22 novembre 2014

Mai 2012

Les nouveautés 2012 de Bee Jazz

Maison de disque fondée en 1997 pour représenter des éditeurs indépendants, Abeille Musique est l’une des pionnières de la distribution sur la toile puisque son site internet démarre le commerce en ligne dès octobre 2000. Fort de son succès dans la musique classique, Abeille Musique crée le label Bee Jazz en 2003.
La ligne éditoriale de Bee Jazz se caractérise par une musique bien dans son temps, autour de musiciens créatifs (François Jeanneau,Daniel Humair…) ouverts sur leur époque (Christophe Wallemme,Jean-Marie Machado…) et modernes (Manu CodjiaAntonin-Tri Hoang…). De The Raimbow Of Life de Boulou et Elios Ferré, premier disque du label sorti en novembre 2003, à Alternate Steps de Magic Malik qui paraît le 28 juin, Bee Jazz a publié quarante sept titres de haute volée.
Depuis le début de l’année 2012 Bee Jazz a sorti quatre albums :Silences de Guillaume de Chassy, un des piliers du label ; Da Vincipremier album du duo Nico Gori et Fred Hersch pour Bee Jazz ;Plugged In de Jérôme Sabbagh, autre figure-clé d’Abeille Musique ; etContemplation de Gabriel Zufferey, qui avait signé le deuxième album du catalogue (Après l’orage avec Sébastien Boisseau et Daniel Humair, en mars 2004).

Silences
Guillaume de Chassy
De Chassy est connu pour apprécier la musique classique et plus particulièrement la période romantique, avec un faible affiché pour Franz Schubert. Dans Silences, le pianiste va et vient entre son univers et celui de compositeurs qu’il affectionne : Dimitri ChostakovitchFrancis PoulencSergueï Prokofiev et, bien sûr, Schubert.
Enfant, de Chassy est bercé par Louis Armstrong – son père est clarinettiste dans des groupes de jazz New-Orleans – et les romantiques (Ludwig van Beethoven, Schubert…). Après avoir débuté le piano au conservatoire, il poursuit son apprentissage avec des cours particuliers et, en parallèle, devient ingénieur en chimie. En 1994, de Chassy décide de se consacrer à la musique et sort Ithal, son premier disque, avec Ravi Prasad (voix) et Philippe Renault (trombone). Il compose ensuite Cantate Jazz2 qui est enregistrée avec Les Eléments, chorale dirigée par Joël Suhubiette. De Chassy a également passé le certificat d’aptitude de jazz et coordonne désormais le département jazz du Conservatoire à Rayonnement Régional de Tour (Conservatoire Francis Poulenc…). Quant à sa collaboration avec Bee Jazz, elle commence en 2004 avec la célèbre trilogie Chansons sous les bombesWonderful World et Songs From The Last Century en compagnie de Daniel Yvinec. Et depuis Piano Solo, en 2007,  de Chassy a enregistré trois disques sous son nom pour Bee Jazz.
Le répertoire de Silences s’articule autour d’improvisations à partir des « Chemins de l’amour » de Poulenc, des préludes numéro un et quatre de l’opus quatre-vingt sept de Chostakovitch, du concerto numéro deux opus seize de Prokofiev et da la sonate opus soixante dix-huit de Schubert. A ces six morceaux s’ajoutent « Majeur » de Pierre Dayraud(batteur-complice de longue date), « Adieu chérie » du film éponyme (musique du compositeur éclectique Wal-Berg) et quatre thèmes composés par le trio.
Le trio est garant du caractère intimiste de la musique et l’absence de batterie permet de flirter encore davantage avec le classique. Par ailleurs de Chassy a réuni deux compères qui s’inscrivent parfaitement l’esprit de Silences : Arnault Cuisinier à la contrebasse (CNSMDP en classique et jazz) et Thomas Savy aux clarinettes (premier prix de clarinette classique au CNR de Paris et diplômé du CNSMDP en jazz).
En moins de quarante minutes, de Chassy et ses compagnons cisèlent avec concision et minutie des petites pièces mélodieuses. Sonorités limpides (clarinettes de Savy ou archet de Cuisinier), lignes sinueuses (« Du côté de chez Prokofiev »), approche rythmique carrée, contrechants délicats (« Du côté de chez Chostakovitch - Part I »), trios de chambre (« Birth Of A Trio »), ostinatos majestueux (« Du côté de chez Poulenc - Part I »), constructions sophistiquées (« Silences - Part III »)… Silences s’aventure résolument sur les terres d’une musique classique à la fois intimiste et exaltée.
Dans Silences, de Chassy croque une madeleine qui l’emmène du côté de ses compositeurs fétiches – Schubert, Poulenc, Prokofiev, Chostakovitch – à la recherche d’un romantisme moderne à retrouver.
Le disque
Silences
Guillaume de Chassy
Guillaume de Chassy (piano), Thomas Savy (clarinettes) et Arnault Cuisinier (contrebasse).
BEE050
Paru le 23 février 2012
Liste des morceaux
01. « Du côté de chez Poulenc - Part I », à partir des « Chemins de l’amour », Poulenc (1:57).
02. « Du côté de chez Chostakovitch - Part I », à partir du Prélude pour piano n° 1 op. 87, Chostakovitch (1:57).
03. « Birth Of A Trio », de Chassy (2:46).
04. « Du côté de chez Poulenc - Part II », à partir des « Chemins de l’amour », Poulenc (3:47).
05. « Majeur », Dayraud (2:08).
06. « Du côté de chez Prokofiev », à partir du Concerto pour piano n° 2 op. 16, Prokofiev (6:28).
07. « Silences - Part I », de Chassy, Cuisinier et Savy (1:50).
08. « Silences - Part II », de Chassy, Cuisinier et Savy (2:40).
09. « Du côté de chez Schubert », à partir de la Sonate pour piano op. 78, Schubert (4:26).
10. « Adieu Chérie », Wal-Berg (3:24).
11. « Du côté de chez Chostakovitch - Part II », à partir du Prélude pour piano n° 4 op. 87, Chostakovitch (2:56).
12. « Silences - Part III », de Chassy, Cuisinier et Savy (3:04).

