03 avril 2019

Polyphony - Jasper Blom Quartet


Le saxophoniste ténor Jasper Blom, figure du jazz néerlandais, a joué aussi bien avec Lee Konitz ou Chet Baker que Dave Liebman. Après Statue of Liberty (2008), Gravity (2012) et Audacity (2015), Polyphony est le quatrième disque de son quartet, constitué de Jesse van Ruller à la guitare, Frans van der Hoeven à la contrebasse et Martin Vink à la batterie. Pour ce double album, enregistré lors de deux concerts donnés au Bimhuis, à Amsterdam, Blom a invité le trompettiste Bert Joris, le 21 mai 2016, et le tromboniste Nils Wogram, le 10 février 2018. Polyphony sort chez Whirlwind Recordings en janvier 2019.


Jasper Blom Quartet invite Bert Joris

Pour le disque avec Joris, Blom puise son répertoire dans la musique médiévale et la Renaissance : « Waltz For Magnus » se réfère au Magnus liber, le recueil d’airs médiévaux ; la main harmonique de Guido d’Arezzo est évoquée dans « Guidonean Hand » ; « Virelai », pour le poème médiéval éponyme ; « Fontayne » s’inspire de « Sus une fontayne » de Johannes Ciconia, qui se voit également dédier un thème à son nom ; « The Lady And The Unicorn » se rapporte évidemment à la célèbre tenture « La Dame à la licorne », du début de la Renaissance française ; « L’Homme armé » est un chanson traditionnelle, datée du XVe ; quant à « Beatus Vir », c’est un morceau du compositeur de la Renaissance, Roland de Lassus.

Blom met habilement en relief les mélodies aux accents médiévaux en jouant sur les unissons (« Fontayne ») et les contrepoints (« Beatus Vir ») dans un style baroque (« Virelai »). Le quintet dialogue avec élégance (« Waltz For Magnus ») sur des constructions sophistiquées (« Beatus Vir »), souvent dans un esprit de musique de chambre (« Guidonean Hand »), ponctuée d’envolées free contrôlées (« Virelai ») ou post-bop brillantes (« The Lady And The Unicorm »). Si les structures mélodiques et harmoniques peuvent rappeler la Renaissance, en revanche le traitement rythmique est bien rattaché au jazz : walking et chabada énergiques (« Homme Armé »), shuffle dansants de la contrebasse (« Guidonean Hand »), foisonnement de la batterie (« Virelai »), riff chaloupé des îles (« Ciconia »), motifs sourds et touffus (« Waltz For Magnus »)…

Le premier opus de Polyphony propose une musique raffinée et entraînante, pleine de caractère et servie par des musiciens au diapason !


Jasper Blom Quartet invite Nils Wogram


Deux ans plus tard le quartet se retrouve donc avec Wogram au trombone. Les huit compositions de Blom s’inscrivent dans une veine néo-bop (« Decidophobia »), à l’exception de « Monk Fish Cleopatra » qui s’apparent à une mélodie médiévale.

Un peu comme dans le Third Stream, l’architecture des morceaux est influencée par la musique de chambre (« Monk Fish Cleopatra »), mais conserve la pulsation jazz (« Antidote »). Exposés des thèmes en chœur (« Whirl »), contre-chants subtils (« Macedonian Candidate »), courses-poursuites débridées (le bien nommé « Running Gag »), velléités free (« Least of Your Worries »), interactions pétillantes (« Decidophobia »)… la musique du quintet ne manque pas de sel ! D’autant plus que la section rythmique reste puissante (« Whirl »), tendue (« Macedonian Candidate »), et swingue avec vivacité (« Running Gag »).

Dynamique, vivant et varié, ce deuxième opus de Polyphony confirme toutes les qualités de la musique de Blom et de ses compagnons.

