02 avril 2019

Miasin - Alexis Avakian


Après Digging Chami en 2014 et Hi Dream en 2017, Alexis Avakian sort un nouvel opus en 2019 : Miasin. S’il reste fidèle à son quartet, le saxophoniste invite également deux musiciens arméniens : Artyom Minasyan, déjà présent sur les deux disques précédents, au doudouk, chevi et zurna, et Miqayel Voskanyan, rencontré il y a deux ans au festival de Jazz d’Erevan, au chant et au târ.

Au programme de Miasin, neufs compositions d’Avakian, « Erzeroumi Shoror », un chant traditionnel arménien, et « Ostuni – Nostruni », signé Mauro Gargano.  

L’ode au Cameroun, « Yaoundé », démarre comme une marche, avant que le ténor ne parte dans des développements tendus, dans un esprit coltranien, sur une rythmique touffue. Une polyrythmie entraînante et des instruments orientaux traditionnels font danser « Erzeroumi Shoror ». Ludovic Allainmat introduit subtilement « Le rôle est beau » et lance un motif proche d’un tango, mais c’est plutôt par une valse que le saxophone répond au piano. L’hommage à Wayne Shorter, au titre clin d ‘œil « Wayne The Saint », est énergique, dans un style néo-bop aux accents folks. Retour à un thème mélancolique aux consonances orientales pour évoquer la capitale de l’Arménie, « Yerevanadzor » : sur les trémolos du târ, les lignes souples de Gargano et les phrases mélodieuses de Fabrice Moreau, la flûte, la zurna, le piano et le saxophone conversent avec majesté. Après « Circus », un interlude débridé, Avakian s’envole dans « Gugo’s Jokes », sur fond de rythmique trépidante et de târ lointain. Dédié à la région natale de Gargano, les Pouilles, « Ostuni – Nostruni » met en avant le son boisé et dense de la contrebasse, tandis que la flûte et le piano dialogue avec élégance sur une batterie enjouée. L’« Improvisation pour Julien » (sans doute Julien Bassères, qui a enregistré Miasin  au Studio de Meudon) reste dans un mode nostalgique, porté par les vocalises aux modulations orientales, les vibratos du târ et le ténor, dans un registre grave. Duo dans une veine XXe entre la flûte et la contrebasse, « Interludo » sert d’introduction au moreau-titre, tout en finesse : une mélodie solennelle, une rythmique musicale, un doudouk raffiné, un ténor fragile et des contrepoints astucieux du piano

Dans Miasin, Avakian emmène les auditeurs pour une belle promenade dans ses paysages jazz aux couleurs moyen-orientales !



Le disque

Miasin
Alexis Avakian
Alexis Avakian (ts, ss, fl, g), Ludovic Allainmat (p, kbd), Mauro Gargano (b) et Fabrice Moreau (d), avec Artyom Minasyan (doudouk, chevi, zurna) et Miqayel Voqkanyan (tar, voc)
Diggin Music Prod – 2018 01
Sortie le 25 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « Yaounde » (04:29).
02. « Erzeroumi shoror », traditionnel (05:36).
03. « Le rôle est beau » (07:07).
04. « Wayne the Saint » (04:44).
05. « Yerevanadzor » (06:56).
06. « Circus » (01:34).
07. « Gugo's Jokes » (06:31).
08. « Ostuni-Nostruni », Gargano (07:14).
09. « Improvisation pour julien » (03:29).
10 « Interludo » (01:10).
11. « Miasin » (06:07).

Tous les morceaux sont signés Avakian, sauf indication contraire.