Da Vinci
Nico Gori et Fred Hersch
Nouveaux venus chez Bee Jazz, Nico Gori et Fred Hersch proposent un duo clarinette – piano qui marie l’élégance de la musique classique et l’esprit du jazz.
En 1993 Gori sort avec un diplôme de clarinette du Conservatoire Luigi Cherubini, à Florence. Il apprend le métier du jazz dans les clubs, les festivals, la télévision… et suit des cours avec Dave LiebmanTony Scott… Son double cursus lui permet de jouer aussi bien dans des ensembles classiques que des combos de jazz – Stefano BollaniEnrivo RavaTom Harrell... En 2003, Gori enregistre son premier disque en leader : Groovin’ High(Philology). Après une tournée à la tête de son « quartet français », il rejoint le Vienna Art Orchestra en 2006. Gori commence à jouer en duo avec Hersch dès 2009.
Déjà doté d’un solide bagage musical, Hersch s’installe à New York en 1977. Il accompagne de nombreuses stars du jazz : Art FarmerJoe HendersonStan GetzToots Thielemans…  Dans les années quatre-vingt Hersch enseigne au New England Conservatory et à la New School. Les années quatre-vingt dix et deux mille sont marquées par une série impressionnante d’enregistrements : plus d’une trentaine dont Dancing In The Dark (avec Drew Gress et Tom Rainey, en 1992),The Duo Album (avec, entre autres, Jim HallTom HarrellKenny Barron… 1997), Leaves of Grass (2005), Alone At The Vanguard (2011) etc.
Hersch reprend trois morceaux qu’il a déjà enregistrés : « Down Home » (Fred Hersch Trio + 2 en 2004 et Live At Standard en 2009), « Mandevilla » (Whirl en 2010) et  « At The Close Of the Day » (Live At Village Vanguard en 2003). Il y a également trois inédits, dont le morceau éponyme, « Da Vinci ». Gori signe « 2 – 5 ». Le duo interprète également « Old Devil Moon » de Burton Lane (tiré de la comédie Finnian’s Rainbow  - 1946), « Doce de Coco » du mandoliniste et compositeur de choro brésilien Jacob do Bandolim, et le saucisson deVincent Youmans, « Tea For Two » (1924).
La musique du duo, élégante et mélodieuse, s’appuie sur des rythmes souvent enjoués et dansants. D’un contrepoint rythmique (« Old Devil Moon ») à un contrechant baroque (« 2 – 5 »), Gori et Hersch restent attachés à la tradition du jazz : blues (« Down Home »), swing (« Tea For Two»), be-bop (« Lee’s Dream »), bossa nova (« Doce de Coco ») etc. A la sonorité brillante et aux montées dans les aigus de Gori répond un pianiste foisonnant : chorus à la Erik Satie sur pompes, phrasé rubato sur walking, contrepoints dissonants… Hersch peut compter sur l’indépendance impressionnante de ses mains !
Da Vinci marie la grâce italienne et l’énergie américaine, le raffinement du classique et la vitalité du jazz… Aucune raison de bouder son plaisir.
Le disque
Da Vinci
Nico Gori & Fred Hersch
Nico Gori (clarinette) et Fred Hersch (piano).
BEE051
Paru le 29/03/2012
Liste des morceaux
01. « Old Devil Moon », Burton Lane (7:12).
02. « Da Vinci », Hersch (5:29).
03. « Mandevilla », Hersch (6:10).
04. « Down Home », Hersch (6:25).
05. « 2-5 », Gori (7:37).
06. « Lee's Dream », Hersch (6:30).
07. « Hot House Flower », Hersch (4:24).
08. « Doce de Coco », Jacob do Bandolim (8:11).
09. « At The Close Of The Day », Hersch (6:00).
10. « Tea For Two », Vincent Youmans (7:03).

