6 janvier 2018

Human Feel à l’Espace Sorano…

Le 2 décembre, l’Espace Sorano poursuit sa saison jazz commencée en octobre avec un groupe phare de la scène newyorkaise : Human Feel.

Tous les trois originaires de Seattle et étudiants au Berklee College of Music de Boston, Chris Speed (saxophone ténor et clarinette), Andrew D’Angelo (saxophone alto et clarinette basse) et Jim Black (batterie) forment Human Feel, en 1987. Le guitariste Kurt  Rosenwinkel les rejoint en 1990.

Les enregistrements du quartet sont rares : depuis 1989 et son premier album éponyme, le quartet n’a sorti que cinq disques : Scatter (1991), Welcome To Malpesta (1994), Speak To It (1996), Galore (2007) et Party Favor (2016).


Le quartet joue dix morceaux, bis compris. Les titres ne sont pas annoncés, mais Human Feel reprend « Alar Vom », « Eon Hit » et « Half Bassed » (incertain) de Party Favor, « Sich Reped » de Welcome to Malpesta, « United/Music » de Scatter, « Improve » de Galore, plus quatre T.N.I. (thèmes non identifiés)…

Les mélodies jaillissent, tantôt touchantes et dissonantes à la Coleman (Ornette), tantôt écorchées à l‘Ayler (Albert). Le quartet malaxe les harmonies jazz, rock et musique contemporaine dans un creuset « noisy ». Côté rythmes, une énergie mate et brutale, foisonnante ou martelée, soutient une musique souvent violente. La mise en scène sonore s’appuie sur une batterie sèche et puissante, une guitare volontiers aérienne et des saxophones qui alternent unissons et contrechants acérés.


Plutôt orienté rock jazz brutal, Black frappe, cogne et en met partout, avec une vigueur qui ne se dément jamais. Ce qui ne l’empêche pas de démontrer qu’il est parfaitement à l’aise dans des environnements plus subtils. Entre ses nappes de sons lointaines, ses rifs qui renforcent la pulsation de la batterie et ses lignes intenses, Rosenwinkel est au four et au moulin. Quant à D’Angelo et Speed, ils ne font qu’un : des unissons en bloc, des contrepoints  impeccables, des cris concordants, des développements en parfaite harmonie…

Human Feel puise ses sources dans un rock underground noisy, mais utilise le prisme du jazz pour construire sa musique : une sorte de free jazz rock contemporain… Pas question d’aimer ou pas, il faut les écouter !