Le disque

Polyphony
Jasper Blom Quartet
Jasper Blom (ts), Jesse van Ruller (g), Frans van der Hoeven (b) et Martin Vink (d), avec Bert Joris (tp) et Nils Wogram (tb)
Whirlwind Recordings – WR4732
Sortie le 25 janvier 2019

Liste des morceaux

Disque 1

01. « Waltz for Magnus » (09:12).
02. « Guidonean Hand » (05:04).
03. « Virelai » (07:05).
04. « Fontayne » (06:50).
05. « The Lady and the Unicorn » (08:37).
06. « Homme Armé », traditionnel (09:31).
07. « Beatus Vir », Roland de Lassus (05:44).
08. « Ciconia » (08:19).

Disque 2

09. « Decidophobia » (08:54).
10. « Running Gag » (05:21).
11. « Nancy in the Sky » (06:41).
12. « Macedonian Candidate » (08:46).
13. « Least of Your Worries » (07:38).
14. « Monk Fish Cleopatra » (04:46).
15. « Whirl » (04:13).
16. « Antidote » (03:47).

Tous les morceaux sont signés Blom, sauf indication contraire.

02 avril 2019

Bright Shadows - Anne Paceo


Triphase (2008), Empreintes (2010), Yôkaï (2012), Circles (2016), Fables of Shwedagon (2018)… autant de disques, autant d’univers qui font d’Anne Paceo une artiste protéiforme en quête perpétuelle de rencontres et de renouvellement. Bright Shadows, qui sort en 2019, n’échappe pas à la règle. Christophe Panzani et Tony Paeleman, tous les deux présents sur Circles, font toujours partie de l’aventure, et Pierre Perchaud, guitariste sur Yôkaï, complète le quartet instrumental. Quant à Ann Shirley et Florent Matéo, ils apportent leur voix.

Les neuf chansons signées Paceo et mises en paroles par elle-même, Marion Rampal, Sandra Nkake, Diana Trujillo ou Matéo, s’aventurent dans des univers variés : soul (« Tomorrow »), pop (« Bright Shadows », « Stranger », « Contemplation »), rock progressif (« Hope Is A Swan », « Calle silencio »), psychédélique (« The Shell »), ambient (« Jasmine Flower »), ethnique (« Nehanda », hommage à l’héroïne zimbabwéenne Nehanda Charwe Nyakasikana ?)… Vocalises et chants, souvent aériens, s’appuient sur les nappes sonores synthétiques des claviers, les accords en suspension de la guitare et les unissons ou les contrechants lointains du saxophone. Le jeu luxuriant, véloce et puissant de Paceo entretient une pulsation intense tout au long de l’album.

Dans Bright Shadows, Paceo laisse libre court à sa joie de chanter et à son goût pour une pop dynamique !



Le Disque

Bright Shadows
Anne Paceo
Ann Shirley (voc), Florent Matéo (voc), Christophe Panzani (s, cl), Pierre Perchaud (g), Tony Paeleman (kbd) et Anne Paceo (d)
Laborie Jazz – LJ46
Sortie le 25 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « Tomorrow », Paceo & Rampal (4:54).
02. « Bright shadows », Paceo & Rampal (5:13).
03. « Hope is a swan », Paceo & Rampal (4:02).
04. « Nehanda » (4:15).
05. « Calle silencio » (5:00).
06. « The shell », Matéo (5:09).
07. « Stranger », Nkake (4:54).
08. « Jasmine flower » (4:26).
09. « Contemplation », Paceo & Trujillo (4:04).

Tous les morceaux sont signés Paceo, sauf indication contraire.

Miasin - Alexis Avakian


Après Digging Chami en 2014 et Hi Dream en 2017, Alexis Avakian sort un nouvel opus en 2019 : Miasin. S’il reste fidèle à son quartet, le saxophoniste invite également deux musiciens arméniens : Artyom Minasyan, déjà présent sur les deux disques précédents, au doudouk, chevi et zurna, et Miqayel Voskanyan, rencontré il y a deux ans au festival de Jazz d’Erevan, au chant et au târ.

Au programme de Miasin, neufs compositions d’Avakian, « Erzeroumi Shoror », un chant traditionnel arménien, et « Ostuni – Nostruni », signé Mauro Gargano.  