Plugged In
Jérôme Sabbagh
Jérôme Sabbagh fait partie de ces musiciens français expatriés aux Etats-Unis dont les cartes postales musicales sont toujours les bienvenues…
Après des études avecPhilippe ChagneÉric Barret et Jean-Louis Chautemps,  Sabbagh continue son apprentissage au Berklee College of Music de Boston et en 2005, il s’installe à New York.  En 2004, Sabbagh enregistre son premier disque en leader pour Fresh Sound New Talent : North, avec son quartet (Ben Monder à la guitare, Joe Martin à la contrebasse et Ted Poor à la batterie). A partir de 2007 Sabbagh rejoint le label Bee Jazz qui sortPogo, avec le même quartet,  One Two Three en 2008 (Ben Street à la contrebasse et Rodney Green à la batterie), I Will Follow You en 2010 (Monder et Daniel Humair à la batterie) et Plugged In en 2012.
Dans Plugged In Sabbagh remplace la contrebasse par la basse électrique de Patrice Blanchard et la guitare électrique par les claviers de Jozef Dumoulin. Quant à la batterie de Rudy Royston et le saxophone de Sabbagh, ils restent acoustiques ! Le « branchement » n’est donc que partiel… Sabbagh et Dumoulin se partagent les compositions : huit pour le premier et six pour le deuxième.
Dès « Drive » le ton est donné : un fonds dense sur lequel le saxophone trace une ligne claire. L’atmosphère est tour à tour funky (« Aisha »), ballade (« Minor »), afro-beat (« Jeli »), slow rock (« Slow Rock Ballad »), bop (« UR »), rock (« City Dawn »)… avec un point commun : il faut que ça balance ! Royston privilégie l’efficacité, Blanchard aligne les motifs groovy et autres slap, Dumoulin et son fender installent des ambiances touffues et Sabbagh feint la décontraction, un peu à la Stan Getz. Le résultat est là : Plugged In est un disque cohérent et branché.
Depuis North, Sabbagh maintient son cap vers une musique qui chante et danse sans complexe. Plugged In reste dans cette voie avec un zest d’électricité en plus…
Le disque
Plugged In
Jérôme Sabbagh
Jérôme Sabbagh (saxophone), Jozef Dumoulin (claviers), Patrice Blanchard (basse électrique) et Rudy Royston (batterie).
BEE049
Paru le 12/04/2012
Liste des morceaux
01. « Drive », Sabbagh (5:20).
02. « Special K », Sabbagh (3:55).
03. « Aisha », Dumoulin (7:08).
04. « Jeli », Sabbagh (5:17).
05. « Ronny », Dumoulin (2:14).
06. « Walk 6 », Dumoulin (3:02).
07. « UR », Dumoulin (5:43).
08. « Minor », Sabbagh (5:27).
09. « Rider », Sabbagh (4:48).
10. « Boulevard Carnot », Sabbagh (2:14).
11. « City Dawn », Sabbagh (5:34).
12. « Walk 3 Bis », Dumoulin (4:56).
13. « Kasbah », Sabbagh (3:44).
14. « Slow Rock Ballad », Dumoulin (5:18).

Contemplation
Gabriel Zufferey
Au fil des ans Gabriel Zufferey continue de s’affirmer comme un pianiste aux idées originales, entre musique contemporaine et improvisation libre.Contemplation est l’occasion de l’écouter en solo.
Musicien précoce, Zufferey reçoit le prix du meilleur espoir au Concours international de piano jazz Martial Solal à… quatorze ans. Quelques années plus tard, il enregistre son premier disque en leader avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Humair à la batterie : Après l’orage sort chez Bee Jazz en 2003.  Hear & Know avec Samuel Blaser (trombone),Patrice Moret (contrebasse) et Ramon Lopez (percussions) est paru en 2010, toujours chez Bee Jazz. Après un séjour à New York, Zufferey enregistre son premier disque en solo : Contemplation.
Avec vingt morceaux concis dont cinq composés par Zufferey, le répertoire de Contemplation est comme un hommage aux musiciens qui ont inspiré le pianiste : McCoy Tyner (« Contemplation »), Erik Satie (Gnossienne n°3 »), Miles Davis (« Nardis »), Dave Brubeck etPaul Desmond (« Take Five »), Chick Corea (« Armando’s Rhumba »),Eddie Harris (« Freedom Jazz Dance »), Kenny Kirkland (« Dienda »),Thelonious Monk (« Trinckle Tinckle »), John Coltrane (« Giant Steps » et « Lonnie’s Lament ») et Ornette Coleman (« Lonely Woman »). Zufferey joue également quatre standards : « My Funny Valentine », « Tenderly », « The Old Country » et « In A Sentimental Mood ».
Fidèle à son approche, Zufferey décompose les thèmes et les restructure à sa manière. Le pianiste juxtapose des petites phrases heurtées et minimalistes comme les pièces d’un puzzle. Souvent proches de la musique contemporaine, les développements du pianiste alternent délicatesse mélodique et effets rythmiques au clavier, dans les cordes ou sur la table. Avec son toucher puissant, les virevoltes brutales, sa conception ludique des morceaux, les tours de passe – passe entre les mains, les conclusions abruptes… le jeu de Zufferey n’est pas sans rappeler celui de Martial Solal.
Contemplation n’est pas un disque contemplatif pour autant ! Souvent sophistiquée, la musique de Zufferey n’en est pas moins nerveuse et pleine de rebondissements.
Le disque
Contemplation
Gabriel Zufferey
Gabriel Zufferey (piano)
BEE052
Paru le 17/05/2012
Liste des morceau
01. « Contemplation », McCoy Tyner (3:13).
02. « Gnossienne n°3 », Erik Satie – « Nardis », Miles Davis (5:22).
03. « Tension », Zufferey (1:09).
04. « Take Five », Paul Desmond (4:20).
05. « Crépuscule », Zufferey (1:49).
06. « My Funny Valentine », Richard Rodgers (2:47).
07. « Armando's Rhumba », Chick Corea (1:35).
08. « Tenderly », Walter Gross (4:59).
09. « Underside », Zufferey (1:39).
10. « The Old Country », Nat Adderley et Curtis Lewis (2:28).
11. « In A Sentimantal Mood », Duke Ellington (3:56).
12. « Freedom Jazz Dance », Eddie Harris (2:03).
13. « Dienda », Kenny Kirkland (3:15).
14. « Cassiopée », Zufferey (2:10).
15. « Trinkle Tinkle », Thelonious Monk (3:26).
16. « Giant Steps », John Coltrane (5:52).
17. « Aldebaran », Zufferey (3:19).
18. « Lonnie's Lament », John Coltrane – « Lonely Woman », Ornette Coleman (2:25).

