4 mai 2015

Crooked House

Crooked House
Hyprcub
Yolk – J2065

Alban Darche continue les déclinaisons du Cube : après le Gros et L’Orphi, voici l’Hypr… Au trio de base avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Christophe Lavergne à la batterie, s’ajoutent Jon Irabagon au saxophone ténor et Jozef Dumoulin aux claviers. Darche a également convié le clarinettiste et saxophoniste Sylvain Rifflet sur trois morceaux.

Crooked House compte onze titres signés Darche et sort sur l’excellent label Yolk.

Des ballades presque tranquilles (« Opium »), aux parfums mélancoliques ou latins (« Saudade »), côtoient des morceaux entraînants (« Volutes »), mais toujours relevées d'une touche d'acidité, des passages bruts et terriens (« L’enfant et le miroir ») et des dialogues tendus (« No Airbag »). Darche joue même son « Albanology » sur un tempo effréné, clin d'œil plein d'humour à Charlie Parker.

Le maître-mot de l’Hyprcub c’est interaction : les lignes touffues de la batterie (« Far West Song »), les riffs boisés de la contrebasse (« Connais-toi toi-même »), les contrepoints dissonants des saxophones (« Tears ») et les phrases nerveuses du piano (« Crooked House ») s’imbriquent dans des entrelacs sophistiqués qui donnent à Crooked House des allures de musique de chambre contemporaine. Les envolées débridées des saxophones (« Crooked House ») rappellent que le free n'est pas loin non plus et les rythmes appuyés, plein de groove (« Connais-toi toi-même »), montrent également que le quintet ne fait pas fi de la tradition.

Crooked House porte bien son nom... Non pas pour l'évocation du crime d'Aristide Leonides, mais plutôt pour la démarche musicale d'Hyprcube : s'appuyer sur des matériaux traditionnels – swing, acoustique, groove, bop... – pour construire des édifices musicaux tarabiscotés, mais tout à fait habitables. Il n'y a pas dire : Darche et ses compagnons sont des architectes et des bâtisseurs de sons particulièrement doués !