15 novembre 2021
Voyageurs - Samuel Blaser & Marc Ducret
01 mai 2015
Spring Rain
20 octobre 2024
Our Way – Helveticus
L’introduction mélodieuse de la contrebasse sur le frémissement des cymbales débouche sur l’exposé solennel d’« IRA », au trombone bouché. Après un développement dans une style musique de chambre moderne, le morceau se conclut sur des roulements martiaux qui accompagnent l’évocation « The Foggy Dew », cher aux révolutionnaires irlandais. « Jackie-Ing » commence en pointillés, avec une contrebasse fluide et sourde sur une batterie luxuriante, avant que Blaser ne réponde aux riffs, ou passages en walking, de Känzig et aux chabadas serrés d’Humair. Un chorus sinueux de la contrebasse laisse place au trombone a capella, pour un solo plein d’humour qui précède un final galopant. Après une entrée majestueuse aux timbales, les barrissements lointains du trombone et le motif cristallin de la contrebasse lancent « Mazurka ». Le trio fait preuve d’élégance : contrebasse boisée, ronde et solennelle, cymbales bouillonnantes, contrepoints chambristes subtils du trombone… « Heiri’s Idea » est un intermède construit autour d’un riff de contrebasse, de crépitements de la batterie et d’arabesques entraînantes du trombone. « Genevamalgame » met en sons une batterie puissante et foisonnante, une contrebasse qui fait gronder son archet et un trombone librement free (et oui ! C’est possible !). Le morceau s’envole ensuite dans un délire de walking et chabada véloces qui fusionnent avec les courbes agiles et pépiements free d’un trombone toujours en verve. « Chara lingua da la mamma », vu par Helveticus, s’apparente d’abord à une ode funèbre, qui se développe en ritournelle, à la foi nonchalante et dansante. Les roulements rapides de la batterie et la pédale de la basse accompagnent le trombone qui sautille d’une note de « Tiger Rag » à l’autre. Le trio déroule le thème avec malice sur une walking énergique et une batterie en roue libre. Comme son titre l’indique, « Warming Up » est un petit tour de chauffe free de Blaser sur les riffs gondants de Känzig et Humair. Place à une rythmique bluesy pour « Bemsha Swing », qui permet au trombone de s’envoler, sans pour autant oublier quelques clins d’œil ironiques à grand renfort de glissando. Le trombone brode un « Root Beer Rag » aérien sur une ligne de contrebasse régulière et des frappes de batterie en suspension. Après un « Hook » exposé à l’unisson, le trilogue part dans tous les sens, porté par une batterie touffue, une contrebasse à l’archet bourdonnant et un trombone qui caquette à qui mieux mieux. Le trombone bouché, les phrases épaisses et le rythme martelé de « Creole Love Call » rappellent le style jungle. Le trio joue le jeu du « vieux jazz », mais parsemé de traits amusants au goût du jour. Tandis que Känzig et Humair prennent leur temps, avec un zeste d’indolence, Blaser développe « Träume der Liebe » comme la bande son d’un western dans des grands espaces...
Our Way prouve que l’Homo Helveticus a bien sa manière à lui de raconter ses histoires : vivacité mélodique, impétuosité rythmique, vigueur sonore, interactions fougueuses et notes d’esprit spirituelles... Comme quoi la « narration abstraite » existe peut-être aussi en musique !
Le disque
Helveticusts
Samuel Blaser (tb), Heiri Känzig (b) et Daniel Humair (dms).
Blaser Music – BM012CD
Sortie le 24 mai 2024
Liste des morceaux
02. « Jackie-Ing », Thelonious Monk (5:13).
03. « Mazurka », traditionnel suisse (5:25).
04. « Heiri’s Idea », Helveticus (2:31).
05. « Genevamalgame », Daniel Humair (8:06).
06. « Chara lingua da la mamma », Robert Cantieni (5:01).
07. « Tiger Rag », traditionnel (3:59).
08. « Warming up », Helveticus (2:33).
09. « Bemsha Swing », Thelonious Monk (2:59).
10. « Root Beer Rag », Samuel Blaser (3:09).
11. « Hook », Samuel Blaser (2:55).
12. « Creole Love Call », Duke Ellington (2:56).
13. « Träume der Liebe », traditionnel suisse (3:02).