La leçon de jazz – Antoine Hervé

Les trois premiers coffrets de La leçon de jazz d’Antoine Hervésont sortis chez RV Productions : orange pour Antonio Carlos Jobim, violet pour Wayne Shorter et rouge pour Oscar Peterson…
Hervé grandit dans un milieu musical (son oncle est le compositeur et organiste Jean-Yves Daniel-Lesur), est élève de la classe d’écriture deMarius Constant au CNSDP, étudie le piano avec Pierre Sancan et apprend également la percussion classique. En parallèle, il s’intéresse au jazz et monte un duo avec Andy Emler. En 1981, Hervé est primé au Concours national de jazz de La Défense. Dans la foulée, il crée un orchestre de treize musiciens, Bob 13, et un trio avec Michel Benita(contrebasse) et Peter Gritz (batterie). En 1987, Hervé devient directeur de l’Orchestre National de Jazz qu’il anime pendant deux ans. Dans les années quatre-vingt dix, Hervé s’intéresse aux musiques turque et bulgare (Paris-Zagreb avec la chanteuse Yildiz Ibrahimova), fusionne jazz et classique (Concerto Da Camera, La maison brûlée, Transactions…), compose un hommage à Franck Zappa pour l’Ensemble Intercontemporain (Transit), écrit des spectacles musicaux (Sonate d’automne, Mes bien chers frères…)… En 1997, il crée le spectacle Mozart la nuit pour cent vingt choristes et quartet de jazz ! Les années deux mille voient Hervé évoluer dans les domaines de la danse, du cinéma, de la comédie musicale, mais aussi de la musique celtique (Les caprices de Morgane) et, toujours, de la fusion du classique et du jazz (Absolute Dream, Opus 4). Pendant cette période, il continue de jouer dans des contextes purement jazz avec, entre autres, Didier LockwoodStéphane BelmondoMarcus Stockhausen,Michel PortalFrançois et Louis Moutin. En plus de son solo, Inside, Hervé a également formé Pierre et Marie Tuerie avec Véronique Wilmart (piano électrique et effets électroacoustiques), Jean-Charles Richard (saxophones) et Philippe « Pipon » Garcia (batterie), un trio avec les frères Moutin et de nombreux autres projets...
En 2007, Hervé participe à La  boîte à musique de Jean-François Zygel. Les deux pianistes produisent ensemble Le cabaret de France-Musique puis forment un duo (Double Messieurs). Sur le principe de La boîte à musique, Hervé crée La leçon de jazz : un cycle de « conférences-concerts » didactiques autour d’un musicien, d’un genre ou d’une figure musicale. A ce jour, Hervé propose vingt-quatre leçons qui vont de Peterson à Keith Jarrett en passant par Jobim, Shorter, le Blues, Bill Evans, les mesures asymétriques etc. Certaines Leçons sont en solo (Evans, Thelonious Monk), d’autres en duo (Charlie Parkeravec Pierrick Pédron, mais aussi Jobim et Shorter), voire davantage (trio pour Peterson, quartet pour McCoy Tyner, quintet pour Miles Davis…). Au départ, La leçon de jazz est rendez-vous mensuel à l’auditorium Saint-Germain de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, au cœur du sixième arrondissement de Paris, mais, rapidement, elles conquièrent  l’île de France et plus : Suresnes, Nanterre, Saint-Quentin, Athis-Mons, Metz… et le festival d’Avignon cet été !
Les coffrets consacrés à Jobim et Shorter proposent un film d’environ une heure quarante et un disque qui reprend le répertoire de La leçon de jazz. Pour Peterson, le film dure plus de deux heures cinquante et occupe deux DVD ; il n’y a donc pas de disque (dommage !). Avec ses couleurs vives et son graphisme proche de la bande dessinée, le design de la collection est joyeux.
