8 mars 2015

A la découverte d’… Etienne de La Sayette

La Corée, l’Ethiopie, l’Irlande, la Guinée, le Zimbabwe, les Antilles, le Mali, l’Inde, le Brésil… découvrir Etienne de La Sayette, c’est comme s’embarquer pour un périple autour du monde…


La musique

J’avais autour de huit ans et je ne sais ce qui m’a pris de vouloir écouter du jazz, sans savoir vraiment ce que c'était... Ma gentille maman qui n'y connaissait goutte m'a emmené chez un disquaire : « le petit veut écouter du jazz ». Et le gentil monsieur nous a vendu le disque Atomic Basie. Sur le coup je n’ai pas franchement été emballé… Mais j’avais écouté du jazz !

Vers  neuf ou dix ans, j’ai commencé le violoncelle dans un conservatoire. Il a presque réussi à me dégoûter à tout jamais de la musique. Dans la foulée, j'ai redoublé débutant B en solfège… Un exploit ! Vers quatorze ans, le saxophone me semblait être le summum du cool et du branché sexy… Donc je suis passé au saxophone… Autant de raisons stupides, of course ! Parce qu’aujourd’hui, je n'ai ni affinité particulière, ni dégoût pour cet instrument. C'est juste celui dont je sais à peu près jouer, mais ça pourrait être aussi bien du piano, du banjo ou de l'ophicléide baryton…

Du saxophone au jazz, il n’y a qu’un pas… Quelques chouettes professeurs particuliers m’ont conseillé, mais j’ai surtout appris un maximum de choses grâce aux voyages, aux rencontres et à une pratique acharnée. Composer, arranger, monter plein de projets, apprendre à jouer toutes sortes de flûtes du monde, créer pour le théâtre, écrire des musiques de pub, tourner avec des groupes de reggae, faire de la musique irlandaise dans les maisons de retraite, jouer du jazz dans des caves et du zouk dans les stades... Le kiff autodidacte quoi !


Les influences

Il y a tellement de sources d’influence… C’est impossible de toutes les citer. Sans compter que je ne suis pas forcément influencé par des musiciens, mais plutôt par des musiques. Pour être plus clair : je suis davantage influencé par les musiques traditionnelles européennes ou non, en tous cas qui existent dans une tradition collective, plutôt que par la création singulière de tel ou tel individu. D’ailleurs les musiciens qui sont tout en haut de mon panthéon personnel – John Coltrane, par exemple ! – ne sont pas forcément ceux qu’on entend dans ma musique…



Cinq clés pour le jazz

Qu’est-ce que le jazz ? Le jazz je m'en fous ! Si on enferme le jazz dans une définition, il va crever, étouffé, même si on fait des petits trous dans la boite pour qu’il respire !

Pourquoi la passion du jazz ? La liberté, l'improvisation...

Où écouter du jazz ? Dans une boite échangiste à Bamako…

Comment découvrir le jazz ? Allez en écouter en live !

Une anecdote autour du jazz ? Pas d'anecdote mais une citation que j'adore : « writing about music is like dancing about architecture », c'est Thelonious Monk qui aurait dit ça...


Le portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais un cochon, mon signe astrologique chinois – Et dans le cochon tout est bon !
Si j’étais un plat, je serais du yukae jang, un ragout de bœuf épicé coréen – Mmmmmmmm !
Si j’étais un mot, je serais bordel !
Si j’étais une couleur, je serais une couleur qui pète : orange fluo ou rose fuchsia, comme antidote à l'emmerdement et à la morosité ambiante qui flottent sur Paris, et en souvenir des couleurs vibrantes de l'Inde…


Les bonheurs et regrets musicaux

Le bonheur c’est le prochain projet ! Et, aujourd’hui, non, je ne regrette rien, rien de rien…


Sur l’île déserte…

Quels disques ? Arf ! Il vaut mieux se mettre à fabriquer des instruments, quelques flûtes en roseau, une conque pour souffler, des percussions en bambou et des sanzas en arêtes de poisson…

Quels films ? Aucun, je serais trop occupé à fabriquer des instruments et à monter un orchestre avec les survivants du naufrage…

Quelles peintures ? Si l'île n’est pas trop moche, et qu'en plus, avec un peu de chance, il y a la mer autour… il n’y a pas besoin de peinture…

Quels loisirs ? L'élevage des petites grenouilles dendrobates.



Les projets

D’abord je veux continuer la belle aventure Akalé Wubé. C’est un authentique groupe avec qui je prends mon pied depuis six ans et qui a un gros potentiel pour nous emmener très loin.

Il y a, bien sûr, le nouveau quintet Baeshi Bang. Après avoir trouvé une identité sonore bien à lui, Baeshi Bang ne demande plus qu'à tourner et s'acoquiner avec des musiciens de Corée, son pays d'adoption...

Je fais également partie du rutilant Wunderbar Orchestra de mon pote Victor Michaud. D’autre part, je compose et produits aussi des musiques de films. Récemment j’ai notamment écrit la musique du superbe Concrete Stories, un film de mon pote Lorenz Findeisen. Par ailleurs j’ai des nouvelles collaborations en vue avec mon ami Blundetto. En bref, c’est toujours des histoires de potes !

Sinon, je monte un nouveau projet avec le balafoniste Lansiné Diabaté et des musiciens mandingues de Guinée. Nous commençons en novembre et je trépigne d'impatience !

Enfin, je veux continuer à collectionner les claviers vintage et apprendre à jouer pour de vrai de la mbira du Zimbabwe…


Trois vœux…

Habiter dans une grande maison au milieu de la forêt tropicale et avoir trente-quatre enfants...

... Et même qu’Hermeto Pascoal serait mon grand-père...

... Et qu'on jouerait toute la journée de la flûte dans la rivière !