04 février 2024
Ici au Comptoir
Depuis La Théorie du pilier, sorti en 1987, de l’eau a coulé dans la ria finistérienne de Marc Ducret. Le 7 mai 2023, chez Ayler Records, le musicien sort Ici, son vingt-deuxième opus, en compagnie d’un trio de choc : Samuel Blaser au trombone, Fabrice Martinez à la trompette, au bugle et au tuba, et Christophe Monniot aux saxophones sopranino, alto et baryton. Le quartet s’est produit sur la scène du Comptoir le 30 janvier 2024.
Ducret explique la genèse du projet. Juste avant les confinements, l’artiste se penchait sur la musique sérielle avec le Quatuor Béla pour une adaptation électrique de la Suite lyrique, qu’Alban Berg a composé entre 1925 et 1926. Mais en 2020, le covid sème un vent de panique dans le milieu de la création artistique (pas que…) : comment faire pour continuer à travailler ? « Puisqu’il est pour l’instant impossible d’aller jouer LÀ-BAS, faisons de la musique ICI ! » Ici, c’est en Bretagne, au bord d’un aber. Ducret y compose une suite en quatre mouvements tirés d’une même série, marquée par les saisons, la marée, le temps qui passe, le temps qui change… Pour l’interpréter, il fait appel à des compagnons de longue date : Monniot, avec qui il a enregistré en duo Le dernier tango (2022), et qu’il connaît depuis plus de vingt ans (Qui parle ? – 2003), puis Blaser et Martinez, actifs depuis une dizaine d’années dans ses projets, notamment Métatonal (2014) aux côtés de Bruno Chevillon et Eric Echampard, mais aussi Voyageurs (2021), un duo avec Blaser.
| Christophe Monniot - Fabrice Martinez - Samuel Blaser - Marc Ducret © PLM |
A l’image de chaque saison, « L’été, ici » n’est pas uniforme et les tableaux se succèdent, de notes égrenées en chœur aux lamentations du saxophone alto, sur un bourdon de guitare, en passant par des passages expressionnistes, des contrepoints touffus et sophistiqués, des dialogues pointillistes, un brouhaha organisé et des chorus pittoresques, avec la guitare et le trombone qui maintiennent un cadre rythmique clair… « L’été, ici » breton n’a rien d’un anticyclone statique ! « L’automne, ici » qui lui succède est abrupt et bondissant, porté par une fanfare sérielle entraînante. Sur une structure complexe d’enchevêtrements d’ostinato, suites d’accords et autres motifs groovy, le trombone et la trompette prennent des solos aussi éclatants que tendus. L’ambiance du choral solennel, quasiment baroque, qui clôt « L’automne, ici » donnerait presque raison à
| Marc Ducret - Le Comptoir - Janvier 2024 © PLM |
Architecture millimétrée, sens de la narration spectaculaire et verve jubilatoire : Ici raconte le ciel, la mer, la nature, la terre… avec une justesse émouvante. Ducret, Blaser, Martinez et Monniot sont des conteurs nés !
| Christophe Monniot - Fabrice Martinez - Samuel Blaser - Marc Ducret © PLM |
Le disque
Ici
Marc Ducret
Christophe Monniot (ss, bs, as), Fabrice Martinez (tp, bg, tu), Samuel Blaser (tb) et Marc Ducret (g).
Ayler Records – aylCD-178
Sortie le 7 mai 2023
Liste des morceaux
01. « L'été, ici » (11:58).
02. « L'automne, ici » (08:02).
03. « L'hiver, ici » (09:10).
04. « Le printemps, ici » (10:28).
Tous les morceaux sont signés Ducret.