Les films ont été tournés pendant des Leçons de jazz en public : Jobim à la Maison de la Musique de Nanterre, Shorter à l’Arsenal de Metz et Peterson dans la salle Lino Ventura d’Athis Mons. Les images vont droit au but sans fioriture et, idée astucieuse, la partie supérieure de l’écran est occupée par une vue plongeante sur le clavier qui permet de voir les mains courir sur les touches et d’apprécier les doigtés (vue qui est reprise sur la pochette de couverture des coffrets).
Hervé est accompagné du chanteur brésilien Rolando Faria pour Jobim, du saxophoniste Richard pour Shorter et des frères Moutin pour Peterson. Le scénario des trois films suit le même déroulé : Hervé raconte la vie des artistes et intercale des interprétations de leurs principaux morceaux. Il laisse une large place à la musique : quatorze titres pour Jobim et treize pour Shorter et Peterson. Hervé prend également le soin de souligner et d’illustrer les caractéristiques des musiciens : les origines « impressionnistes » et romantiques de la bossa nova, la densité des compositions de Shorter, la virtuosité ébouriffante de Peterson... Le tout avec un sens de la pédagogie affirmé, un ton décontracté et une bonne dose d’humour.
La pertinence des thèmes, l’intérêt des commentaires et la qualité de la musique font des Leçons de jazz une œuvre éducative de salubrité publique qui doit figurer dans la filmothèque de tous les conservatoires, médiathèques, écoles, collèges, lycées, universités… et chez tous les particuliers !
Les coffrets
Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova
Antoine Hervé (p) et Rolando Faria (voix)
RV Productions – RVD 111
Sortie le 24 janvier 2012
Liste des morceaux
  1.  « Samba do aviao »
  2.  « Desafinado »
  3.  « So tinha de ser como voce »
  4.  « Chega da saudade »
  5.  « Insensatez »
  6.  « Samba de uma nota so »
  7.  « Din-di »
  8.  « So danço samba »
  9.  « Inutil paisagem »
  10.  « Agua de beber »
  11.  « Corcovado »
  12.  « Luiza »
  13.  « Eu sei que vou te amar »
  14.  « La garota de Ipanema »
Toutes les compositions sont de Jobim.
Wayne Shorter, jazzman extraterrestre
Antoine Hervé (p) et Jean-Charles Richard (ss, ts)
RV Productions – RVD 112
Sortie le 21 février 2012
Liste des morceaux
  1.  « Witch Hunt »
  2.  « Ju-Ju »
  3.  « Speak No Evil »
  4.  « Infant Eyes »
  5.  « Wild Flower »
  6.  « Fee-Fi-Fo-Fum »
  7.  « Beauty And The Beast »
  8.  « Ana Maria »
  9.  « Fall »
  10.  « Face On The Barroom Floor »
  11.  « The Last Silk Hat »
  12.  « Crianças »
  13.  « Footprints »
Toutes les compositions sont de Shorter.
Oscar Peterson, le swing et la virtuosité
Antoine Hervé (p), François Moutin (b) et Louis Moutin (d)
RV Productions – RVD 112
Sortie le 21 février 2012
Liste des morceaux
  1.  « Blues For Oscar », Hervé.
  2.  « Canadiana Suite – Ballad To The East »
  3.  « Canadiana Suite – Laurentide Waltz »
  4.  « Canadiana Suite – Place Saint Henry »
  5.  « Canadiana Suite – Hogtown Blues »
  6.  « Canadiana Suite – Blues Of The Prairies »
  7.  « Canadiana Suite – Wheatland »
  8.  « Canadiana Suite – March Past »
  9.  « Canadiana Suite – Land Of The Misty Giants »
  10.  « When Lights Are Low », Benny Carter.
  11.  « Travellin’ On », Traditionnel.
  12.  « Sax no End », Francy Bolland.
  13.  « Blues To Say Goodbye », Hervé.
Toutes les compositions sont de Peterson sauf indication contraire.