L’ode au Cameroun, « Yaoundé », démarre comme une marche, avant que le ténor ne parte dans des développements tendus, dans un esprit coltranien, sur une rythmique touffue. Une polyrythmie entraînante et des instruments orientaux traditionnels font danser « Erzeroumi Shoror ». Ludovic Allainmat introduit subtilement « Le rôle est beau » et lance un motif proche d’un tango, mais c’est plutôt par une valse que le saxophone répond au piano. L’hommage à Wayne Shorter, au titre clin d ‘œil « Wayne The Saint », est énergique, dans un style néo-bop aux accents folks. Retour à un thème mélancolique aux consonances orientales pour évoquer la capitale de l’Arménie, « Yerevanadzor » : sur les trémolos du târ, les lignes souples de Gargano et les phrases mélodieuses de Fabrice Moreau, la flûte, la zurna, le piano et le saxophone conversent avec majesté. Après « Circus », un interlude débridé, Avakian s’envole dans « Gugo’s Jokes », sur fond de rythmique trépidante et de târ lointain. Dédié à la région natale de Gargano, les Pouilles, « Ostuni – Nostruni » met en avant le son boisé et dense de la contrebasse, tandis que la flûte et le piano dialogue avec élégance sur une batterie enjouée. L’« Improvisation pour Julien » (sans doute Julien Bassères, qui a enregistré Miasin  au Studio de Meudon) reste dans un mode nostalgique, porté par les vocalises aux modulations orientales, les vibratos du târ et le ténor, dans un registre grave. Duo dans une veine XXe entre la flûte et la contrebasse, « Interludo » sert d’introduction au moreau-titre, tout en finesse : une mélodie solennelle, une rythmique musicale, un doudouk raffiné, un ténor fragile et des contrepoints astucieux du piano

Dans Miasin, Avakian emmène les auditeurs pour une belle promenade dans ses paysages jazz aux couleurs moyen-orientales !



Le disque

Miasin
Alexis Avakian
Alexis Avakian (ts, ss, fl, g), Ludovic Allainmat (p, kbd), Mauro Gargano (b) et Fabrice Moreau (d), avec Artyom Minasyan (doudouk, chevi, zurna) et Miqayel Voqkanyan (tar, voc)
Diggin Music Prod – 2018 01
Sortie le 25 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « Yaounde » (04:29).
02. « Erzeroumi shoror », traditionnel (05:36).
03. « Le rôle est beau » (07:07).
04. « Wayne the Saint » (04:44).
05. « Yerevanadzor » (06:56).
06. « Circus » (01:34).
07. « Gugo's Jokes » (06:31).
08. « Ostuni-Nostruni », Gargano (07:14).
09. « Improvisation pour julien » (03:29).
10 « Interludo » (01:10).
11. « Miasin » (06:07).

Tous les morceaux sont signés Avakian, sauf indication contraire.

Lines and Spaces - Philippe Soirat

Si Philippe Soirat compte plus de soixante-dix disques au compteur, Lines and Spaces est seulement sont deuxième opus en leader, après You Know I Care sorti en 2015. Le quartet du batteur est inchangé, avec David Prez au saxophone ténor, Vincent Bourgeyx au piano et Yoni Zelnik à la contrebasse.

Dans la lignée de son premier opus, Soirat a sélectionné des thèmes de musiciens qu’il affectionne : Wayne Shorter (« Second Genesis »), le batteur James N. Black (« Magnolia Triangle »), Joe Lovano (pour le morceau éponyme « Lines & Spaces »), John Coltrane (« Countdown »), Jeremy Pelt (« Nephthys ») et le contrebassiste Robert Hurst (« Aycrigg »). Le quartet joue également deux compositions de Prez, « Carter blanche » et « « A Shorter One », hommage à Shorter, et «  Dong » de Bourgeyx.