15 décembre 2024
Prismes à l’eau au Triton
Après une introduction plaintive, « Jim Dine » est exposé à l’unisson sur une rythmique luxuriante, entrecoupé d’un intermède bluesy. Le trombone bouché, particulièrement expressif, dialogue avec la batterie et la contrebasse, tandis que le saxophone ténor alterne phrases bop et traits free. Construit sur une structure thème – solos – thèmes classique, « Jim Dine » est riche en événements... Lê Quang lance « More Tuna » a capela, avant de développer le thème avec vivacité, en compagnie de Blaser. Les échanges, intenses, s’appuient d’abord sur une batterie puissante et une contrebasse lancinante. Une walking et un chabada véloces ouvrent ensuite la voie au saxophone ténor pour prendre un solo dans l’esprit de Sonny Rollins, et au trombone pour broder dans une veine hard-bop. Composé par Kühn, « Salinas » évoque la musique de chambre : un thème énigmatique et entraînant, des questions-réponses élégantes, une rythmique expressive qui débouche sur une walking et un chabada ponctué de rim shot, et des chorus mélodieux, notamment celui de Kerecki, ample et musical. Comme l’explique Humair en s’amusant, « Give Me Eleven », coécrit avec Kühn, « est à onze temps… c’est à dire douze temps moins les taxes ! ». Le morceau balance du début à la fin. Après le thème, une complainte criarde, les tableaux s’enchaînent, d’abord des contrepoints de Lê Quang et Blaser, suivis d’envolées démonstratives et débridées du trombone sur des changements de tempo. Le chorus a capela du ténor, entre bop et free contrôlé, bientôt enveloppé par une rythmique dense, précède une conclusion bluesy. Humair annonce « Mutinerie » avec des roulements vigoureux et une charleston régulière. Le saxophone soprano, le trombone et la contrebasse embrayent à l’unisson. La mélodie, « ethnique », donne lieu à des variations intenses et compactes, avant que le décor ne change. Kerecki prend un solo monumental, accompagné par les balais subtils d’Humair. Joueur, Blaser les rejoint avec sa sourdine wah-wah. S’engage alors une course-poursuite entre walking et chabada virtuoses et trombone, qui alterne nonchalance et vivacité. Les volutes du soprano, accompagnées des roulements de la batterie et d’un ostinato de la contrebasse, replantent un décor ethnique.
Le trio plus un propose un jazz franco-suisse énergique, piquant, malicieux, volubile... et savoureux comme un banquet de fondue et de poule au pot !
Le disque
Prismes à l’eau
Daniel Humair
Vincent Lê Quang (ts, ss), Stéphane Kerecki (b) et Daniel Humair (d), avec Samuel Blaser (tb).
Le Triton – TRI-24579
Sortie le 8 novembre 2024
01. « New (amuse-bouche) », Stéphane Kerecki (00:48).
02. « For Flying Out Proud », Franco Ambrosetti (03:07).
03. « Lyria Inn », Daniel Humair & Vincent Lê Quang (04:03).
04. « Free 1 », (01:46).
05. « Give Me Eleven », Danie l Humair (05:16).
06. « Abstract Bass Bone » Daniel Humair et Vincent Lê Quang (03:29).
07. « Cavatine », Stanley Myers, (04:08).
08. « Free 2 « Dark Choc" », Daniel Blaser, et Vincent Lê Quang (06:13
09. « Salinas », Joachim Khühn (03:23).
10. « Missing a Page », Joachim Khu (04:55).
11. « Drama Drome », Daniel Humair (04.26).
12. « Saint-Cyn-CYR », Stéphane Kerecji (03:18).
13. « Triple Hip Trip », Daniel Humair (04:14).
14. « New (Pousse-Café) », Stéphane Kerecki (00:52).
30 mars 2024
Soirée Daniel Humair au Triton
Le 16 mars 2024, Le Triton célèbre Daniel Humair, peintre et musicien, avec un vernissage à dix-huit heures trente et un concert à vingt heures trente. Le temps de profiter d’un délicieux dîner proposé par le chef Alain Chenard…
Côté peinture, une quinzaine de tableaux est disséminée sur les murs du restaurant. De format moyen, rectangulaires ou carrés, la plupart des tableaux sont peints sur papier marouflé collé sur toile. Le style d’Humair est reconnaissable entre tous. Des fonds souvent monochromes, mais jamais en aplat, plutôt rugueux, piqués, striés, tâchés… dans des couleurs plutôt vives, avec des bleus, des verts, des oranges… Et sur ces arrière-plans, des formes irrégulières se superposent, se jouxtent ou se croisent. Elles aussi sont colorées, avec ce même aspect brut que le fond. Leurs contours, clairement tracés, comme pour des vitraux, les mettent encore davantage en relief. Ces œuvres dégagent une impression de puissance, tant la matière est omniprésente.
