Depuis le duo avec Guillaume de Chassy,
l'Another Trio aux côtés de Jean-Jacques Avenel et Pierre Marcault,
Dream Pop en compagnie de Bruno Schorp et Matthieu Chazarenc, Flux
tendu et Trio + 2 autour de Jean-Charles-Richard, Luc Isenmann,
Sébastien Llado et Pierre Durand, le projet Around Goldberg
Variations avec Remi Masunaga, Wild Poetry avec Marcault, Boris
Blanchet, Blaise Chevallier et Philippe Gleizes... jusqu'aux Master
Class et cours dans les conservatoires du cinquième et du quinzième
arrondissements de Paris, le vibraphoniste David Patrois mérite un
détour !
La
musique
J'ai
commencé par
le violon à sept
ans, mais ça n'a pas été très
concluant... Comme
un de mes oncles nous a laissé une
vieille batterie à la maison, j'ai évidemment
voulu changer ! Je
voulais jouer de la batterie et des percussions
comme les congas, le
djembé...
Et puis je suis tombé sur cet
instrument-là…
Le vibraphone
! J'ai été immédiatement
séduit
! Il me permettait de jouer des
percussions avec des notes, un vibrato...
Certes il
me fallait
travailler dur pour maîtriser
les résonances, mais j'étais motivé ! Et
je le suis toujours autant...
Ma mère m'a donc
inscrit au conservatoire dans
le cours de percussions.
Au
début, c'était xylophone,
caisse claire, « tiens
la baguette comme ça ! »...
Ni groove,
ni improvisation
! J'étais
un peu frustré ! Au
bout de quelques années, j'ai
acquis suffisamment de technique
pour commencer à me faire plaisir !
En 1986 j'ai obtenu mon diplôme de
percussions classiques, mais à côté
je jouais aussi de la batterie et
des congas
dans
quelques groupes locaux.
Le
rythme et le groove m'ont toujours fasciné, dès mon plus jeune âge.
Peut-être parce que, encore enfant, j'ai habité un an au Sénégal.
Quand à cinq ans vous vous retrouvez en face d'une armée de
danseurs et de djembefolas... Quelle puissance ! Quel envoûtement !
Ça vous marque pour la
vie ! Sans oublier que ma mère, artiste lyrique, chantait Francis
Poulenc, Claude Debussy, Olivier Messiaen... J'ai
retrouvé leur richesse harmonique dans le jazz, chez Wayne
Shorter, John Coltrane, Chick Corea, Bill
Evans... Par ailleurs, mon oncle avait des disques d'Emerson,
Lake and Palmer et Deep Purple... Autour de quinze ou seize ans, j'ai
reçu mon premier disque de jazz, Times Square de Gary
Burton et j'ai eu l'impression que c'était la musique que
je désirais depuis toujours !
Ensuite
j'ai mis toute mon énergie dans le
vibraphone.
Tant
et si bien que j'ai obtenu une bourse d'études auprès du ministère
de la culture pour intégrer le
Berklee College
of Music à Boston,
avec Burton
! Quelle chance ! Je suis rentré en
1989 et
j'ai commencé à jouer avec diverses formations
et à
composer, jusqu'à aujourd’hui...
Il
y a quelques temps, au cours d'un stage que j'animais, j'ai fait une
petite liste de mes influences majeures : « Semblence » de Burton
(Times Square), « If I Could Write A Book » et « You're My
Everything » (Relaxin'), « It Ain't Necessarily So » (Porgy
And Bess), « Limbo » (Sorcerer) et « Fast Track » (We
Want Miles) de Miles Davis, « Transition » de Coltrane
(Transition), « Minuit » des Ballets Africains (Festival),
« Poèmes pour mi : 3. La maison » de Messiaen, « Sinchronicity I
» de The Police (Live!), « The 4.15 Bradford Executive »
d'Allan Holdsworth (The Man Who Changed Guitar Forever),
« All Of You » d'Evans (The Complete Village Vanguard
Recordings), « Rhythm-A-Ning » de Corea, Miroslav Vitous
et Roy Haynes (Trio Music), « Poinciana » d'Ahmad
Jamal (Ahmad Jamal At the Pershing), « Who Needs Forever?
» d'Astrud Gilberto et Quincy Jones (The Deadly
Affair), « Bass Desires » de Marc Johnson (Bass
Desires), « Questar » de Keith Jarrett (My Song),
« Third Wind » de Pat Metheny (Still Life), « Maiden
Voyage » de V.S.O.P. (Tempest In The Colosseum), « Night And
Day » de Stan Getz et Evans (Stan Getz & Bill Evans),
« Sunrise » de Terje Rypdal (Terje Rypdal / Miroslav
Vitous / Jack DeJohnette), « Blackthorn Rose » (Mysterious
Traveller) et « Black Market » (Black Market) de Weather
Report.
Cinq
clés pour le jazz
Qu’est-ce
que le jazz ? A
la base c'est la rencontre des rythmes de
l'Afrique et des
harmonies occidentales... En tout cas c'est mon expérience ! Par la suite, le jazz a « tout mangé » ! Il s'est enrichi de toutes les cultures musicales, depuis les tablas indiens, jusqu'à la musique des Balkans, en passant par le gamelan balinais et le didjeridoo… tout en gardant son authenticité et son élégance avec des grooves soutenus, des mélodies lisibles, des harmonies variées et des improvisations scénarisées. Si je prends mon exemple, j'ai été très influencé par le rock, les rythmes africains, Johann Sebastian Bach, Ravel, Alban Berg...
harmonies occidentales... En tout cas c'est mon expérience ! Par la suite, le jazz a « tout mangé » ! Il s'est enrichi de toutes les cultures musicales, depuis les tablas indiens, jusqu'à la musique des Balkans, en passant par le gamelan balinais et le didjeridoo… tout en gardant son authenticité et son élégance avec des grooves soutenus, des mélodies lisibles, des harmonies variées et des improvisations scénarisées. Si je prends mon exemple, j'ai été très influencé par le rock, les rythmes africains, Johann Sebastian Bach, Ravel, Alban Berg...
Pourquoi
la passion du jazz ? C'est
une musique qui possède des
racines profondes,
mais qui
est également tournée
vers l'avenir et
la création. Le jazz est en
perpétuelle évolution. Donc
impossible de s'ennuyer !
Où
écouter du jazz ? Il y a
de nombreux endroits à Paris où
écouter des musiciens de jazz...
Chaque lieu a ses têtes
et son esthétique.
Il
faut rester curieux
et s'attendre à être surpris,
souvent charmé, parfois envoûté, de
temps en temps dérangé...
comme avec toutes les formes d'art !
Comment
découvrir le jazz ?
Ecouter
Kind Of
Blue
de Davis est sûrement la meilleure façon d'aborder cette musique...
Ensuite, partez en exploration…
Une
anecdote autour du jazz ?
Quand vous savez
que Kind Of
Blue a été enregistré en un
après-midi...
vous
réalisez à quel point l'être humain est capable du meilleur !
J'ai
un projet en cours avec Balakumar Paramalingam,
percussionniste indien qui joue du mridangam - un peu l'ancêtre des
tablas -, Johan Renard au violon et Jean-Charles
Richard au saxophone baryton. Ce quartet a des possibilités
sonores illimitées : le saxophone baryton peut jouer la basse et
chanter dans les aigus, le violon et le vibraphone peuvent être
virtuoses, jouer des nappes ou accompagner rythmiquement comme le
ferait un guitariste de funk ou un balafola...