Cinema Hildegard – Hildegard Lernt Fliegen

Fondé en 2005 par le chanteur Andreas SchaererHildegard Lernt Fliegen, est un sextet composé deMatthias Wenger(saxophones), Benedikt Reising (saxophones et clarinette basse),Andreas Tschopp(trombone et tuba),Marco Müller(contrebasse) etChristoph Steiner(batterie, percussions et marimba). En 2007, Hildegard Lernt Fliegen prend son envol avec un premier disque éponyme. Des concerts et un ZKB Jazzpreis plus tard, « Hildegard apprend à voler » sort un deuxième album en 2009 : Vom fernen Kern der Sache.
En 2010, un voyage en Russie avec la réalisatrice Michelle Brun et l’ingénieur du son Martin Ruch donne au groupe l’occasion d’enregistrer un disque live – Live In Moscou –  et de tourner un film –Tales Wander. Comme l’écrit Hildegrard Lernt Fliegen sur son site : « Tales Wander et Live In Moscou sont désormais une œuvre double :Cinema Hildegard ». Pour être exact il faudrait dire que c’est « une œuvre quadruple » : un livret de photos pour le moins originales signées Schaerer et Brun (des scènes vaporeuses noyées dans la brume ou la fumée) et un poster conçu par l’illustrateur Peter Bäder (comme l’ensemble du coffret et les pochettes des disques précédents) s’ajoutent au film et au disque.
Pendant près de quarante-cinq minutes Tales Wander retrace des moments forts de la tournée en Russie, met l’accent sur les transports et laisse une grande place à la musique. Avec des images volontiers esthétisantes – notamment des jeux avec les lumières et les reflets, des cadrages recherchés, des flous artistiques… – et une réalisation très rythmée, le film de Brun réussit à retranscrire fidèlement l’esprit de la musique d’Hildegard Lernt Fliegen : une sophistication décalée. Il en va de même avec le graphisme de Bäder : de la bande dessinée caricaturale à tendance psychédélique.
Cinema Hildegard sort chez Unit Records le 29 mars 2012, label suisse créé en 1983, qui produit entre autres Malcolm BraffHarald Haerter,Lucien DubuisColin VallonMartin Dahanukar
Les huit morceaux de Live In Moscou ont été composés et arrangés par Schaerer. Quatre sont issus du répertoire de Vom fernen Kern der Sache(« Knock Code III », « The Angry Man », « Lanjusto » et « Vom fernen Kern der Sache »), « Suite For Murderers & Drinkers » est tiré de leur premier disque et les trois autres sont des inédits – « Пауза », « Rimze Khala Rimze » et « Rezitae Furjie Furjie ».
Une section de soufflants robuste et l’absence de claviers donnent à Hildegart Lernt Fliegen des allures de fanfare. Caractère accentué par les thèmes et les arrangements qui évoquent souvent le cirque (« Suite For Murderers & Drinkers »). Mais l’expressivité exacerbée des musiciens (« The Angry Man », « Lanjusto ») fait également penser à l’opérette ou la comédie musicale, dans la lignée de L’opéra de quat’sous de Bertold Brecht et Kurt Weill. Le sextet mêle joyeusement à sa fanfare des passages inspirés du rock underground (« The Angry Man », « Rezitae furjie furjie »), des digressions moyen-orientales (« Lanjusto »), et même des parodies d’opéra classique (« Rezitae furjie furjie »). Hildegard Lernt Fliegen fait preuve d’un humour absurde et délirant de bout en bout (« Knock Code III », « Rimze Khala Rimze »). Au grès des solos « aylériens » (« Knock Code III »), des dialogues  extravagants (trombone et voix, soufflants et contrebasse…), des contrechants bouffons (« Lanjusto »)… la musique part souvent tous azimuts, mais reste néanmoins sous contrôle grâce à la virtuosité des musiciens et à l'habileté des arrangements.
La voix exceptionnelle de Schaerer mérite le détour : tessiture impressionnante (du baryton au castra), diction sans défaut, phrasé mobile à souhait, mise en place indiscutable et maîtrise des effets vocaux époustouflante. Du slam au scat en passant par l’opéra et la comédie musicale, Schaerer s’amuse de tout avec une aisance confondante.
Haut en couleur, énergique, clownesque… le spectacle d’Hildegard Lernt Fliegen doit se voir autant qu’il s’écoute.
Le disque
Cinema Hildegard
Hildegard Lernt Fliegen
Andreas Schaerer (voc), Matthias Wenger (sax), Benedikt Reising (sax, b cl), Andreas Tschopp (tb, tu), Marco Müller (b) et Christoph Steiner (d, perc, marimba).
Coffret : un DVD, un disque, un livret de photos et un poster.
Unit Records – UTR 4333 / WR 004
Sortie le 29 mars 2012
Liste des morceaux
01. « Suite For Murderers & Drinkers » (5:20).
02. « Knock Code III » (7:09).
03. « The Angry Man » (5:33).
04. « Пауза » (1:50).
05. « Lanjusto » (8:24).
06. « Rimze Khala Rimze » (6:36).
07. « Vom fernen Kern der Sache » (8:26).
08. « Rezitae furjie furjie » (11:07).
Tous les morceaux sont signés Schaerer.