Côté musique, le trio est dans la lignée de Modern Art (2017) et de Drum Thing (2020), avec Vincent Lê Quang aux saxophones ténor et soprano, et Christophe Hache à la contrebasse, qui remplace au pied levé Stéphane Kerecki. Sur Drum Thing le trio avait invité le trompettiste Yoann Loustalot. Pour le concert, c’est le tromboniste Samuel Blaser, compatriote d’Humair et membre de l’Heleveticus Trio (avec Heiri Känzig) qui se joint aux trois musiciens.
La soirée commence sur les chapeaux de roue avec « Jim Dine », une composition d’Humair dédiée à l’artiste américain et repris de Modern Art. Le déroulé du morceau reflète tout à fait l’esprit de la musique du plus Français des batteurs Suisse. Sur une batterie mate, sèche, furibonde, et une contrebasse carrée, saxophone et trombone mêlent leurs voix, entre lignes en pointillés, phrases étirées, questions-réponses sportives et contre-chants mordants. La rythmique, elle, alterne dialogues avec les soufflants et walking – chabada. Le tout, dans une ambiance dynamique à souhait !
« Genevamalgame » est un autre morceau d’Humair, d’abord joué en 2004 au festival Jazz à la Vilette, avec George Garzone et Tony Malaby aux saxophones ténors, Manu Codjia à la guitare et Anthony Cox à la contrebasse. Le morceau figure également au programme d’Our Way, de l’Helveticus Trio, dont la sortie est prévue en mai 2024. Après un démarrage majestueux – cymbales solennelles, pédale de basse, et bourdon ou riff du ténor et du trombone – la rythmique, qui ne tient pas longtemps en place, part au galop dans une walking et un chabada effrénés. Blaser et Lê Quang brodent au-dessus de cette atmosphère luxuriante, tantôt calmement, tantôt nerveusement, en solo ou à deux, mais toujours avec une tension sous-jacente. Le quartet termine sur un « quadrilogue » aux accents Africains, avant de conclure en mode fanfare néo-orléanaise free…
| Samuel Blaser - Christophe Hache - Vincent Lê Quang - Daniel Humair (c) PLM |
Humair
dédie le concert à Sylvain Luc, décédé beaucoup trop tôt,
le 13 mars
2024. Le quartet interprète « Deborah etc. »,
librement inspiré du thème qu’Ennio
Morricone a écrit pour Il était une fois l’Amérique.
L’air, légèrement accroche-cœur,
est exposé en contrepoints par le trombone et le ténor, lentement,
comme une ode, sur une batterie cérémonieuse et une contrebasse
grave. Le développement se base sur un dialogue tout en douceur
entre Blaser et Lê Quang, porté par une rythmique légère et
entraînante.
« More Tuna » de Joachim Kühn rappelle de bons vieux souvenirs, et le splendide disque Triple Entente, enregistré en 1998 avec le regretté Jean-François Jenny-Clark. Le chorus d’ouverture d’Humair sur les tambours est solaire ! Après une introduction en forme de contre-chants, le saxophone et le trombone exposent à l’unisson un thème-riff gaillard, dans une veine quasiment hard-bop. Soutenus par le foisonnement puissant d’Humair et la walking solide d’Hache, Blaser et Lê Quang prennent la poudre d’escampette pour rejoindre des contrées free, laissant juste la place pour une intervention mélodieuse de la contrebasse.
| Daniel Humair - Le Triton - 16 mars 2024 (c) PLM |
« Morceau tragique », comme le présente Humair, « Drama Drome » apparaît en 2003 sur Baby Boom, avec Matthieu Donarier, Christophe Monniot, Codjia et Sébastien Boisseau. Très cinégénique, propulsé par les balais et les motifs minimalistes de la contrebasse, qui prennent parfois des teintes bluesy, le saxophone et le trombone interagissent en toute intelligence, avec des constructions souvent proches de la musique contemporaine.