La parenté bop est évidente : instruments, thématique, structure des morceaux (thème – solos – thème), accompagnement en walking et chabada, progressions d’accords… Prez connaît ses gammes shortériennes (« Carte blanche ») et son vocabulaire bop (« Lines & Spaces ») sur le bout des clés. Sa vélocité ne recherche pas l’esbroufe (« Count down ») et son discours est ponctué de dissonances (« A Shorter On »), de contrastes (« Aycrigg ») et de jeux rythmiques (« Magnolia Triangle »). Sobre et précis (« Dong »), l’accompagnement de Bourgeyx a parfois des côtés monkiens (« Magnolia Triangle »), voire une approche contemporaine (« Countdown »). Le pianiste passe d’un chorus élégant (« Carte blanche ») à des interventions tendues (« A Shorter One ») dans une lignée néo-bop (« Nephthys »). A son habitude, Zelnik maintient une carrure solide avec des lignes souples et imperturbables (« Magnolia Triangle »), parsemées de shuffle entraînants (« Second Genesis »). Pulsation enjouée (« Aycrigg »), stop-chorus énergiques (« Lines and Spaces »), solos élégants (« Carte blanche »), accompagnement emphatique (« Dong ») ou sourd (« A Shorter One »), foisonnement nerveux (« Magnolia Triangle »)… : le jeu mordant et chaloupé de Soirat va comme un gant à cet environnement (« Carte blanche »).

Lines And Spaces porte bien son titre : Soirat et son quartet déboulent avec des lignes vigoureuses qui créent des espaces musicaux dans une veine bop…

Le disque


Lines and Spaces
Philippe Soirat
David Prez (ts), Vincent Bourgeyx (p), Yoni Zelnik (b) et Philippe Soirat (d)
Paris Jazz Underground – PJU018
Sotie le 25 janvier 2019

Liste des morceaux


01. « Carte Blanche », Prez (7:05).
02. « Second Genesis », Shorter (6:46).
03. « A Shorter One », Prez (7:52).
04. « Magnolia Triangle », Black (6:38).
05. « Lines and Spaces », Lovano (7:44).
06. « Dong », Bourgeyx (6:20).
07. « Countdown », Coltrane (4:56);
08. « Nephtys », Pelt (6:55);
09. « Aycrigg », Hurst (6:41)

Face To Face - Uriel Herman Quartet


Sorti de la Jerusalem Music Academy, Uriel Herman commence par une carrière de concertiste classique avant de rejoindre le jazz. Après Half Colors, Half Voices (2008) et Awake (2014), Herman monte un quartet avec lequel il tourne dans le monde entier. C’est avec cette formation, plus une pléthore d’invités, qu’il sort Face To Face chez Laborie Jazz, en janvier 2019.

Face To Face propose huit morceaux variés : de « Hayu leilot », un chant traditionnel juif à « The Man Who Sold The World », le tube de David Bowie, en passant par le psaume 11:17 KJV « I Shall Not Die, But Live », deux hommages à Ingmar Bergman, « Winter Light » (Les Communiants – 1962) et « Hour Of The Wolf » (L’heure du loup – 1968), plus trois autres thèmes signés Herman.

Pianiste au lyrisme affirmé (« Hayu leilot ») et au sens mélodique indiscutable (« Shva Esre »), Herman nage dans la musique orientale comme un poisson dans l’eau (« Shirat hachalil »), affectionne les ambiances solennelles (« I Shall Not Die, But Live »), mais aussi la polyrythmie (« Hour Of The Wolf »), et conserve en toute occasion une indépendance des mains tirée de la musique classique (« Winter Light »). Les « instruments du monde » – oud, luth, cajon, flûte, kopuz, vocalises… – apportent des textures d’autant plus bigarrées qu’Herman laisse beaucoup de place aux mouvements d’ensemble (« The Man Who Sold The World »).

Mélodieux et rythmé, Face To Face fleure bon les parfums jazz, orientaux et classique…



Le disque

Face To Face
Uriel Herman Quartet
Uriel Weinberger (bois), Uriel Herman (p), Avri Borochov (b, oud) et Haim Peskof (d), avec Daniel Krief (voc), Yehuda Shuki Shveiky (voc, g), Aviv Bahar (voc, g, kopuz), Arthur Kranobaev (tp), Ilan Bar-Lavi (g) et Maayan Soari (cajon)
Laborie Jazz – LJ55
Sortie le 25 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « Hayu leylot », traditionnel (9:43).
02. « The Man Who Sold The World », Bowie (6:27).
03. « Ballad For Yael » (3:10).
04. « Shva Esre » (5:42).
05. « I Shall Not Die, But Live », psaume 11:17 KJV (6:44).
06. « Winter Light » (8:44).
07. « Hour of The Wolf » (9:31).
08. « Shirat hachalil » (5:19).