Toufic Farroukh – Cinéma Beyrouth

En 1994, Toufic Farroukh enregistre Ali On Broadway, une musique moyen-orientale fortement pimentée de jazz. A l’inverse, Little Secrets, qui sort en 1998, s’oriente davantage vers un jazz épicé de musique moyen-orientale. Les deux albums qui suivent – Drab Zeen (2002) et Tootya(2007) – prennent un virage « électro-arab-jazz ». Dans Cinéma Beyrouth (ENJA – 2012) Farroukh renoue avec la musique acoustique.
Farroukh apprend le saxophone en autodidacte avec son frère, et décide de devenir musicien professionnel après avoir écouté un concert de Dexter Gordon aux Etats-Unis. En 1982, Farroukh s’installe à Paris, suit les cours du conservatoire national de région (C.N.R.) puis ceux de l’école normale de musique de Paris. Fairroukh complète sa formation théorique par un retour à ses sources musicales orientales : il accompagne la chanteuse libanaise Fairuz et joue dans différents groupes, notamment aux côtés de Ziad Rahbani, le fils de Fairuz et l’un des précurseurs de « l’arab jazz », fusion entre la musique moyen-orientale et le jazz. En dehors du jazz, Farroukh compose des morceaux pour les cours et spectacles de danse du C.N.R. de Paris et il est également l’auteur de nombreuses musiques de films.
Le répertoire reprend cinq musiques que Farroukh a composé pour le cinéma : « Fema Ka » (Bonne à vendre de Dima Aljundi – 2005), « The Last Scene » (Terra Incognita de Ghassan Salhab – 2004), « L’inaccessible à bras ouverts » (Fallafel de Michel Kamoun – 2006), « Side Story » et « Storyboard » (Histoire d’un retour de Jean-Claude Codsi – 1994). Trois morceaux sont liés à des spectacles de danse : « No Brain No Pain » (Deux points ouvre les guillemets de Sabine Ricou– 2008), « Belle et Zébuth » (spectacle éponyme de Prescilla Denton – 2009) et « BlueTango » (Clément et Clémentine de Catherine Vesque– 2009). Quant aux quatre autres thèmes, ils sont inédits : « A Wonderful Afternoon With Zéna-Laure », « Summer Run », « The Red Boy » et « What Are You Doing In The Dark?  ». Farroukh a transcrit ou écrit chacun des morceaux spécialement pour son sextet.
Côté orchestration Farroukh change complètement de palette sonore par rapport à ses précédents enregistrements : pas d’instruments traditionnels, ni cordes et encore moins de claviers ou effets électro en tous genres. En fait Farroukh réunit une harmonie – saxophone, trompette, trombone, tuba – et une section rythmique quasi-jazz – piano, batterie. Pas de contrebasse donc, certainement pour accentuer les contrastes entre les soufflants et la section rythmique, peut-être également pour éviter tout instrument à cordes, souvent synonyme de « sirupeux » dans la musique orientale, mais certainement aussi pour laisser champ libre à l’harmonie et à la carrure des morceaux.
En dehors du pianiste Leandro Aconcha, complice de longue date, les autres membres du sextet sont récemment arrivés dans la sphère musicale de Farroukh : au trombone, Daniel Zimmermann, sorti du CNSMDP et entendu aussi bien avec Charles Aznavour qu’Archie Shepp, en passant par l’ONJ, le Mégaoctet, le Paris Jazz Big Band… A la trompette, Sylvain Gontard, autre diplômé du CNSMDP, ou Nicolas Giraud, soliste notamment de Claude Nougaro ; au tuba et au soubassophone, Didider Havet (l’ONJ, Martial SolalCalude Barthélémy, mais aussi Julien Clerc...) ; à la batterie, Luc Isenman, formé d’abord aux percussions classiques au conservatoire de Strasbourg, puis au jazz, au CNSMDP, où il a notamment suivi les cours de Daniel Humair, et qui a joué avec tout le monde, y compris pour les compositeurs de musiques contemporaines Georges Aperghis,Ahmed Essyad et Michel Reverdy
La musique de Farroukh est avant tout mélodieuse avec des thèmes nostalgiques (« A Wonderful Afternoon WIth Zéna-Laure », « The Last Scene »), « vingtiémistes » (« No brain no pain »),  délicats (« Fema Ka », « L’inaccessible à bras ouverts »), classique (« Storyboard »), clownesques (« The Red Boy ») ou majestueux (« Side Story »). Etant donnée l’instrumentation de l’orchestre, le rythme est évidemment une autre composante importante de Cinéma Beyrouth : le groupe évoque souvent une fanfare qui joue des morceaux particulièrement entraînants – valse avec « Belle et Zébuth », tango avec « Blue Tango », rock dans « What Are You Doing In The Night? »... La musique, vraisemblablement très écrite,  met avant tout l’accent sur le groupe, avec des solos qui s’apparentent davantage à des concertos qu’à des improvisations. Cela dit les arrangements de Farroukh sont redoutablement habiles : rifs, contrepoints, unissons, dialogues, canons… Et quelques touches d’orientalismes (souvent jouées par Aconcha ou Farroukh) qui parsèment les discours. Aconcha et Isenman jouent un rôle clé dans Cinéma Beyrouth car la batterie assure – subtilement – la pulsation et le piano sert de ciment entre les soufflants et la rythmique, mais aussi entre musique orientale, classique  et jazz.
Les amateurs de cordes qui accumulent des logorrhées mielleuses de quart de tons, sur fonds d’effets électro seront déçus : Farroukh propose un jazz acoustique à peine relevé d’orientalismes… En revanche Cinéma Beyrouth possède le charme des belles mélodies, arrangées avec habileté sur des rythmes entraînants.
Le disque
Cinéma Beyrouth
Toufic Farroukh
Toufic Farroukh (ss, ts), Nicolas Giraud (tp) ou Sylvain Gontard (tp), Daniel Zimmermann (tb), Didier Havet (tuba, soubassophone), Leandro Aconcha (p) et Luc Isenmann (d).
ENJA – ENJ 9583 2
Sortie le 17 avril 2012
Liste des morceaux
01. « No Brain No Pain » (05:06).
02. « A Wonderful Afternoon With Zéna-Laure » (04:56).
03. « Fema KA » (04:44).
04. « Summer Run » (04:33).
05. « Belle Et Zébuth » (04:23).
06. « Blue Tango » (03:50).
07. « The Last Scene » (04:05).
08. « Side Story » (05:37).
09. « Storyboard » (04:02).
10. « L'inaccessible À Bras Ouverts » (04:59).
11. « The Red Boy - Part I » (01:18).
12. « What Are You Doing In The Dark? » (01:31).
13. « The Red Boy - Part II » (06:04).
Toutes les compositions sont signées Farroukh.

