la tension avec des
vocalises lyriques haut perchées,
des
motifs entêtants du piano,
du
scat
rythmique
et une batterie binaire
dans un style rock... Les deux voix s'unissent pour un final plein
d'humour juste accompagnées
par les tintinnabulements du piano.
C'est
une ambiance rock progressif, voire punk, qui enveloppe «
Rosa Bonheur ».
La mélodie nostalgique déroulée par Kastelnik est accompagnée des roulements immuables
de la batterie, du
chant et des envolées lyriques de Moura, qui passe ensuite au
saxophone alto, avec le piano en contre-chant, avant un final
fougueux.
Thème-riff
entraînant,
«
Faucon toucan
» s'inspire
derechef des boucles répétitives chères à la musique minimaliste.
Soutenu par les accords dansants du
piano, le saxophone alto se lance dans des lignes sinueuses et quand
la batterie revient dans le jeu, le morceau se tend brutalement.
Moura et Kastelnik n'arrêtent pas de jongler avec le suspens dans la construction de
leurs morceaux.
Les
phrases vaporeuses du saxophone alto a capela vont comme un gant à «
Reflets
iridescents en apesanteur ».
Le thème s'apparente à une ode. Le piano s'en empare et le fait
swinguer sur fonds de gazouillis. Le discours écorché du saxophone
alto, les ostinatos et les
lignes touffues du piano, les splash monumentaux de la batterie...
tout concourt a créer un climat intense.
Avec
«
Piou »
le duo rapproche jazz,
musique
contemporaine et musique du monde : le piano préparé sonne comme un
cordophone
et
les phrases heurtées du
saxophone alto se
mêlent aux motifs rythmiques, qui se croisent dans tous les sens.
Sur
des bruissements et autres effets aériens, Moura
et Kastelnik sifflent de concert «
Poule d'or ». Les vocalises à l'unisson ou en contrepoint du piano, la
batterie binaire et le chant lointain sont très cinégéniques, un
peu à
la Ennio
Morricone...
Le
morceau, comme la plupart des autres d'ailleurs, est fait de bonds et
rebonds ! Son développement
évoque une musique de pantomime folle dingue avec des
roucoulements lyriques,
un piano sautillant qui sonne comme dans un bastringue, une batterie
crépitante
et des effets sonores bizarroïdes.
Quant au final, des nappes de voix douces et lyriques superposées à
une pédale du piano, il rappelle à nouveau un peu Morricone.
La
«
Difficile extraction de l'œuf »
débute
par une succession
de phrases courtes et
fragiles jouées d'abord a
capela par
le saxophone alto, puis ponctuées par un piano parcimonieux et qui
sonne encore comme un cordophone. Le saxophone alto lie peu à peu
ses phrases, le piano assure la basse et la batterie s'immisce dans
la partie. L'atmosphère se raidit rapidement avec les motifs
staccato du piano, le foisonnement de la batterie et l'emballement du
saxophone alto !
Des accords sautillants et entraînants du piano annoncent «
La vie rêvée des aigles », puis le saxophone alto
expose une mélodie
ondulée.
Le duo la déroule tranquillement jusqu'au moment où le piano
retrouve le cirque et des effets
bouffons en arrière-plan
: sirènes,
complaintes, souffles, claquements,
vocalises...
La conclusion est dans un style rock progressif avec le piano, emphatique ou
délicat, qui répond aux vocalises rythmiques.
Le
«
Soleil de plumes
»
se
balance avec mélancolie sous les doigts de Kastelnik. La batterie
change la donne avec un démarrage binaire
musclé,
appuyé par les clameurs
et chants
de Moura, très expressionnistes, et le touché vigoureux du piano.
Vertige de la
mue
se referme sur les caquètements d'une volière...
La
musique
de
L'oiseau ravage est formidablement expressive
et
donne des vertiges de joie !
Le
disque
Vertiges
de la mue
L'oiseau
ravage
Charlène
Moura (as, voc, d, perc) et Marek Kastelnik (p, voc).
Le
bruit du vent dans les arbres
Sortie
le 20 février 2026
Liste
des morceaux
01.
«
La cérémonie
»
(10:20).
02.
«
Rosa Bonheur »
(03:32).
03.
«
Faucon toucan
»
(03:23).
04.
«
Reflets iridescents en
apesanteur »
(07:33).
05.
«
Piou »
(03:23).
06.
«
Poule d'or
»
(06:15).
07.
«
Difficile extraction
de l'œuf
»
(03:59).
08.
«
La vie
rêvée
des aigles
»
(04:03).
09.
«
Soleil de plumes
»
(04:10).
Tous
les morceaux sont signés L'oiseau ravage.