Tous les morceaux sont signés Herman, sauf indication contraire.

Off-Off Broadway - Stéphane Huchard Cultisongs Trio

Off-Off Broadway, septième disque de Stéphane Huchard sous son nom, sort en janvier 2019 chez Jazz Eleven. Le batteur a formé en 2018 le Cultisongs Trio avec Stéphane Guillaume aux saxophones et Thomas Bramerie à la contrebasse. Comme le titre du disque l’indique – les Off-Off Broadways sont des spectacles joués dans les petites salles de New York –, le trio reprend quatorze tubes du Tin Pan Alley.

Le Cultisongs Trio reprend la plupart des thèmes sur un mode entraînant (« Without A Song »), parfois dans l’esprit du Songbook (« Just In Time »), mais le plus souvent avec une approche rythmique au goût du jour (« So In Love »). Guillaume combine habilement tradition et modernité (« How Long Has his Been Going On? ») : vivacité be-bop (« Just In Time ») ou fausse nonchalance (« If I Should Lose You »), virtuosité à bon escient (« It Could Happen To You ») ou douceur (« Every Time We Say Goodbye »), vélocité (« The Way You Look Tonight ») et profondeur (« I Concentrate On You »). Comme d’habitude, Bramerie joue des lignes qui allient souplesse (« Darn That Dream ») et solidité (« If I Should Lose You »). Ses motifs (« I Concentrate On You »),  walking rapides (« It Could Happen To You »), shuffle entraînants (« My Heart Belongs To Daddy ») et autres ostinato (« My Foolish Heart ») assurent une pulsation d’autant plus trapue que sa contrebasse a une sonorité grave et boisée (« Every Time We Say Goodbye »). Les frappes mates (« Without A Song ») et rapides (« The Way You Look Tonight ») d’Huchard mettent en relief son chabada imperturbable (« Just In Time », « My Heart Belongs To Daddy »), ses rythmes syncopés (« You Go To My Head ») et dansants (« Darn That Dream »), ses séries de cliquetis rapides (« I Love You »), mais aussi des passages plus emphatiques (« I Concentrate On You ») ou encore, des stop-chorus vifs (« It Could Happen To You »). Le trio profite de l’absence de piano pour interagir sans contrainte, à travers des dialogues pimentés (« You Go To My Head »), des unissons veloutés (la contrebasse et le ténor dans « My Heart Belongs To Daddy »), des discours mystérieux (« If I Should Lose You ») et profonds (« So In Love »).

Avec Off-Off Broadway, Huchard et le Cultisongs Trio rendent hommage au be-bop et au swing avec un savoir-faire indéniable, un plaisir assumé et une belle vitalité.

Le disque

Off-Off Broadway
Stéphane Huchard Cultisongs Trio
Stéphane Guillaume (ts, as, ss), Thomas Bramerie (b) et Stéphane Huchard (d)
Jazz Eleven – JZE11003
Sortie le 18 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « Without a Song », Vincent Youmans, Billy Rose & Edward Eliscu (03:18).
02. « Just in Time », Jule Styne, Betty Comden & Adolph Green (02:45).
03. « My Heart Belongs to Daddy », Cole Porter (03:40).
04. « You Go to My Head », J. Fred Coots & Haven Gillespie (03:31).
05. « If I Should Lose You », Ralph Rainger & Leo Robin (05:06).
06. « It Could Happen to You », Jimmy Van Heusen & Johnny Burke (04:41).
07. « I Love You », Cole Porter (04:58).
08. « Every Time We Say Goodbye », Cole Porter (04:37).
09. « The Way You Look Tonight », Jerome Kern & Dorothy Fields (04:45).
10. « So in Love », Cole Porter (04:28).
11. « Darn That Dream », Jimmy Van Heusen & Eddie DeLange (03:51).
12. « How Long Has This Been Going on? », George & Ira Gershwin (05:38).
13. « I Concentrate on You », Cole Porter (05:16).
14. « My Foolish Heart », Victor Young & Ned Washington (3:58).