Romain Collin – The Calling

Paru chez Palmetto Records en avril 2012,The Calling est le deuxième disque deRomain Collin. Si le pianiste n’est pas aussi connu qu’il le mérite sur le Vieux Continent, c’est qu’il s’est installé à New York et a décidé de faire carrière aux Etats-Unis.
Collin est né à Cannes. Après de très sérieuses études de piano classique, il rejoint la Berklee School of Music à Boston, où il suit entre autres les cours de Dave Liebman et Joe Lovano. En 2007 il est diplômé du Thelonious Monk Institute of Jazz, à Los Angeles. Pendant cette période, Collin a l’occasion de jouer et de trouner avec Herbie HancockWayne Shorter et George Duke. C’est un label européen, Fresh Sound New Talent, qui sort le premier disque de Collin en 2009 : The Rise And The Fall Of Pipokuhn. Collin accompagne aussi Lauryn HillFrederika StahlMalika ZarraTony GreyMakoto Hirahara
Fidèle au format du trio, Collin a enregistré The Calling avec Luques Curtis à la contrebasse et Kendrick Scott à la batterie. John Shannon(guitare) et Adrian Daroy (Violoncelle) interviennent également sur quelques morceaux. En dehors de « Stop This Train » du guitaristeJohn Mayer et « Nica’s Dream » d’Horace Silver, les dix autres thèmes ont été composés par Collin.
Bill Evans et Keith Jarrett sont une source évidente d’inspiration pour Collin. Mais le pianiste a également écouté Bobo Stenson et ses héritiers, Tord GustavsenEsbjörn Svensson.
Avec ses mélodies séduisantes (« The Calling », « Strange », « One Last Try »…) appuyées par une rythmiques volontiers emphatique (« Storm », « Greyshot »),  The Calling est à la fois raffiné et dramatique. Les trois musiciens font preuve de beaucoup d’assurance et leurs jeux se complètent efficacement. Ils utilisent avec à propos la  palette des effets sonores et la dynamique du trio pour mettre en valeur leur musique : pédales électro discrètes en fond (« Aftermath »), ostinatos (« Burn Down »), passage de musique classiques (« Airborne »), splashes et frappes imposantes de la batterie, lignes sobres de la contrebasse, violoncelle grandiloquent…
A l’instar de Brad Mehldau ou d’Avishai Cohen, le jazz élégant et mâtiné de pop de Collin a tout pour plaire à un public large.
Le disque
The Calling
Romain Collin
Romain Collin (p, prog), Luques Curtis (b) et Kendrick Scott (d), avec John Shannon (g) et Adrian Daurov (violoncelle).
24 avril 2012
Palmetto Records – PM 2156
Liste des morceaux
  1.  « Storm » (2:25).
  2.  « The Calling » (7:32).
  3.   « Runner’s High » (5:24).
  4.   « Stop This Train », John Mayer (4:02).
  5.   « Burn Down » (6:15).
  6.   « Pennywise The Clown » (5:08).
  7.   « Greyshot » (5:57).
  8.   « Strange » (7:01).
  9.   « Nica’s Dream », Horace Silver (6:36).
  10.   « Airborne » (5:17).
  11.   « Aftermath » (2:59).
  12.   « One Last Try » (5:48).
Toutes les compositions sont signées Collin, sauf mention contraire.

Cinematics – Les notes bleues

Depuis Boud’Notes avec Seth, en 1998, Olivier Calmel a sorti douze disques. Les notes bleuesest le quatorzième, soit un disque par an : une régularité que le pianiste doit à un univers musical personnel tout à fait riche et original.
Calmel se partage entre la musique classique (Eau Vive), les bandes-sons (films, documentaires, jeux vidéos etc.), les spectacles musicaux – Zéphyr,Caravane Gazelle et Les notes bleues – et le jazz. Avec son [Quartet] –Frédéric Eymard (violon alto), Bruno Schorp (contrebasse) et Karl Jannuska (batterie) – Calmel a déjà sorti deux disques remarqués :Mafate (2004 – No Chaser Records) et Empreintes (2007 – Musica Guild). Son nouveau projet, Cinematics, est un quintet avec Tam de Villiers à la guitare, Baptiste Germser (cor et basse électrique),Karsten Hochapfel (violoncelle) et Luc Isenmann (batterie) qui accompagne notamment des spectacles musicaux, dont Les notes bleues.
Les Notes bleues est un conte musical écrit et mis en scène par Olivier Cohen en 2008, avec Robin Renucci comme interprète et sur une musique composée par Sylvain Beuf et Edouard Ferlet. Cinematic reprend le conte, mais c’est Philippe Canales qui joue le texte. Cette histoire humoristique de Cohen dépeint un quidam que les bruits quotidiens font sombrer dans la folie…
Les onze morceaux du disque, inspirés par le conte de Cohen, ont été composés par Calmel et de Villiers. La construction du disque se rapproche de celle de certaines suites d’Henri Texier : de courts intermèdes joués par les instruments a capella séparent chaque morceau.
Cinematics porte bien son nom. A l’instar de « Composites », la musique se rapproche de la musique d’un film, avec cette volonté de créer un décor sonore expressif : thématique récurrente, déroulement dramatique des morceaux (« Rage »), emphase (« Intuitions »), effets mystérieux (souvent le violoncelle), construction davantage basée sur le groupe que les chorus…
Fidèle à leurs conceptions, la musique de Calmel et de Villiers met l’accent sur des thèmes souvent dissonants, mais toujours lisibles, une rythmique qui mêle éléments jazz (« Jellyfish »), funk (« Jelly-Rhythm ») et rock (« Plato »), et une utilisation astucieuse des contrastes entre les sonorités électroniques et acoustiques.  
Maîtrise instrumentale, sonorité impeccable, mise en place précise et phrasé irréprochable, le quintet est parfaitement à l’aise pour jouer une musique cadrée, dont l’interprétation est tout, sauf facile.
Expressives à souhait, Les notes bleues installent des atmosphères cinématographiques qui vont du dessin animée au drame… Encore une réussite de Calmel !
Le disque
Les notes bleues
Cinematics
Olivier Calmel (piano, fender), Tam de Villiers (guitare), Baptiste Germser (cor, basse électrique), Karsten Hochapfel (violoncelle) et Luc Isenmann (batterie), avec Philippe Canales (comédien).
Sortie en février 2012
Yes Or No Prod – YO-05
Liste des morceaux
  1.  « Composites » (4:36).
  2.  « Reflexion French Horn » (0:49).
  3.  « Intuitions» (5:25).
  4.  « Perception Cello » (0:27).
  5.  « Rage » (3:52).
  6.  « Intuition Piano » (1:47).
  7.  « Jellyfish » (3:55).
  8.  « Fusion Bass » (0:39).
  9.  « Plato » (5:59).
  10.  « Variation Guitar » (1:00).
  11.  « Jelly-Rhythm » (2:08).
Toutes les compositions sont signées Calmel et de Villiers.