Autre réminiscence du passé, « Mutinerie » a été écrit en 1998 par Michel Portal (Dockings – Markus Stockhausen, Steve Swallow, Bruno Chevillon, Bojan Z et Joey Baron) et repris par Humair, en 2001 dans Liberté Surveillée (Ellery Eskelin, Marc Ducret et Chevillon), en 2017 dans Seasoning (Lê Quang, Emil Spanyi et Kerecki) et en 2020 dans Drum Thing. Entre la rythmique abrupte, véloce et musclée, l’unisson sur le thème-riff aux accents folk, les accélérations brutales, les variations de volume et les envolées free du trombone et du saxophone soprano, « Mutinerie » est un morceau particulièrement dense !
| Vincent Lê Quang - Le Triton - 16 mars 2024 (c) PLM |
En guise d’introduction de « High Society », marche écrite par Porter Steele en 1901, Humair, qui est d’humeur loquace, raconte sa découverte du jazz : « quand j’étais petit… A Genève… Ma Maman… Elle écoutait les Compagnons de la chanson avec Edith Piaf, « Les trois cloches » ... Une cloche sooonnneu, sooonnnneu… bon et cetera. Ensuite on s’est farci un disque épouvantable qui s’appelle « Y dit le cochon » dont je vous passerai les paroles un jour, et le troisième morceau, c’est un morceau de Charles Aznavour, et ça s’appelle « Le feutre taupé ». Donc ce n’est pas vraiment une éducation de jazz. Par contre, à douze ans, un petit camarade est arrivé avec un disque de jazz. Vous vous rendez compte, un septante huit tours, comme on dit en Suisse, de jazz et c’était « Royal Garden Blues » par Mezz Mezzrow, Bill Coleman, je crois, le trombone je ne suis pas sûr, le batteur était Zutty Singleton (1), que vous ne connaissez pas, mais qui était un très grand batteur et qui a fait partie de l’histoire du jazz. Donc à partir de ce moment là j’ai eu le virus et l’un des morceaux les plus connus de cette époque c’était « High Society », avec un solo réputé de clarinette d’Alfonse Picou. et c’était magique, tout le monde essayait de jouer le chorus d’Alfonse Picou. Et mes petits camarades et moi-même avons décidé d’assassiner pour une dernière fois « High Society ». Alors voici, des années où vos parents n’étaient pas nés, voici « High Society » »… Le quartet débute en mode fanfare tonitruante dans le style New Orleans. Que ce soit sur une walking et des chabadas ultra-rapides ou les quatre temps marqués vigoureusement, le trombone et le soprano passent de traits virtuoses joués à l’unisson à des contre-chants agiles, des courtes phrases fuguées, des échanges bluesy, des stop-chorus dixieland… Un jazz authentiquement libre !
| Samuel Blaser - Le Triton - 16 mars 2024 (c) PLM |
Comme le souligne Humair : « Une particularité dans ce groupe, c’est qu’il n’y a pas de liste ». Et les quatre musiciens de s’amuser en choisissant le morceau qu’ils vont jouer… Le choix se porte finalement sur « Drum Thing 2 » , repris du disque éponyme. Sur une rythmique toujours athlétique et touffue, le ténor et le trombone déploient avec inspiration un thème entre hard-bop et free, coloré d’un zeste de blues. Avant l’épilogue free, le solo massif d’Humair met en relief le poids des peaux et le choc des cymbales !
Retour dans le passé avec « For Flying Out Proud », signé du trompettiste Suisse Franco Ambrosetti. Ce morceau « que nous avions enregistré au XXe siècle avec Woody Shaw, Jon Faddis... Qui il y avait d’autre ?... Kenny Wheeler. Ça s’appelait Trumpetmachine ». Ce super groupe, dirigé par le pianiste George Gruntz, comptait également dans ses rangs les trompettistes Palle Mikkelborg et Mike Zwerin, et le contrebassiste Isla Eckinger. Le disque éponyme est sorti en 1978. Humair ne manque pas également de rappeler au public : « n’oubliez pas d’avoir une pensée pour notre ami qui est parti voir le blues ailleurs »… La mise en route de « For Flying Out Proud » évoque à nouveau un hard-bop trapu, rapide, virtuose… La rythmique exubérante met sous pression le ténor, qui rivalise d’ingéniosité et de célérité, et le trombone, qui attise les flammes et répond astucieusement à la contrebasse. La progression collective du quartet fait la part belle aux ruptures rythmiques, fluctuations sonores et autres jeux sur les timbres.