3 Elements - Michael Felberbaum

Michael Felberbaum sort 3 Elements  chez Fresh Sound New Talent en janvier 2019. Pour ce sixième opus sous son nom, Felberbaum a composé huit des douze morceaux et reprend « Black Hole Sun » de Chris Cornell, « Mercedes Benz » de Janis Joplin, Michael McClure et Bob Neuwirth, « Segui, segui, dolente core » du compositeur baroque italien Andrea Falconieri et « Shade » du saxophoniste Frédéric Borey.

L’instrumentation du trio ne court pas les rues : une guitare (Felberbaum), un saxophone ténor ou soprano (Borey) et un piano ou un Fender Rhodes (Leonardo Montana)… 

Des thèmes impressionnistes (« The Stage of Things »), aériens (« 3 Elements »), évanescents (« Shade »), parfois bluesy (« Lazy Man Blues ») ou avec des réminiscences bop (« Mobil ») permettent au trio de développer une musique de chambre sophistiquée (« Ava »), tandis que la guitare et les claviers s’assurent de maintenir les rythmes sous tension (« Mode »).

De croisements en unissons, de contrepoints en chorus, entre Borey, Felberbaum et Montana la musique tourne efficacement ! 3 Elements est bien dans son temps...

Le disque

3 Elements
Michael Felberbaum
Michael Felberbaum (g), Frédéric Borey (ts, ss) et Leonardo Montana (p, Fender Rhodes)
Fresh Sound New Talent – FSNT-561
Sortie le 15 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « Italian Waltz » (3:43).
02. « 3 Elements » (7:37).
03. « Black Hole Sun », Cornell (5:01).
04. « Ava » (6:44).
05. « Gilmore » (3:16).
06. « Mercedes Benz », Joplin, McClure & Neuwirth (6:17).
07. « Lazy Man Blues » (5:02).
08. « Segui, Segui Dolente Core », Falconieri (3:06).
09. « Mode » (4:03).
10. « Shade », Borey (4:17).
11. « Mobil » (3:49).
12. « The Stage of Things » (5:19).

Tous les morceaux sont signés Felberbaum sauf indication contraire.

Lost In Translation - Michel Meis Quartet

Lost In Translation est le premier opus du batteur luxembourgeois Michel Meis. Au programme, sept morceaux signés Meis, « King Kong », une composition du contrebassiste du quartet, Stephan Goldbach, et « Heaven », thème du guitariste de Depeche Mode, Martin Lee Gore.

Reiss et son quartet mettent l’accent sur des développements mélodiques harmonieux (« Desire ») et sophistiqués (« Heaven »), portés par une rythmique dynamique (« Lost In Translation ») et touffue (« Reflection »). Si la structure des morceaux reste autour du classique thème – solos – thème (« Morena ») et que l’esprit bop persiste en filigrane (walking et chabada dans « Hope »), le contraste des sonorités – le trombone velouté, le Fender Rhodes cristallin, la contrebasse, sévère à l’archet –, les jeux de contre-chants et autres imbrications des voix ancrent Lost In Translation dans une modernité maîtrisée.

Raffiné et tendu, Lost In Translation est un bel hommage au film éponyme de Sofia Coppola... 

Le disque


Lost In Translation
Michel Meis Quartet
Alisa Klein (tb), Cédric Hanriot (p), Stephan Goldbach (b) et Michel Meis (d)
DoubleMoon Records – DMCHR71354
Sortie le 11 janvier 2019

Liste des morceaux

01. « King Kong »Goldbach (5:32).
02. « Desire » (7:38).
03. « Lost In Translation » (3:51).
04. « Reflection » (7:18).
05. « Hope » (3:58).
06. « In A Dream » (4:53).
07. « Heaven »Gore (5:22).
08. « Morena » (5:46).

Tous les morceaux sont signés Meis sauf indication contraire