| Christophe Hache - Le Triton - 16 mars 2024 (c) PLM |
Suit « un morceau que je joue pour la première fois… que nous avons composé dans le TGV… Première classe parce qu’on n’est pas des rigolos… Et mon camarade Vincent Lê Quang est le nouveau chanteur… C’est une ballade… qui va vous apaiser l’esprit pour rentrer chez vous et regarder la télévision, pour voir des jeunes chanteurs et chanteuses vous chanter des belles choses, où la mélodie c’est [et de taper comme un sourd sur sa batterie]… Un batteur qui jouait très très bien, qui s’appelait André Arpino, avait dit que dans la musique d’aujourd’hui la mélodie était jouée par la grosse caisse… Nous allons vous jouer une vraie mélodie, comme dans le temps… Le temps de la blanquette de veau à l’ancienne… Ça s’appelle ?... » Et Blaser de répondre : « Les grilladines » (pas sûr de la phonétique). Un unisson majestueux, sur une contrebasse économe et des cymbales frémissantes, débouche sur une conversation paisible entre le saxophone et le trombone, soutenue par une polyrythmie entraînante. La montée en tension se fait progressivement, avivée par les envolées free du ténor.
| Vincent Lê Quang - Samuel Blaser - Daniel Humair - Christophe Hache (c) PLM |
Le concert s’achève sur une coda menée tambour battant par Humair, pendant que Blaser, Lê Quang et Hache exposent en boucle à l’unisson le « Jackie-Ing » de Thelonious Monk (au programme d’Our Way).
Une exposition de peintures captivante et un concert intense… Que vouloir de plus ? En tous cas, il se passe toujours quelque chose d’inouï dans l’univers d’Humair.
(1) Il s’agit peut-être de l’une de ces deux versions de « Royal Garden blues ».
* Mezzrow-Ladnier Quintet – « Royal Garden Blues » / « If You See Me Comin' » (Swing - 1938) : Mezz Mezzrow (cl), Tommy Ladnier (tp), Teddy Bunn (g), Geo. Pops Foster (b) et Manzie Johnson (d).
* Bill Coleman And His Swing Stars – Jazz A Pleyel N°1 (Swing – 1952) : Bill Coleman (tp, voc), Dickie Wells (tb), Guy Lafitte (cl, ts), Randy Downes (p), Alvin Banks (b) et Zutty Singleton (d).
22 novembre 2014
Mars 2011
Canto Negro – Henri Texier Nord-Sud Quintet
01. « Anda companeros » (01:05).
02. « Tango fangoso » (05:29).
03. « Bayou brume », Bearzatti (01:29).
04. « Tierra ocre », Marguet (01:25).
05. « Louisiana Dark Waters » (04:45).
06. « Tormentoso », Codjia (01:51).
07. « Mucho calor » (6:27).
08. « Sombre jeudi » (04:26).
09. « Rouge bayou », Sébastien Texier (01:06).
10. « De nada » (05:18).
11. « Samba loca » (06:31).
12. « Nigerian Sad Waters » (04:09).
13. « Ravine gabouldin » (05:08).
14. « Manatee Blues » (03:07).
15. « Sueno canto », & Sébastien Texier (05:16).
Piscine Molitor
4 New Dreams!
Depuis quelques années, Bruno Tocanne joue avec les rêves : l’aventure commence en 2007 avec new dreams nOw!, un trio avec Rémi Gaudillat et Lionel Martin ; en 2009, Quinsin Nachoff et Fred Roudet rejoignent le trio pour 5 New Dreams ; et, fin 2010, le batteur repart en quartet pour 4 New Dreams. Gaudillat est toujours à la trompette, mais c’est Samuel Blaser qui tient le trombone et, nouveauté dans la formation, Tocanne a fait appel un contrebassiste : Michael Bates .Rémi Gaudillat (tp), Samuel Blaser (tb), Michael Bates (b) et Bruno Tocanne (d).
2010
Instant Musics Records – IMR002
02. « In A Suggestive Way », Tocanne & Blaser (3:32).
03. « Van Gogh », Bates (5:12).
04. « Waiting For », Tocanne, Bates, Blaser & Gaudillat (5:12).
05. « Shape », Gaudillat (3:48).
06. « Alicante », Gaudillat (3:45).
07. « Interlude 1 », Bates, Blaser & Tocanne (1:40).
08. « Voodoo », Bates (7:03).
09. « Interlude 2 », Bates & Blaser (1:11).
10. « Le singulier au pluriel », Tocanne & Gaudillat (3:07).
11. « Pas si simple », Gaudillat (4:49).
12. « Le présent du vindicatif », Tocanne, Bates, Blaser & Gaudillat (2:14).












